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Stratégie

Nathaly Mermet (*) - 30/10/2012

De l’éthique dans les technologies numériques

Portrait Max Dauchet © Inria / Photo J. Wallace  © Inria / Photo J. Wallace

La Commission de réflexion sur l'Ethique de la Recherche en sciences et technologies du Numérique (CERNA) sera portée sur les fonts baptismaux le 29 octobre prochain par l'Alliance des sciences et technologies du numérique (Allistene) . Aboutissement d’une réflexion lancée depuis 2011, le comité aura un rôle consultatif sur les questions éthiques touchant au monde numérique.

« L’objet de la commission d’éthique sera de statuer sur les sciences du numérique et non sur les usages du numérique  » rappelle Max Dauchet, président de la CERNA. Il s’agit donc de mener une réflexion éthique de fond sur les aspects scientifiques en amont de toute application et de créer du lien pour construire un réseau de réflexion. L’idée est véritablement de veiller à ce que la portée des outils de dissémination de l’information tels que le cloud computing  soit réfléchie et ce, dès la conception scientifique.

Nanotechnologies, biologie, informatique, sciences cognitives… force est de constater que de nombreuses problématiques éthiques sont à l’interface du numérique et du vivant. Parmi les sujets en commun : les robots d’assistance à la personne, les exosquelettes, les développements cerveau-machine, etc. Autant d’exemples qui laissent à penser que la CERNA et le Comité Consultatif National d’Ethique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) seront amenés à se concerter.

« L’approche des questions éthiques est fortement liée à la conception de la place de l’Homme dans son environnement » souligne Max Dauchet, citant l’exemple de pays très technophiles, tels que la Corée du Sud ou le Japon où la réflexion va jusque à la protection contre la maltraitance des robots (!). Aussi la CERNA souhaite t-elle s’ouvrir à l’international, sachant que généralement le vivant prédomine dans les préoccupations des comités d’éthique au niveau de l’Europe et que la réflexion sur la recherche numérique doit encore trouver sa place.  

La CERNA en bref

Composée d’une vingtaine de personnes (19 actuellement), la Commission de réflexion sur l'Ethique de la Recherche en sciences et technologies du Numérique réunit pour moitié des expertes et experts de leurs disciplines respectives s’intéressant à l’éthique, et pour moitié des professionnel.le.s extérieur.e.s : juristes, philosophes, sociologues, etc.

Conduites six fois par an à partir du 29 octobre, les réunions auront pour objectif de porter à l’ordre du jour les dossiers dont la CERNA se sera saisie (autosaisine) et ceux pour lesquels elle aura été saisie par Allistene . Les dossiers seront traités au sein de groupes de travail réunissant des membres de la CERNA et des personnalités extérieures. Le comité de coordination Allistene décidera le 26 octobre des trois premières saisines.

« Une page blanche va s’ouvrir le 29 octobre, avec des contours encore incertains, mais d’ici peu la nécessité d’une éthique des sciences et technologies du numérique apparaîtra aussi évidente à la société que l’est actuellement celle des sciences du vivant et de la santé  » analyse Max Dauchet.

Sur la feuille de route de la CERNA figure aussi une mission de préconisation de sujets de recherche afin de répondre à certains questionnements d’éthique numérique. Une vocation tout à la fois de veille, de surveillance, de suivi et d’anticipation, de pro-action. Au final, une volonté que la recherche intègre le souci éthique des contournements d’usage possibles de ses produits.

"Bio" express de Max Dauchet, président de la CERNA

Max Dauchet © INRIA Photo J. Wallace

Professeur émérite de l’université de Lille1, Max Dauchet est agrégé de mathématiques et docteur d’État en informatique et en mathématiques. Ses recherches amont (outils logiques et méthodes formelles pour la programmation, algorithmique) se sont ensuite diversifiées (bio-informatique) et orientées vers les applications (algorithmes de décision en temps réel). Il a dirigé 28 thèses et été membre de nombreux comités internationaux (60) dont 8 qu’il a créés et 12 qu’il a présidés. Après diverses responsabilités dans les ministères et au CNRS, il a intégré le conseil scientifique d’Inria, celui du Département mathématiques informatique de l’ENS Ulm, et a été membre du comité national des universités (CNU). Il a créé en 1982, et dirigé pendant 9 ans, le Laboratoire d’Informatique Fondamentale de Lille, associé au CNRS et maintenant à Inria. Plus récemment il a dirigé le centre de recherche Inria Lille - Nord Europe durant ses premières années d’existence.

Mots-clés : CERNA Ethique Allistène

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