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Françoise Breton, Vincent Quint - 25/09/2012

Le Web devient un outil universel aux fonctionnalités croissantes

Illsutration application Web mobile © Inria / Photo H. Raguet

Le Web a beaucoup évolué depuis l’époque où l’on pouvait consulter quelques pages écrites sans aucun contenu graphique à partir de son ordinateur. Aujourd’hui, il est possible d’éditer facilement des pages riches en style et en iconographie et d’y accéder au travers de multiples dispositifs, comme les mobiles, les tablettes ou les smart TV. Grâce à cette diversité de contenus et de terminaux d’accès, le web est devenu une véritable plate-forme pour toutes sortes d’applications nouvelles.

Témoignage de Vincent Quint, coordonnateur des travaux du W3C sur les langages de représentation d’informations et de documents (1996-2003) et coanimateur du W3C TAG de 2005 à 2007.

L’idée géniale du Web était de relier le domaine des documents électroniques avec liens hypertextes et celui de l’Internet qui se développait parallèlement. Dès 1990, Tim Berners-Lee avait posé les bases du web que l’on connaît aujourd’hui avec trois apports originaux : un système d’adressage unique permettant de faire le pont entre des documents (url), un langage qui assure un format de document commun et accessible par toutes sortes de terminaux (html) et un protocole de transmission (http). Depuis, le travail du W3C, créé en 1994 pour fédérer les efforts de développement des technologies web, a permis d’enrichir et d’étendre le Web pour créer toutes sortes de contenus et y accéder à partir de terminaux de plus en plus divers.

Des affichages de plus en plus riches et performants

Dans ce contexte, mon équipe a largement contribué au développement d’outils permettant de créer du contenu sur le Web. En particulier nous avons réalisé, dès le début des années 1990, le navigateur et éditeur Amaya qui a longtemps servi de banc d’essai et de démonstrateur pour les développements du W3C.

SMILE © Inria / Photo S. Ephraim

Mais la réalisation dont je suis le plus fier est sans doute notre contribution, impulsée par Nabil Layaïda, au langage SMIL dont la première version a été publiée en 1998. SMIL permet l’affichage de graphismes, de vidéos et de documents multimédia. Il a eu un fort impact sur le passage des documents statiques aux documents dynamiques et, même s’il n’est pas très visible aujourd’hui sur le Web, nombreuses sont les fonctionnalités qui ont été intégrées dans d’autres langages très populaires, comme HTML5, SVG ou CSS3. 
Nous avons également contribué aux développements autour d’XML, un langage destiné à traiter des informations très spécialisées et complexes (des 
données financières ou des documents techniques par exemple). Ce langage et les technologies associées ont trouvé un domaine d’application important : ils sont utilisés par les serveurs web pour transformer en HTML, de façon simple et efficace, des données conçues en XML, dans les bases de données notamment.

ET DANS 20 ANS ?

Vincent Quint , coordonnateur des travaux du W3C sur les langages de représentation d’informations et de documents (1996-2003) et coanimateur du W3C TAG de 2005 à 2007.

Vincent Quint

« C’est impossible à dire. Il y a seulement dix ans, on n’aurait pas su imaginer les réseaux sociaux par exemple ! En revanche, il me semble qu’il faut anticiper les dangers déjà perceptibles qui pèsent sur l’évolution du Web. Des acteurs majeurs comme Facebook , Google ou Apple sont tentés de développer des systèmes propriétaires et autonomes qui créent des enclaves et risquent de mener à une balkanisation du Web. De telles menaces sur l’universalité du Web ont déjà eu lieu par le passé, par exemple avec la guerre des navigateurs (Netscape contre Internet Explorer ) ou la technologie WAP proposée par l’industrie des télécommunications pour les téléphones portables. Ces tentatives ont pu être déjouées, mais il faut rester vigilants ! »

Mots-clés : Amaya W3C Web Vincent Quint INRIA Grenoble - Rhône-Alpes

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