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Portraits

8/03/2016

Rencontre avec Héloïse Beaugendre et Camille Jeunet

Au centre de recherche Inria Bordeaux - Sud-Ouest, c'est plus d'une centaine de femmes qui collaborent de près ou de loin aux travaux menés dans les équipes de recherche. À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, découvrez les portraits d'Héloïse Beaugendre et Camille Jeunet, respectivement chercheuse et doctorante qui contribuent à créer le monde numérique de demain.

Héloïse Beaugendre

L'as de glace

Heloise Beaugendre

Le plus clair de son temps, Héloïse Beaugendre le passe actuellement sur STORM, un projet de recherche collaborative européen qui traite du givrage/dégivrage des avions. Impératif écologique, matériaux composites, nouveaux designs, l’aéronautique fait sa « révolution copernicienne ». Cette maître de conférences, partagée entre l’équipe-projet Cardamom à Inria et l’Enseirb-Matmeca où elle enseigne les maths appliquées, y prend part avec l’aide d’un thésard. Sa tâche consiste à simuler numériquement la trajectoire des morceaux de glace qui, en se détachant, pourraient impacter le fuselage ou se faire aspirer par les nacelles de moteur. Un scenario catastrophe pour toute compagnie aérienne. Un enjeu de sécurité de premier ordre pour tous les passagers.

La perspective d’applications sociétales, le fort contenu technique et la recherche d’ équations nouvelles pour modéliser un phénomène multiphysique plutôt corsé comme celui de la glace, voilà bien le style de combinaisons qui lui plaît. Et pour lequel la globe-trotteuse - pilote de planeur nourrit un vif intérêt depuis des années déjà puisque sa thèse, réalisée au Canada, portait aussi sur ce thème. « Je ne pourrais pas travailler sur des équations si j’ignorais à quoi elles servent » , assure-t-elle. Pour cela, Héloïse Beaugendre n’hésite pas à croiser les approches. Aux schémas numériques sur maillage dits "non-structurés", elle a eu l’idée d'ajouter dans ses équations la technique de pénalisation. Et n’y voit pas de "blocage immédiat". Tant mieux, cette enseignante-chercheure qui a hésité après le bac entre maths et philo goûte peu l’idée d’être « enfermée dans un domaine précis » . L’agilité incarnée. 


Camille Jeunet

BCI sans sushi

Camille Jeunet

« La période critique a commencé. »  Pour Camille Jeunet, à l’orée de sa troisième année de thèse en sciences cognitives dans l’équipe-projet Potioc, «  tout se bouscule ». « Projets, médiation, enseignement, idées… Il faut faire des choix, finir ce qu’on a entamé et sélectionner ce qu’on va mettre dans le manuscrit. »  À Hong Kong la semaine passée, en Suède et en Allemagne un peu avant, la jeune landaise s’apprête à partir pour trois mois dans un laboratoire universitaire du Sussex, en Angleterre. Puis le Québec et l’Autriche au retour.

Elle se dit chanceuse. Chez Inria, on la sent douée. D’autres aussi ; le sujet de sa thèse a été "repéré" par l’université de Bordeaux qui lui octroie un financement au titre du projet IdEx*, rendant possible l’internationalisation de ses recherches. Le jury et le public des demi-finales régionales du concours "Ma thèse en 180 secondes" ne s’y sont pas trompés non plus. Pour expliquer son thème de prédilection, l’amélioration des protocoles d’entraînement afin d’augmenter les performances à l’utilisation des Interfaces Cerveaux-Ordinateurs (BCI en anglais pour Brain Computer Interface ), Camille Jeunet n’a pas eu peur des analogies. « Ce qui bloque aujourd’hui, c’est la perte de la capacité à délivrer des messages (mouvements, déplacement, paroles, etc) par les canaux habituels que sont les nerfs, les muscles. Alors il faut trouver un moyen alternatif de les récupérer. Un peu comme lorsque vous avez une envie subite de manger des sushis et que le livreur vous annonce qu’il est en panne. Deux solutions s’offrent à vous : renoncer aux sushis ou aller les chercher vous-même. Pour les BCI, c’est pareil. Elles permettent d’aller chercher l’information directement à sa source, c’est-à-dire dans le cerveau. »

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