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Internet des Objets

Olivier Constant - 12/12/2014

Internet des Objets : deux nouveaux équipements d'excellence

© Inria

Inaugurées cet automne, les plates-formes IoT-LAB et CorteXlab viennent muscler les capacités de l’équipement d’excellence FIT, dédié à l'Internet des Objets. Ces laboratoires d’expérimentation, uniques par l’envergure de leurs équipements, sont mis à la disposition des chercheurs et industriels.

Vous pensez que les liaisons sans fil, GSM en tête, ont changé notre vie ? Ce n'est pas exactement l'avis des équipes et partenaires d’Inria engagées dans le projet FIT (voir encadré). Pour elles, l'avènement d'une communication directe entre objets est sur le point de transformer en profondeur notre quotidien. Pour faire émerger ces technologies, chercheurs et industriels ont cependant besoin d’équipements de pointe pour expérimenter de nouvelles applications. C’est l’objet d’IoT-LAB et CorteXlab (voir encadrés), deux nouvelles plates-formes rattachées à l’Equipex FIT.

Simplifier l’accès aux objets connectés

Lancé les 6 et 7 novembre dernier, IoT-LAB est déjà bien connu des acteurs de l’Internet des Objets. « Cette plate-forme expérimentale est en effet une évolution de la plate-forme SensLab, qui a accueilli depuis trois ans 350 utilisateurs réguliers, rappelle Eric Fleury, superviseur pour Inria du projet Equipex FIT et plus directement en charge d'IoT-LAB. Pour autant, le passage à IoT-LAB marque un saut qualitatif et quantitatif considérable. »

Parmi les évolutions notables, la multiplication par trois du nombre de nœuds*, l’ajout de GPS pour des mesures précises et d’une quarantaine de nœuds montés sur des robots mobiles.

Les nœuds moins puissants, peu gourmands en énergie, seront réservés aux promoteurs de services embarqués désireux de mesurer précisément la durée de la batterie d’un équipement, tandis que les plus puissants intéressent, par exemple, les concepteurs d'applications pour smartphones ou tablettes, ou les opérateurs de home gateway **.

La combinaison d'équipements plus anciens et des dernières technologies va également permettre de simuler l’état réel des réseaux. Enfin, la liaison par Internet des différents sites sur lesquels se répartit IoT-LAB sera un atout pour réaliser des expériences combinant communications filaires et liaisons sans fils, et ce sur de grandes distances.

Un laboratoire "open"

« Les profils d’utilisateurs sont très variés, précise Eric Fleury. Cela va du milieu académique, qui travaille sur les protocoles de communications, à de grands industriels, comme Schneider Electric qui réfléchit à l'optimisation énergétique des installations par réseaux de capteurs communicants, en passant par de petites entreprises, délivrant, par exemple, des prestations de mesures et souhaitant se libérer des contraintes du filaire. Notre équipement est précieux car il leur permet de tester le passage à l'échelle qui influe considérablement sur les résultats obtenus : il arrive souvent que le modèle théorique ne fonctionne plus, pour de simples raisons d'interférences ou d'engorgement. »

Concrètement, les nœuds d'IoT-LAB sont "ouverts" et chacun peut y déployer ses applications, en toute confidentialité, sans même être tenu d'en livrer les résultats. Une équipe d'une quinzaine de personnes, dont une dizaine d'ingénieurs, se charge notamment d'assister les utilisateurs les moins rompus aux protocoles scientifiques. La réservation est gratuite et les expériences de tailles très diverses : de quelques minutes sur une partie d'un seul site, partagé avec d'autres, à quelques jours en exclusivité totale sur l'ensemble de la plate-forme qui peut être pilotée à distance via un site Internet.

Optimiser l’utilisation des radiocommunications

Inauguré à Lyon le 28 octobre, CorteXlab, bien que n’ayant pas le même niveau de maturité qu'IoT-LAB, interpelle déjà universitaires et industriels. « C'est une infrastructure entièrement nouvelle que nous avons mis trois ans à développer,  explique Tanguy Risset, coresponsable du projet pour Inria avec Jean-Marie Gorce. Nous ne partons d'aucun noyau d'utilisateurs habitués et l'équipe support est pour l'instant réduite. Mais son caractère unique au monde, doublé des espoirs que suscite l’utilisation de la radio logicielle, pourrait rapidement faire naître les vocations. »

Les points forts de CorteXlab ? Une vaste salle isolée électromagnétiquement, des nœuds dotés d'une grande capacité de calcul et une interface de transmission radio programmable. C'est cette dernière caractéristique, encore très rare, qui permet de tester des applications capables d'écouter le réseau et de choisir à tout moment, en fonction de leur disponibilité, bande et modulation de l'onde. Une même communication peut ainsi utiliser successivement, et de manière transparente, différents protocoles comme la 4G, le Wi-Fi ou Bluetooth ... L'optimisation de l'espace radio devient envisageable.

Vers la 5G

Même si les équipements de CorteXlab sont mis gratuitement à la disposition de ses utilisateurs, ce laboratoire s'adresse à des organisations dotées de ressources importantes et capables de consacrer plusieurs mois, en amont, au développement. Elle offre elle aussi l'avantage de pouvoir être pilotée à distance. L'université de Princeton, des écoles canadiennes et brésiliennes ainsi que l'IRT B-Com de Bretagne sont déjà associées au projet, qui prend tout son sens avec l'arrivée prochaine de la 5G. « D'ici un ou deux ans, IoT-LAB et CorteXlab pourront faire l'objet d'expériences couplées et être pilotés conjointement depuis le portail FIT : l'outil prendra alors toute sa valeur » , conclut Eric Fleury.

* Point dans un réseau où des équipements vont connecter les appels entre eux et mettre en communication différentes voies de transmission.
** Dispositif permettant de relier deux réseaux informatiques de types différents, par exemple un réseau local et le réseau Internet.

Mots-clés : Internet des objets Communication sans fils Equipex Objets communicants

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