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Dossier Interaction Homme-Machine

14/11/2013

Conférence IHM à Bordeaux : l'interaction dans toutes les dimensions

© Inria / Photo H. Raguet

La 25ème édition de la conférence francophone sur l'interaction Homme-machine (IHM), qui se déroule du 13 au 15 novembre à Bordeaux, met notamment l’accent sur la réalité augmentée, à travers plusieurs contributions. Un événement coorganisé par l’AFIHM* et Inria.

Optimiser et inventer de nouvelles façons d’interagir avec les machines est aujourd’hui un enjeu de société : du monde de l’industrie à celui du divertissement ou de la santé, les besoins ne cessent d’évoluer. Afin de proposer de nouvelles solutions, la communauté des chercheurs dans le domaine de l’IHM se réunit chaque année pour échanger sur leurs travaux. « Les champs d’actions de l’IHM sont presque infinis , confirme Martin Hachet , coorganisateur de l’événement et chercheur au Bordeaux – Sud-Ouest. En témoigne le profil des deux conférenciers que nous avons invités (cf interview ci-dessous), issus d’univers connexes aux domaines traditionnels de l’IHM : la musique et la réalité virtuelle. Ils vont nous offrir un regard différent, cela devrait être très enrichissant . »

Au service du public et de l’industrie

Au-delà de l’échange d’idées, l’objectif de la conférence est de favoriser la diffusion d’innovations technologiques. « Nous avons prévu de faire découvrir aux participants Cap Sciences, l’espace d’échange sur lequel nous nous appuyons à Bordeaux , indique Martin Hachet. Ce lieu permet au grand public de venir à la rencontre des chercheurs et d’expérimenter librement leurs nouveaux dispositifs.  »
Les industriels sont également à l’honneur à l’occasion de ces journées, avec la présence de STMicroelectronics , Thales (via le GIS Albatros) ou encore la PME bordelaise Immersion 3D . « La présence de cette société ne doit rien au hasard , précise Martin Hachet. Je viens du monde de la 3D et de la réalité virtuelle, et je suis convaincu que ces univers peuvent apporter énormément à l’IHM.  »

Un nouveau regard sur l’IHM

Qu’ont en commun la musique et la réalité virtuelle ? Ces deux mondes font appel à l’IHM pour ouvrir de nouveaux horizons à leurs utilisateurs. Explications avec Frédéric Bevilacqua, responsable de l’équipe Interactions Musicales Temps Réel à l’Ircam et Anatole Lécuyer, directeur de recherche Inria et responsable de l’équipe Hybrid, conférenciers invités d’IHM 2013.

Quel est votre rôle à l’occasion de cette conférence ?

Frédéric Belavicqua : En tant que conférencier invité, je vais profiter de la tribune qui m’est offerte pour faire découvrir les travaux de mon équipe de recherche qui portent sur les systèmes interactifs musicaux basés sur le geste et les interfaces tangibles. J’espère susciter un intérêt de la communauté IHM, avec laquelle nous partageons des problématiques proches ou complémentaires.

Anatole Lecuyer : De mon côté, ce moment privilégié va me permettre d’amener les participants à porter un regard nouveau sur les technologies et les problématiques de réalité virtuelle, et d’écouter ce qu’elles peuvent inspirer aux chercheurs du monde de l'IHM, tout en cherchant à établir des ponts entre les deux disciplines.

Quels travaux allez-vous présenter ?

F. B. : Je vais présenter plusieurs projets sur lesquels nos avons travaillé ces dernières années. Par exemple, dans le projet Interlude, nous avons créé les interfaces MO (Modular Musical Objects) en couplant des systèmes de captation de geste modulaires et des logiciels de synthèse sonore interactive. Ces interfaces permettent d’explorer de nouveaux moyens d’expression musicale collaborative par le mouvement et la manipulation d’objets. Ce projet visait une communauté d’utilisateurs actuellement en plein essor, composée aussi bien de professionnels que du grand public, qui s’intéresse à une interaction gestuelle et expressive avec les médias numériques. Les retombées concernent à la fois la création artistique, la pédagogie musicale et le monde des jeux musicaux. Je vais également présenter des travaux plus fondamentaux sur l’apprentissage sensorimoteur qui peut être facilité grâce à un retour sonore, ce qui ouvre des perspectives très intéressantes pour la rééducation par exemple.

A. L. : La réalité virtuelle cherche à immerger l’utilisateur dans un univers virtuel, dans lequel il peut interagir avec le corps, les mains, les yeux et pourquoi pas le cerveau. La finalité de la réalité virtuelle est de créer une illusion sensorielle globale, l’impression que l’on interagit avec une autre réalité, tangible et plausible. Au cours de ce keynote, nous avons cherché à présenter un panel assez large de manière d’interagir avec un univers 3D virtuel basé à la fois sur le corps et l’esprit, c’est-à-dire sans bouger, uniquement grâce à l’activité cérébrale.

Quelle vision avez-vous de l’IHM ?

F. B. : Nous nous rapprochons de plus en plus de la communauté IHM, qui intègre désormais fortement des interfaces gestuelles et collaboratives. Mais notre domaine d’application privilégié reste la musique et le spectacle vivant, avec des problématiques spécifiques, alors que la communauté IHM couvre un champ applicatif beaucoup plus large. J’espère intensifier nos collaborations avec la communauté IHM dans le futur, car le croisement de diverses approches est toujours très bénéfique.

A. L. : Les technologies de réalité virtuelle peuvent être utilisées dans de nombreux domaines, comme l’industrie, à travers la création de prototypes virtuels, la santé avec des simulateurs chirurgicaux, la culture via des visites de sites ou encore le divertissement et les jeux vidéo. Pour chacun de ces domaines, il faut développer des interfaces et des techniques d’interaction 3D adaptées. Echanger avec les acteurs de l’IHM est donc une nécessité pour nous, ils ont beaucoup à nous apporter et nous pouvons également leur ouvrir de nouvelles perspectives.

* AFIHM : Association francophone d’interaction Homme-machine

Mots-clés : 3D IHM Univers virtuel IRCAM Réalité virtuelle

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