Sites Inria

Boost Your Code 2012

Laurence Hermant - 20/06/2012

Les jeunes talents du développement logiciel français à l’honneur

Les finalistes de Boost Your Code 2012 ! R.-A.Cherrueau, S. Coavoux, C. Desclaux, S. Rannou © Inria / Photo N. Fagot

Hier, dans le cadre du salon Solutions Linux, salon européen dédié à Linux et aux logiciels libres (19 au 21 juin 2012 au Cnit à La Défense), Inria a dévoilé les résultats de l’édition du concours Boost Your Code 2012. Claude Kirchner, délégué général à la recherche et au transfert pour l’innovation d’Inria et Alain Bravo, Directeur général de Supélec, vice-président de la CDEFI étaient notamment au rendez-vous pour féliciter Christophe Desclaux (Polytech Nice), le lauréat 2012 et les trois autres finalistes, Sébastien Rannou (Epitech), Sébastien Coavoux (Polytech Grenoble) et Ronan-Alexandre Cherrueau (Université de Nantes).

Après Gabriel Cardoso, lauréat 2011 avec son projet de développement d’une plateforme collaborative de création musicale, c’est donc Christophe Desclaux, de Polytech Nice qui devient le lauréat du concours 2012  et qui rejoindra donc Inria pour y développer son projet ZONE (Ze Ontology News Extractor). Le choix des membres du jury ne fut pas simple au vu de la qualité des propositions reçues de nouveau cette année. Les projets des finalistes du concours font la preuve du dynamisme du développement logiciel en France portés par d’incroyables jeunes talents !

Présentation du lauréat 2012

Le lauréat : Christophe Desclaux – Polytech Nice – ZONE (Ze Ontology News Extractor)

© Inria / Photo N. Fagot

Passionné de Web sémantique , Christophe fait preuve d’une polyvalence étonnante. Aussi à l’aise pour parler de loisirs que de développement, il est par ailleurs investi dans deux associations. La première, Linux Azur , est sponsorisée par Inria. La seconde, association à but non lucratif, le Réseau des Hébergeurs Indépendants ENgagés (RHIEN ) a pour objectif le développement d’un réseau d’hébergeurs alternatifs. Très engagé dans le Iogiciel libre, il a de plus été primé à plusieurs reprises lors de "La Nuit de l’Informatique ". C’est à la suite de la dernière édition qu’il a eu vent du concours "Boost Your Code ". Intéressé par l’idée de pouvoir se consacrer à temps plein sur son projet personnel, il n’a pas hésité à s’inscrire.

Son projet, ZONE , gagnant de l’édition 2012 de Boost Your Code, fournit  une nouvelle approche des flux RSS. Véritable outil de veille, le logiciel de Christophe possède des  capacités d’agrégation supérieures aux agrégateurs classiques de flux RSS, en y alliant par ailleurs la puissance du web sémantique. Ainsi, les informations reçues par l’utilisateur sont filtrées selon plusieurs critères, ce qui rend son utilisation plus pertinente et plus efficace. La mémoire de lecture  qui y est intégrée permet d’autre part de fournir une information toujours nouvelle, à l’inverse de Google News  par exemple. A destination des entreprises et du grand public, l’application permettrait de répondre à leurs besoins d’informations très ciblées. Concrètement, cette solution pourrait à terme être utilisée sur des écrans d’informations. Ceux-ci proposeraient alors des informations différentes en fonction du lieu, mais également de l’heure de diffusion.

Si ZONE est encore à l’état de prototype, Christophe entend bien le développer rapidement. Il souhaite dans un premier temps donner suite à un article scientifique qu’il a déjà publié en présentant ZONE à la communauté de l’ingénierie des connaissances . Dans un deuxième temps, il se concentrera sur le développement de l’application en elle-même, sur le web mais également sur Android ou Iphone . Enfin, la fédération d’une communauté  lui paraît essentielle afin de faire avancer son projet. Tout au long de l’année, il tiendra un carnet de bord contenant des informations techniques mais également les dernières avancées de son projet.

Les trois autres finalistes du concours 2012

Sébastien Rannou – Etudiant à l’Epitech - Excalibot

© Inria / Photo N. Fagot

C’est après une année passée à la Stockholm University que Sébastien Rannou, 23 ans et passionné en informatique, débute son projet. En janvier 2012, à son retour de Suède, un ami sollicite alors son aide pour sa thèse : il aurait besoin d’un outil permettant d’analyser et d’indexer des protocoles réseaux . Trouvant l’idée « techniquement intéressante », Sébastien décide de relever le défi. C’est ainsi que naît le projet retenu comme finaliste du concours "Boost Your Code ", Excalibot , développé en parallèle de ses études. Ce logiciel fonctionne comme un moteur de recherche, en indexant des informations relatives aux différents services accessibles sur un réseau. Il peut ainsi fournir des statistiques mais également détecter des failles de sécurité  sur les protocoles. Pour le moment utilisé sur le réseau public, il pourrait à terme être exploité par les entreprises afin d’effectuer un audit  de sécurité  sur leur réseau. Très ouvert sur le monde, c’est tout naturellement que Sébastien a choisi de développer son logiciel de façon libre.

Ronan-Alexandre Cherrueau - Etudiant à l'Université de Nantes - CEK-P2P (Collaborative Editing Kernel on P2P networks)

© Inria / Photo N. Fagot

Étudiant du master en Architectures Logicielles de Nantes, Ronan-Alexandre effectue son stage de fin d'études avec l'équipe Ascola (Inria - Rennes Bretagne Atlantique). C'est ainsi tout naturellement qu'il s'est inscrit à l'édition 2012 du concours "Boost Your Code ". Il développe en effet un noyau permettant l 'édition collaborative en temps réel de documents dans un réseau pair à pair . Comparable à première vue à GoogleDocs , sa solution est cependant distribuée : chaque utilisateur accède à une instance du noyau qui lui permet de travailler sur une copie du document. Les modifications effectuées sont ensuite distribuées aux autres pairs du réseau, l'intégrité et la confidentialité du document étant ainsi garanties. L'objectif final de ce projet est de fournir un noyau pouvant intégrer facilement n'importe quel type de document. L'aspect communautaire  du projet est ce qui motive Ronan-Alexandre, considérant que le partage est la meilleure façon de faire avancer la science. A l’issue de son stage de fin d’études, Ronan va poursuivre sa formation en réalisant une thèse au sein de l’équipe Inria Ascola.

Sébastien Coavoux – Etudiant à Polytech’ Grenoble – Extension au projet Shinken

© Inria / Photo N. Fagot

Créé en 2009 par Jean Gabès, le projet Shinken est à l’origine de la passion de Sébastien pour le développement. Se destinant à l’origine à des études de physique, il décide à la fin de ses deux années de classe préparatoire de faire de l’informatique. Motivé par les valeurs de partage et de co-construction véhiculées par le logiciel libre , il s’est rapidement remis à niveau. C’est ainsi à l’issu d’un stage dans ce domaine qu’il entend pour la première fois parler de ce projet. Convaincu que l’on peut apprendre de tout, il n’a pas hésité à s’investir dans le développement du projet Shinken, outil de monitoring  très collaboratif à destination des administrateurs système de parcs informatiques. Son interface web lui permet toutefois de cibler un public plus large, qui ne possède pas de connaissances techniques en informatique.  L’architecture distribuée du logiciel diffère des outils du monitoring déjà existants. L’objectif porté par Sébastien est d’offrir une plateforme plus complète que les autres systèmes de supervision, en en faisant un réel outil d’hypervision .

Témoignages de trois membres du jury 2012

Eric Chareyre, responsable attractivité, Direction des Ressources Humaines

Eric Chareyre © INRIA - Photo C.Tourniaire

Pourquoi avez-vous accepté d'être membre du jury de Boost Your Code ?
Je suis responsable de l'attractivité de l'institut. A ce titre, il était naturel pour moi de m'impliquer dans une opération de communication de recrutement destinée à promouvoir notre image employeur auprès des jeunes inscrits en master.

Quel est selon vous le profil type du bon candidat ?
Il n'y a pas un profil type à proprement parler. Le jury privilégie un candidat dont le projet est original et innovant et qui sait communiquer sa passion, sa motivation.

Quels sont selon vous les critères d'un projet pertinent dans le cadre du concours ?
Au-delà de l'originalité et de l'aspect innovant, un projet qui a un fort impact ou intérêt sociétal. 

Que retenez-vous de l'édition 2012 ?
D'abord un doublement du nombre de candidats par rapport à l'édition 2011 ! Ce qui montre l'intérêt croissant des jeunes pour ce concours et Inria. Ensuite des candidats brillants et très motivés avec des projets réfléchis et de qualité. Le choix du jury n'a pas été facile ! 

Que diriez-vous à quelqu'un qui hésite à concourir ?
Qu'il a tort ! S'il est lauréat, Inria lui offre la chance de concrétiser son rêve. Nous lui mettons à disposition le "garage" où il pourra développer le projet de logiciel qui révolutionnera peut-être le monde numérique de demain !

Alain Bravo, directeur général de Supélec, Vice-Président de la CDEFI, partenaire du concours

© Inria / Photo N. Fagot

Pourquoi avez-vous accepté d'être membre du jury de Boost Your Code ?
Dans l’accord-cadre qui lie la CDEFI et Inria, les deux organismes partagent un intérêt commun à distinguer les jeunes talents.

Quel est selon vous le profil type du bon candidat ?
Il doit faire la preuve d’un goût avéré pour l’Open Source, d’un potentiel propre de créativité, d’une attirance à entrer dans la communauté Open Source.

Quels sont selon vous les critères d'un projet pertinent dans le cadre du concours ?
Déjà une certaine maturité avec une perception des approfondissements à réaliser/verrous à faire sauter. 

Que retenez-vous de l'édition 2012 ?
Quatre très bons finalistes.

Que diriez-vous à quelqu'un qui hésite à concourir ?
Osez ! L’important est d’y participer, Boost Your Code est unique.

Colin de la Higuera, président de la Société informatique de France (ex Specif), partenaire du concours

Pourquoi avez-vous accepté d'être membre du jury de Boost Your Code ?
J’ai été sollicité en tant que Président de Specif (devenue SiF depuis). Je pensais que le concours Boost Your Code était une action très positive pour l’informatique et que nous devions la soutenir. C’était donc important d’être là.

Quel est selon vous le profil type du bon candidat ?
Le candidat doit avoir de l’imagination : les projets proposés et retenus ne sont pas des idées que tout le monde a. Il faut aussi être techniquement convainquant : cela ne signifie peut-être pas être le meilleur programmeur de France, mais il faut convaincre le jury qu’on saura développer son projet.

Quels sont selon vous les critères d'un projet pertinent dans le cadre du concours ?
Les critères actuellement utilisés sont les bons soit l’impact possible du projet, le challenge ingénioral, sa politique de diffusion (avec en particulier son positionnement dans le libre), et la capacité du candidat à montrer (un peu à l’écrit, beaucoup à l’oral) de l’enthousiasme contrôlé pour son projet.

Que retenez-vous de l'édition 2012 ?
Je retiens la très grande qualité des candidatures et surtout des auditions. Je retiens l’enthousiasme des candidats et la richesse des idées. Je retiens aussi la pertinence d’avoir un jury avec des points de vue aussi différents.

Que diriez-vous à quelqu'un qui hésite à concourir ?
C’est difficile : la barre est vraiment très haute ! Il ne faut pas se leurrer, on participe à BYC parce qu’on a un projet auquel on croit et pour lequel on est prêt à dépenser beaucoup d’énergie et de temps. Mais cela ne signifie pas nécessairement que le projet soit mûr, qu’il soit le fruit d’années de travail. Le jury a vu d’excellentes propositions qui étaient le résultat d’un travail de quelques semaines. Le travail de réflexion sur le projet est peut-être plus important que le fait d’avoir déjà beaucoup programmé.

Mots-clés : Ingénieur jeunes diplomés Développement logiciel Recrutement

Haut de page

Suivez Inria tout au long de son 50e anniversaire et au-delà !