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Big data

18/04/2017

Les évolutions et impacts des futurs systèmes et plates-formes numériques selon Stéphane Grumbach

© Inria / Photo J.-M. Ramès

Stéphane Grumbach, directeur de recherche Inria, est depuis quelques mois responsable de la nouvelle équipe-projet Datasphere, consacrée à l'étude des "big data " et, surtout, à leur impact dans l’organisation de la société. À l’occasion de la création de cette nouvelle équipe, il évoque les effets du développement des systèmes numériques, comme les plates-formes Google , Facebook , etc. et donne sa vision personnelle de leur impact sociétal pour les 50 prochaines années.

Quels sont vos axes de recherche au sein de l’équipe Datasphere ?

Stéphane Grumbach  : Nous étudions comment les données changent le monde en faisant évoluer les rapports de pouvoir. Les nouveaux systèmes numériques imposent aujourd’hui de nouveaux modèles économiques. D’une part ils facilitent le partage entre les acteurs et les circuits courts, mais d’autre part ils permettent la commande à distance, hors-sol. Tout cela a un effet sur le monde assez radical. D’une société verticale, nous basculons vers une société beaucoup plus horizontale, qui fonctionne en réseau. Chaque acteur humain ou technologique est plus connecté et a des liens avec beaucoup plus d’autres acteurs que par le passé. Avec un smartphone par exemple, nous sommes directement connectés à de nombreux acteurs avec lesquels nous pouvons échanger. Et donc, une grande partie des acteurs verticaux devient inutile.

Quels grands changements le monde numérique attend-il dans les 50 prochaines années ?

Les plates-formes numériques (Google , Facebook …), qui n’existaient pas il y a encore vingt ans, deviennent des acteurs très importants sur les plans économique, social et politique. Et au fur et à mesure qu’elles montent en puissance, les administrations et les industries traditionnelles s’affaiblissent. Prenons l’exemple de l’industrie automobile. Demain, nous n’achèterons plus Peugeot ou Citroën , mais une voiture Apple ou Google . L’important, ce sera le système d’exploitation à bord.
Ces plates-formes sont également en train de participer à redéfinir la gouvernance mondiale. Elles ressemblent de plus en plus à des États. Nous aurons alors un mode de gouvernance globalisé. Nous pourrions sortir du concept d’ État-nation pour avoir une gouvernance non plus restreinte à un territoire géographique, mais à un secteur particulier. Par exemple, on traitera les problèmes de maîtrise de l’énergie ou de production agricole sur l’ensemble de la planète.

Comment imaginez-vous le monde en 2067 ?

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Il est évident que dans 50 ans, le monde aura énormément changé et la société fonctionnera de façon radicalement différente. Aujourd’hui, il y deux défis majeurs que nous devons relever. Premièrement, le développement d’une autre économie plus en harmonie avec l’écosystème de la planète. Deuxièmement, le renouvellement du modèle sociétal, autour de la corégulation du monde avec des systèmes numériques, et l’automatisation de nombreux emplois. Le lien entre ces deux défis est évident, et la solution au premier découle sans doute de la réussite du second. On entre donc dans une période d’incertitude. Dans 50 ans on en sera peut-être sorti. Ce qui est certain, c’est que le numérique représente en lui-même un changement radical. Un peu comme si un nouveau continent apparaissait à la surface de la Terre. Beaucoup d’activités peuvent y être menées à un niveau global.

Mots-clés : Datasphere Big data Stéphane Grumbach 50 ans

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