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Françoise Monfort - 29/04/2011

L’informatique et les sciences du numérique bientôt enseignées au lycée

Robert Cabane

Robert Cabane est inspecteur général de Mathématiques à l’Education nationale, et animateur du groupe de travail qui a été mis en place pour coordonner la création des programmes d’informatique en terminale dispensés à la rentrée 2012. Alors que démarre la phase de déploiement dans les académies, Robert Cabane met en lumière, à la sortie du séminaire de Montpellier, l’importance de la collaboration avec l’Inria et ses centres régionaux.

En quoi consiste votre mission dans ce cadre ?

Robert Cabane : La mission que m’a confiée le ministre de l’Education nationale concerne les travaux de conception et d’organisation du futur enseignement des sciences du numérique au lycée. Comme nous manquons de références et de compétences dans ce domaine, j’ai établi un dialogue fort avec les universitaires dont nous avons besoin pour la formation des enseignants et la définition du contenu de cet enseignement. Ce dialogue se tisse de façon directe, ou par l’intermédiaire de l’Inria ou de la Société des personnels enseignants et chercheurs en informatique de France (SPECIF). J’anime des groupes de travail composés d’experts sous la présidence de Pascal Guitton, directeur de la recherche à l’Inria. Par ailleurs je pilote un ensemble de réflexions internes à l’Education nationale pour le repérage des futurs enseignants et des établissements appropriés où ces enseignements pourront être proposés pour la rentrée 2012 dans les classes de terminale, pour le bac 2013, selon le processus inclus dans la réforme des lycées.

Quel rôle l'Inria a-t-il dans la mise en place de cette option ?

© INRIA / Photo Jim Wallace  © Inria / Photo Jim Wallace

Robert Cabane : L’Inria offre une caution scientifique de premier ordre, ce qui a poussé le ministre à souhaiter sa participation dans cette opération. C’est une collaboration de haut niveau, disponible, efficace et de grande expertise. L’ancrage territorial de l’institut est précieux. Des partenariats existent déjà entre les académies et l’Inria, comme par exemple à Sophia-Antipolis grâce à l’action de Thierry Viéville. A Montpellier je suis en contact avec Christophe Godin qui est lui-même associé au Cirad. L’Inria Grand Est, à Nancy, a suivi depuis 2 ans des professeurs de lycées qui souhaitaient expérimenter l’enseignement de l’informatique, une opération conduite avec le soutien du directeur Karl Tombre. A Lille nous avons la même forme de collaboration avec le directeur du centre, Max Dauchet. La force de frappe de l’Inria a également son importance dans la partie conception d’outils documentaires. Deux équipes de concepteurs et de développeurs coordonnées par Thierry Viéville travaillent autour de la plateforme d'initiation à la programmation Javascool et autour du projet de plateforme documentaire interactive nommée "SIL:O!", en collaboration avec le CNDP (Centre national de documentation pédagogique) basé à Poitiers.

Les journées de Montpellier ont-elles fait avancer le projet?

Robert Cabane : Ce séminaire de 2 jours, les 6 et 7 avril, est pour moi un véritable succès car il a réuni des enseignants des académies de Montpellier et de Toulouse, des universitaires de Montpellier et de Perpignan ainsi que des représentants industriels du secteur, notamment Texas Instruments et IBM. Pour les enseignants que nous sommes, il est difficile de se repérer dans ce domaine particulièrement foisonnant : les types d’expertise sont variés et les secteurs d’activités, de recherche sont variés tout comme les besoins sur le marché de l’emploi… ce qui a engendré une table ronde très animée ! Les enseignants ont pu se faire une idée plus précise des différentes dimensions de l’informatique. Ils pourront ainsi dispenser d’ici un an et demi des enseignements plus contextualisés et intéressants pour les élèves. Le prochain contact se fera à Toulouse les 9 et 10 juin, 2 journées de colloque organisées avec l’IREM de Toulouse (Institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques), au cours desquelles je ferai une intervention sur l’évolution actuelle de ces 2 disciplines connexes: mathématiques et sciences informatiques.

Combien d’enseignants débuteront ces cours à la rentrée 2012-2013 ?

Robert Cabane : Un premier repérage évalue très grossièrement un chiffre de 1000 enseignants, c’est-à-dire que ces premiers cours toucheront entre 15 et 25 000 élèves selon l’implication des académies. Il y aura des formations plus ou moins simultanées ou échelonnées selon les académies et leurs moyens. L’académie de Versailles, par exemple, est très volontariste : on peut supposer que plus de la moitié des établissements proposeront cet enseignement. D'autres académies comme Grenoble, Montpellier, Strasbourg s'engagent sur les mêmes voies tout en s'adaptant aux spécificités locales.

Mots-clés : Lycée Terminal Enseignement Informatique Science informatiques

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