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Le 8 mars à Grenoble

Citizen Press (*) - 7/03/2018

Mélina Skouras, du virtuel au réel

Melina Skouras © Inria / Photo F. Polge-Cohen

Chargée de recherche au sein de l’équipe Imagine au centre Inria de Grenoble, Mélina Skouras travaille sur les outils qui donneront vie aux objets de demain. Cette jeune chercheuse au parcours atypique met les utilisateurs de la technologie 3D au cœur de ses travaux.

Ancienne étudiante de l’Ensimag à Grenoble, Mélina Skouras s’est très vite passionnée pour son domaine de recherche actuel, la fabrication numérique.  "Cela m’a tout de suite plu de voir des images prendre forme à l’écran." Une question plus que jamais d’actualité : "Beaucoup d’outils permettent aujourd’hui de fabriquer des objets virtuels : imprimantes 3D, découpeuses laser... Dans le monde réel, ces objets ne sont pas juste des formes. Ils sont soumis aux lois de la physique, ils peuvent être déformés ou cassés. Mon travail consiste à prédire ce qui va arriver à ces objets et à inverser ce processus afin d’améliorer leur conception. J’observe comment les matériaux réagissent quand on les découpe, comment ils se déforment quand on exerce certaines forces. J’aime mêler théorie et pratique."

La modélisation 3D pour les novices et les experts

Convaincue que la recherche prend tout son sens quand elle devient tangible pour les utilisateurs, Mélina Skouras travaille sur des logiciels de modélisation 3D destinés aussi bien au grand public qu’aux experts de l’industrie :

Avec l’informatique, nous sommes capables d’aborder des problèmes complexes et de traiter de grandes quantités de données. Cependant, il faut toujours penser à la façon dont l’utilisateur (ou l'utilisatrice) va se servir de l’outil, trouver ce qui est le plus simple pour lui et traduire cela en algorithme

De l’utilisation des métamatériaux dans les problèmes inverses à la diversification des modèles lus par les logiciels, deux de ses axes de recherche, Mélina Skouras s’attache à développer des systèmes qui permettent aux utilisateurs et utilisatrices de "court-circuiter les étapes difficiles du processus de conception" . Elle explique : "La majorité des outils sur lesquels nous travaillons demandent de partir de la forme 3D souhaitée. J’aimerais rendre possible la modélisation 3D à partir de sources plus simples, comme les croquis faits souvent à la base de toute création, ou des photos."

Passion, créativité… chercheur, un métier de femme ?

Loin des clichés, Mélina Skouras ne comprend pas pourquoi la recherche est perçue comme un métier d’homme : "Femmes comme hommes ont beaucoup à apporter à la recherche. Je n’aime pas dire que les femmes sont plus créatives et les hommes plus sensibles aux mathématiques. Mais même si c’était vrai, nous avons besoin de créativité dans la recherche. Nous avons besoin de tous les profils." La scientifique, qui n’a jamais rencontré d’hostilité à son égard, insiste : "Il ne devrait pas y avoir de freins, aujourd’hui c’est possible et souhaitable que les femmes fassent de la recherche. De plus, de nombreux programmes encouragent les vocations féminines, c’est le moment de se lancer !" 
Elle-même ne changerait de métier pour rien au monde : "On ne s’ennuie jamais et avons une grande liberté." Ce qui la rend fière ? "Résoudre les problèmes du quotidien. C’est très gratifiant de fournir une solution à une tâche difficile."

Mots-clés : Melina Skouras; Inria Grenoble Rhône-Alpes; 3D; informatique graphique;femme

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