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Parcours européens

6/04/2016

Marcus Denker, chercheur open source

Allemagne, Suisse, Chili, France… Plusieurs fois confronté à des choix de carrière, Marcus Denker bénéficie d’une expérience professionnelle riche et variée. Spécialiste de l’open source , il met aujourd’hui ses connaissances au service de l’équipe-projet RMoD d’Inria Lille - Nord Europe.

Quel est votre projet de recherche actuel ?

Au sein de l’équipe-projet RMoD, nous cherchons à rendre possible ou à simplifier la modification des logiciels. Nos travaux de recherche s’organisent selon deux axes complémentaires. D’une part, nous développons des outils permettant de visualiser la structure d’un logiciel, ce qui permet de cibler plus efficacement les éléments que nous souhaitons modifier. D’autre part, nous définissons de nouveaux éléments sémantiques pour les langages de programmation, afin de construire des logiciels plus flexibles et plus facilement reconfigurables.

 

Pourquoi avoir choisi un tel sujet ?

Les sciences informatiques n’ont pas toujours été une évidence pour moi. Mais les années quatre-vingt-dix ont vu se développer l’open source , ce concept de logiciels dont le code informatique est à la disposition de tous et enrichi par chacun. J’ai été séduit par l’idée de communauté de programmeurs, fournissant un effort commun pour construire quelque chose de nouveau, d’utile et de pratique. C’est probablement l’élément qui m’a orienté vers les sciences informatiques à l’université.

 

Quel a été votre parcours universitaire ?

Mon parcours était loin d’être tout tracé ! Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur en sciences informatiques à l’université de Karlsruhe, en Allemagne, je pouvais m’orienter vers l’industrie ou vers un doctorat. Pendant mes études, j’ai contribué à plusieurs projets informatiques au sein de communautés open source . Cela a été l’occasion pour moi de faire de belles rencontres. Certaines personnes avec lesquelles je collaborais travaillaient en Suisse, à Berne, et m’ont parlé d’un poste de doctorant qui était disponible. J’y ai vu une chance de continuer le travail que j’avais déjà entamé lors de mes années à l’université, je n’ai donc pas hésité.

 

Avez-vous fait de la recherche dans d’autres pays ?

Après ma thèse, en 2008, je suis resté à l’université de Berne en tant que postdoctorant pendant quelques mois pour prendre le temps de réfléchir à la suite de ma carrière. J’avais envie de voyager, de découvrir d’autres environnements. J’ai décidé de partir quelques années faire de la recherche à l’université du Chili, la plus ancienne et la plus prestigieuse du pays en tant que postdoc. Mais finalement, je n’y suis resté que quelques mois, car j’ai eu l’opportunité de rejoindre Inria comme chercheur permanent.

 

Pourquoi avoir choisi de rejoindre Inria ?

Ce qui m’a attiré, c’est la démarche de transfert technologique : les résultats de nos travaux sont utilisés pour la création de nouveaux produits et services. Mais contrairement à certains secteurs de l’industrie, il nous est encore possible de faire des choses d’abord parce qu’elles nous intéressent et non dans une perspective purement lucrative. C’est un compromis extrêmement intéressant et de plus en plus rare.

 

Quelles sont les différences dans le domaine de la recherche entre les différents pays où vous avez travaillé ?

J’ai constaté en Allemagne que presque tous les postes intermédiaires entre ceux de postdoctorants et de maîtres de conférences ont été supprimés. Après un doctorat, les chercheurs enchaînent donc les postdocs puis finissent par quitter la recherche, faute de postes permanents. En Suisse, il existe encore certains de ces postes intermédiaires, mais de moins en moins. Au contraire, en France, il est encore possible d’obtenir assez rapidement un poste permanent après un ou deux postdocs. Au Chili, la question est très différente. Depuis le coup d’État du général Pinochet en 1973, les Chiliens ont assisté à une vague massive de privatisations et les universités sont devenues très onéreuses. Le système universitaire y est cependant bien différent du modèle européen.

 

Qu’est-ce qui vous manque le plus de votre pays natal ?

Je suis parti d’Allemagne depuis maintenant onze ans. Et même à l’époque où j’y vivais encore, j’ai travaillé et vécu aux quatre coins du pays. Aujourd’hui, j’apprécie la diversité de notre monde : la vie ne serait-elle pas dramatiquement ennuyeuse sinon ?

Nationalité :  allemande

Études supérieures :  diplôme d’ingénieur en sciences informatiques (Allemagne) puis doctorat à l’université de Berne (Suisse)

Statut :  chercheur permanent

Matière préférée au lycée :  la physique

Plat allemand préféré :  les maultaschen (ravioles traditionnelles allemandes)

Plat français préféré :  les moules-frites 

Localisation

Mots-clés : Réseaux ubiquitaires du futur Dispositifs de radio-identification Robots sans fil Réseaux de capteurs Italie

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