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Agriculture

Christophe Castro - 27/02/2012

Les agriculteurs ont l’œil... numérique

Photo de champs de culture agricole © Getty

Quand on est agriculteur, il faut avoir un œil sur tout. Des capteurs vidéo sont très utiles pour surveiller dans une étable les bêtes sur le point de vêler, par exemple. L’exploitant peut ainsi suivre ce type d’événements sur son téléviseur, son ordinateur ou sa tablette numérique. Mais la vidéo-surveillance ne concerne pas que le bétail et, en la rendant intelligente, elle apporte de nouveaux services aux agriculteurs.

 

Les capteurs vidéo permettent ainsi de reconnaître et de dénombrer les objets ou les êtres vivants observés : par exemple des insectes dans les serres de culture (voir encadré), ou des semences agricoles dans le but d’identifier la présence de variétés indésirables.

Les images satellites sont aussi exploitées depuis une dizaine d’années en agriculture de précision. En combinant différentes données recueillies par le satellite et des informations climatiques et agronomiques, ces outils numériques permettent d’optimiser l’apport local d’eau, d’engrais ou de produits phytosanitaires. Un bon moyen de concilier objectifs de rendement et respect de l’environnement. En France, ces services sont déjà utilisés par plus de 10 000 exploitants et sur 500 000 hectares. 

De tels outils d’imagerie numérique ont donc de bonnes chances d’être exploités puisque près de 80% des agriculteurs possèdent un ordinateur et 70% utiliseraient Internet d’après l’Insee  (alors qu’ils disposent moins souvent du haut débit que la moyenne nationale - soit 12 % de moins que l’ensemble des actifs). La greffe des technologies numériques a donc pris sur les métiers de l’agriculture. Et déjà plus du tiers des « agrinautes » sondés par La France Agricole utiliseraient le guidage par satellite pour les « travaux aux champs".

Prochaine étape ? Des drones d’observation au-dessus des champs ! La Communauté européenne les teste déjà pour procéder à des contrôles administratifs des déclarations faites pour obtenir des subventions.

Des insectes sous vidéo-surveillance intelligente

Des fourmis regardés à la loupe © Getty

A force de chercher la petite bête... on finit par la trouver. Pour observer les insectes, la vidéo-surveillance intelligente a de nombreux atouts. Des chercheurs d’Inria du projet Stars  
ont déjà prouvé que c’était possible avec des caméras raccordées à des ordinateurs, dans un environnement de serre.

« Une première difficulté provient de la taille des insectes, souvent inférieure au millimètre, en vue de déterminer leur espèce et leur nombre », souligne Sabine Moisan, chercheuse  dans l’équipe Stars  (Spatio-Temporal Activity Recognition Systems) spécialisée dans la vision intelligente  à Sophia Antipolis.

« La seconde difficulté dans ce type de recherche tient à la surface à surveiller : certaines serres peuvent couvrir 1 hectare », explique-t-elle « enfin, les plantes poussent et bougent, ce qui change constamment les conditions d’observation ».

Face à ces difficultés, la plupart des laboratoires de recherche mondiaux se sont concentrés sur la surveillance de pièges à insectes, disposés à bon escient. Des recherches qui pourraient être extrapolées à d’autres agresseurs des plantes, tels les champignons, dans le but de limiter le recours aux produits phyto-sanitaires...

Aujourd’hui, l’équipe Stars d’Inria concentre ses recherches sur l’analyse intelligente de scènes où interviennent des êtres humains  : la vidéo-surveillance des personnes dans le métro et celle des personnes âgées à domicile. Qu’il s’agisse de repérer un mouvement  d’une foule suspect, ou la chute d’une personne âgée, les caméras ont la même mission : détecter tout comportement anormal.

La compréhension de scène va au-delà de la simple reconnaissance d’éléments : elle doit extraire des informations qui fassent sens et cela dans un délai de l’ordre de la seconde (chute d’une personne) ou de longs mois (détection de comportements dépressifs). Contrainte supplémentaire : être capable, à terme, d’apprentissage autonome !

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