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Damien Dechambre - 4/03/2015

Maciej Krupa : « J’ai découvert un environnement qui permet de faire de la recherche fondamentale et appliquée. »

Portrait de Maciej Krupa ©Inria / Gilles Scagnelli Inria / Gilles Scagnelli

D’origine polonaise, passé par le Canada, les Etats-Unis ou encore les Pays-Bas, Maciej Krupa est un mathématicien spécialisé dans le domaine des mathématiques appliquées aux neurosciences. En 2012, il a rejoint Inria dans le cadre des tous premiers contrats « Advanced Research Positions » au sein de l’équipe Mycenae. Aujourd'hui membre de l'équipe-projet MathNeuro, il dresse un bilan de son expérience à l’institut.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Je suis d’origine polonaise. J’ai suivi des études de mathématiques à l’université de Varsovie. En 1982, je suis parti pour le Canada. Puis j’ai réalisé une thèse en mathématiques, spécialisée en systèmes dynamiques, à l’université de Houston sous la direction du professeur M. Golubitsky. Par la suite j’ai occupé des postes aux Etats-Unis, en Europe, essentiellement au sein d’universités. A partir du milieu des années 2000, j’ai commencé à collaborer avec des mathématiciens spécialisés en neurosciences, car les applications de ces recherches m’intéressaient beaucoup. Ainsi, entre 2008 et 2011, j’ai travaillé dans un institut de recherche spécialisé en neurosciences aux Pays-Bas, le Donders Institute. En 2012, j’ai rejoint l’équipe Mycenae du centre de recherche Inria Paris-Rocquencourt.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre Inria ?

Je cherchais une structure intermédiaire entre l’université et un institut très spécialisé en neurosciences pures comme celui où j’ai travaillé aux Pays-Bas. Inria était la solution parfaite pour moi. Ici il y a un environnement qui permet de faire de la recherche fondamentale et appliquée. De plus, nous travaillons au sein d’équipes multidisciplinaires, et c’est là un point essentiel car on ne peut pas tout connaitre tout seul. Ainsi, en additionnant les spécialités de chacun nous avons la possibilité de  monter des projets de recherches plus larges.

Quels sont vos sujets de recherche à l’institut ?

Je travaille sur l’analyse fine d’oscillations complexes qui surviennent dans des systèmes dynamiques avec plusieurs échelles de temps. Des exemples de telles oscillations sont les oscillations en salves (bursting oscillations) et les oscillations en mode mixte (mixed-mode oscillations). Elles sont bien adaptées pour représenter des dynamiques neuronales, qu’elles soient de type électrique, ionique ou sécrétoire, avec des retombées envisageables en neurosciences et neuroendocrinologie.

Vous avez été recruté sur un contrat d’ « Advanced research positions » pour apporter votre expérience et votre savoir-faire à l’institut. Comment cela s’est-il déroulé au sein de l’équipe Mycenae ?

J’ai apporté à Mycenae mon expertise de longue date sur l’analyse mathématique des systèmes dynamiques non-linéaires et en particulier les dynamiques lentes-rapides à plusieurs échelles de temps. Tout en continuant à étudier des questions de neuroscience mathématique, j’ai eu l’opportunité de déployer mon expertise sur des modèles développés en neuroendocrinologie mathématique, qui est une discipline à nombreuses facettes, dont l’étude des neurones endocrines (qui contrôlent les grandes fonctions physiologiques via les neuro-hormones qu’ils sécrètent). Dans Mycenae, j’ai pu interagir avec des scientifiques d’un profil différent du mien, par exemple avec une expertise numérique, en biomathématiques ou sur les dynamiques stochastiques. Mes principales contributions ont porté sur l’analyse des oscillations de type bursting oscillations, ainsi que d’un nouveau type d’oscillations, les mixed-mode bursting oscillations (combinant mixed-mode et bursting oscillations).

Par rapport à tout ce que vous avez connu durant votre longue carrière, qu’avez-vous trouvé, et apprécié de particulier à faire de la recherche en France ?

La France n’est pas tellement différente des autres pays européens. Mais elle dispose de plus d’instituts de recherche publique avec lesquels il est facile et naturel de collaborer. Ailleurs en Europe, la recherche se fait soit dans les universités, où dans le privé, avec un côté très appliquée. Il n’y a pas vraiment d’intermédiaires comme ici en France.

Mots-clés : Neuroendocrinologie Mycenae Neurosciences

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