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Informatique & sismologie

Cécile Michaut - 25/08/2011

Quelques secondes pour sauver des vies

Modélisation d'ondes sismiques, Inria Modélisation d'ondes sismiques, Inria

Entre la survenue d’un séisme et son impact dans une ville à proximité, il s’écoule quelques secondes, au maximum une à deux minutes, que l’on peut mettre à profil pour sauver des gens. Un immense défi pour les technologies de traitement de l’information en temps réel.

Après le séisme de décembre 2004 dans l’Océan Indien (220 000 morts), des systèmes d’alerte anti-tsunami ont été mis en place dans de nombreux pays. Même s’ils n’ont pas suffi à éviter des milliers de morts suite au récent tsunami au Japon, ils illustrent le principe d’une alerte précoce  : réduire les effets d’un séisme par des actions précises et préalablement identifiées.

Ces alertes précoces sont aussi  applicables aux tremblements de terre, même si le temps de réponse ne se compte plus en dizaines de minutes ou en heures, comme souvent pour les tsunamis, mais en secondes, au mieux en minutes. Ainsi, la faille susceptible de provoquer un séisme à Mexico est située à 200 kilomètres et les secousses mettent environ 100 secondes pour atteindre la ville. Un réseau d’écoute sur la zone de subduction où se trouvent les failles permet d’avertir par ondes radio la ville de Mexico : des sirènes sont déclenchées pour alerter les habitants qui peuvent alors sortir des maisons, ou au moins se réfugier sous une table ou sous le chambranle des portes. Cette mise en sécurité personnelle réclame une sensibilisation préalable.

Il existe aussi des systèmes de coupure automatiques , par exemple dans les centrales nucléaires, en cas de secousses violentes (ces systèmes ont d’ailleurs fonctionné au Japon avec l’arrêt de la fission, mais n’ont pas été suivi du refroidissement nécessaire sur plusieurs jours conduisant à la catastrophe que nous connaissons). On peut citer aussi la mise en route de groupes électrogènes de secours dans les hôpitaux, ou de systèmes d’amortissement à base de ressort dans des bâtiments.

En région PACA, le TGV s’arrêterait de rouler en cas de séisme, grâce à un réseau de capteurs répartis sur les voies ferrées. 

Jean Virieux

« L’idéal serait de ne pas détecter uniquement les secousses près des installations, mais aussi le séisme avec sa localisation et son ampleur en quelques secondes, pour gagner un temps précieux , souligne Jean Virieux, professeur à l’Institut des sciences de la terre à l’université Joseph Fourier de Grenoble. Cela implique de détecter, traiter et transmettre les informations quasiment en temps réel. Nous ne savons pas réaliser de tels systèmes fiables à 100% ; c’est un énorme défi car il faut éviter les fausses alertes ou du moins les rendre exceptionnelles.  »  La région de Naples s’est doté d’un tel système prototype pour la zone de failles actives d’Irpinia à 90 km de la ville. Le réseau sismologique a une communication redondante pour garantir les communications vers le centre de traitement où l’analyse en temps réel des signaux sismiques permet une localisation et une estimation de la magnitude en quelques secondes. Cette information est ensuite diffusée pour déclencher des actions automatiques. 

C’est un vaste chantier combinant les expertises des sismologues et des ingénieurs en communication, en traitement de l’information et en système automatique.

Mots-clés : Séismes Prévention Risques Alertes Visualisation 3D Modélisation Temps réel Jean Virieux

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