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Transfert technologique

M.B. (*) - 2/05/2017

2 ans d'InriaTech : le transfert technologique au service des entreprises régionales

En deux années d'existence, le dispositif InriaTech initié dans le centre de recherche Inria Lille - Nord Europe, a déjà de nombreux succès à son actif. Son but : faciliter l'adéquation des résultats des recherches menées par les équipes-projets Inria aux besoins des entreprises. Contrats avec des PME, des start-up mais aussi avec des grands comptes de la région, la démarche séduit de plus en plus d'entreprises.

À l’origine d'InriaTech , un constat : « Nous avions beaucoup de possibilités de collaborations avec des entreprises privées que nous  ne pouvions pas mener à bien, faute de personnes, en particulier d'ingénieurs  » se souvient Sylvain Karpf, responsable du service transfert pour l’innovation et partenariats du centre Inria de Lille. Recruter des ingénieurs sur une période relativement courte (six mois à un an) était difficile à mettre en place. L'idée d'avoir un pool d'ingénieurs à demeure pour faire du transfert technologique fait alors son chemin, fortement soutenue par David Simplot, directeur du centre à l’époque.

C'est ainsi qu'en avril 2015, le projet (premier du genre chez Inria) se concrétise avec un fort soutien des collectivités locales et notamment du conseil régional des Hauts-de-France, du FEDER (Fonds européen de développement régional) ainsi que de la Métropole Européenne de Lille. Faisant écho à la tradition d'excellence scientifique au service du transfert technologique et de la société, « InriaTech est un outil bien adapté, qui nous offre davantage d'agilité et de réactivité pour remplir au mieux une de nos missions qui est le transfert de connaissances et de compétences. Cela nous permet également de développer des relations avec les entreprises  », précise Sylvain Karpf.

Onze ingénieurs et trois chargés d'affaires rapidement mobilisables ont ainsi été recrutés depuis deux ans. Les chargés d'affaires démarchent les entreprises afin de connaître leurs besoins et font le lien avec la recherche, organisée en équipes-projets chez Inria. Quant aux ingénieurs, qui ont chacun une spécialité scientifique bien précise, ils viennent en soutien aux équipes-projets en question. « Un contrat de recherche bilatérale est conclu avec l'entreprise qui a exprimé une demande. On établit un cahier des charges en prenant en compte les données métier de la société. C'est elle qui paie pour cette recherche, qui débouche généralement sur l'élaboration d'un logiciel  », détaille Sylvain Karpf. Et la dynamique ne s'arrête pas là. Durant leur contrat chez InriaTech , les ingénieurs sont aussi sensibilisés à la création d'entreprise.

Ingénieurs InriaTech présents à EuraTechnologies - © Inria / Photo C. Morel

L'innovation en région Hauts-de-France

Coté contrats, « environ une vingtaine ont été signés avec des PME, des start-up, des entreprises de taille intermédiaire (ETI), mais aussi des grands comptes dans la région tels que Oney Banque Accord ou un début de collaboration avec ArcelorMittal. Nous contribuons aussi à développer la Recherche & Développement sur le plan régional », souligne le responsable. Il poursuit : « Nous apportons de l'innovation aux entreprises. Pour une start-up, par exemple, cela crédibilise sa démarche R&D.  »

Des enjeux qui se traduisent très concrètement sur le terrain. L'exemple de la start-up hébergée chez EuraTechnologies , What A Nice Place , symbolise bien cette collaboration. Après avoir travaillé sur plusieurs contrats avec cette société spécialisée en décoration intérieure, l'ingénieur InriaTech en charge du dossier est devenu responsable technique de la start-up. Fâcheux ? « Non, pas du tout ! Il devient notre ambassadeur en quelque sorte. La communication est grandement facilitée puisqu'il connaît déjà notre mode de fonctionnement.  », analyse M. Karpf.

Autre concrétisation : la start-up Utocat . Elle a passé un premier contrat faisant intervenir un ingénieur InriaTech puis un second, permettant cette fois l'intégration d'un postdoctorant sur deux ans. Ce qui permet aux partenaires industriels d'augmenter leur part de R&D au sein de leur entreprise. D'ailleurs, le label Institut Carnot* décerné à Inria vient saluer la volonté de l'institution d'établir des contrats bilatéraux directs avec les entreprises. Sylvain Karpf a de quoi se féliciter : « InriaTech contribue aux résultats de l'Institut Carnot Inria, lui permettant d'obtenir des moyens supplémentaires pour mieux travailler avec ses partenaires industriels.  »

Par la suite, le responsable d'InriaTech souhaite continuer sur cette lancée et développer le dispositif : « Élargir le champ d'actions à d'autres équipes-projets, consolider ce qui a été fait, signer davantage de contrats et recruter encore des ingénieurs, font partie de nos objectifs. » Un dispositif qui n'en finit pas de convaincre. En effet, les sites Inria de Rennes, Bordeaux ou Sophia Antipolis souhaitent emboîter le pas à la grande sœur lilloise très prochainement.

 

*Depuis avril 2011, Inria est labellisé Institut Carnot. Ce label reconnaît la capacité des structures de recherche à travailler efficacement avec des partenaires industriels, autour d'un projet d'amélioration de leurs performances.

Mots-clés : Transfert technologique InriaTech Partenariats Entreprises

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