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Calcul haute performance

7/08/2017

Des supercalculateurs accessibles à tous - ou presque.

© Inria / Photo C. Morel

Les supercalculateurs et la simulation numérique sont au cœur des recherches de l’équipe-projet Datamove. Des technologies de pointe qui, dans 50 ans, devraient se démocratiser et être utilisées dans de nombreux domaines professionnels. C’est ce que prédit Bruno Raffin, le responsable de l’équipe.

Bruno Raffin: L’équipe Datamove s’intéresse au HPC, les calculateurs de haute performance. C’est ce qui permet de réaliser des simulations numériques de très grande ampleur sur d’énormes machines. Dans 50 ans, on peut dire de façon quasi certaine, que ces machines existeront toujours et à des échelles encore bien plus importantes.

Leur utilisation évoluera très certainement. Aujourd’hui la simulation numérique reste assez circonscrite à quelques domaines d’application. On peut imaginer que dans les prochaines années, la simulation numérique deviendra, pour le scientifique et l’ingénieur, un outil d’usage courant qui sera interconnecté avec d’autres instruments d’expérimentation. Prenons l’exemple du microscope électronique. Couplé à un supercalculateur, il pourra traiter interactivement les données acquises, identifier les zones d’intérêt, y superposer des modèles moléculaires plus fins non observables par le microscope.

Aujourd’hui, le calcul intensif se fait presque exclusivement dans des centres spécialisés ou au sein de grandes entreprises qui ont les moyens et les compétences pour utiliser les supercalculateurs.

Je pense que ces machines vont davantage se démocratiser et servir dans de nouveaux domaines.

Par exemple, on utilisera la simulation pour la planification urbaine et on pourra ainsi évaluer l’effet des aménagements prévus sur la mobilité, la croissance urbaine, l’environnement, beaucoup plus rapidement et précisément que ce qui est fait aujourd’hui. Un maire pourra ainsi avoir des outils assez simples pour planifier la politique d’urbanisme de sa commune.

L’agriculture est un autre domaine où la simulation numérique est encore peu présente alors qu’elle pourrait avoir des apports importants pour passer d’une agriculture mécanisée telle que nous la connaissons à une agriculture numérisée et robotisée de précision permettant de réduite les intrants par exemple.

La médecine devrait être aussi concernée. Il existe beaucoup d’appareils de mesure très sophistiqués, mais cela reste statique. Coupler ces appareils à des outils de simulation numérique devrait permettre d’anticiper l’évolution probable d’une blessure ou d’une maladie. Un médecin pourrait simuler en dynamique une prothèse sur un modèle du patient construit à partir des différentes données disponibles. L’objectif est d’avoir une prothèse sur mesure parfaitement adaptée à la morphologie de la personne.

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Le grand changement de ces 50 prochaines années : l’usage des calculateurs hautes performances va se démocratiser. Ils ne seront peut-être pas utilisés par le grand public, mais serviront à des professions qui n’y ont aujourd’hui pas accès : le médecin, l’agriculteur, le maire… 

Mots-clés : Supercalculateurs Raffin Datamove

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