Sites Inria

Robotique

Laurence Goussu (*) - 29/11/2017

Inria et le CNRS rejoignent l’équipe pluridisciplinaire ScanPyramids et dévoilent le concept d’un robot d’exploration minimalement invasif

Inria et le CNRS se joignent à la faculté des ingénieurs de l’université du Caire et à l’Institut HIP (Heritage, Innovation, Preservation) avec le soutien de l’entreprise Robeauté et de La Fondation Dassault Systèmes , pour concevoir et réaliser un robot innovant destiné à explorer des monuments en laissant aussi peu de traces que possible. Les  scientifiques intitulent  cette approche « l'exploration robotique minimalement invasive ».

L’idée générale est d’insérer, dans un trou d’un diamètre inférieur à 3,5 cm, un petit robot afin de permettre aux scientifiques d’accéder et d’explorer à distance des endroits inaccessibles. « À l’heure actuelle, il n’y a pas de projet concret d’envoyer un robot dans un monument en particulier », confie Jean-­‐Baptiste Mouret , spécialiste en intelligence artificielle et robotique qui dirige le projet, chercheur Inria au Laboratoire lorrain d’informatique et ses applications (Inria/CNRS/université de Lorraine). « Mais il s’agit du bon moment pour imaginer, développer et valider les technologies nécessaires à des explorations dans l’univers du patrimoine. »

La mission ScanPyramids a en effet pour objectif de mieux comprendre les pyramides de l’Ancien Empire mais aussi d’encourager les innovations dans différents domaines (muographie, réalité virtuelle, simulation, …) pour leur exploration et au-delà. L’équipe de ScanPyramids a annoncé plusieurs découvertes de cavités jusqu’alors inconnues dans la pyramide de Kheops, dont un vide de taille comparable en taille à la Grande Galerie de cette pyramide, qu’ils ont baptisé « ScanPyramids’ Big Void » [Morishima et al., Nature , 2017]. « Les défis posés par la pyramide fertilisent plus que jamais la science et la technologie. Une nouvelle robotique émergente se met au service de l'archéologie pour cette deuxième étape de la mission » déclare Bertrand Duplat , ingénieur-­inventeur, conseiller scientifique de HIP ayant initié le projet robotique pour l'association, et co-inventeur avec Jean Batiste Mouret du concept initial.
 
L’équipe de roboticiens envisage une mission d’exploration en deux étapes. Dans la première, un robot tubulaire doté d’une caméra omnidirectionnelle serait inséré afin de prendre des images en haute résolution de l’endroit inaccessible. Dans un second temps, le même interstice serait utilisé pour envoyer un nouveau robot d’exploration télécommandé qui pourrait se déplacer dans des couloirs et cartographier l’intérieur.
 
Pour cette seconde étape, l’équipe est en train de concevoir un ballon dirigeable miniature, plié pendant l’insertion, puis gonflé à distance une fois parvenu dans la zone à explorer. Une fois l’exploration terminée, le dirigeable retournerait à sa base, serait dégonflé, puis extrait de la même manière qu’il aurait été inséré. Le défi principal consiste donc à faire passer l’enveloppe du dirigeable, la nacelle ainsi que tous les mécanismes de déploiement à travers un espace de seulement 3,5 cm. À noter qu’une fois gonflé, le dirigeable aurait un diamètre d’environ 80 cm et une charge utile d’environ 50 g.
 
Ce robot volant s’appuiera sur l’expérience d’Inria en matière de robotique, ainsi que sur les capteurs légers et les principes minimalistes bio-­inspirés conçus pour les microrobots aériens à l’Institut des sciences du mouvement (CNRS/Aix-Marseille université) sous l’impulsion de Franck Ruffier , chercheur CNRS. Les capteurs et l’intelligence artificielle embarqués permettront d’aider le pilote à éviter les obstacles et à atterrir précisément sur une station d’accueil.
 
 

Mots-clés : LARSEN Egypte Kheops Robot Robotique Archéologie Histoire

Haut de page

Suivez Inria