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Communication & médias

Christophe Castro - 8/02/2012

Élections : tout comprendre d’un coup d’œil

Exemple de datavizualisation creative commons

A gauche de l’écran le Président Obama, et à droite son bilan. Ce découpage, les américains l’ont découvert sur le site consacré à l’état de l’union. Datavisualisation et datajournalisme vont jouer un rôle crucial pendant les élections, aux Etats-Unis et en France. Car comme le démontre un chercheur en sciences politiques Jason Reifler dans son étude Opening the Political Mind? , un graphique convainc mieux qu’un texte.

Avec l’open data et la diffusion de milliers de données publiques, la tendance aux Etats-Unis est d’appuyer ou contester un discours politique avec des graphiques explicatifs. En donnant même la possibilité d’envoyer à ses amis une carte postale (par email) montrant un graphique vantant les mérites d’un candidat. Cette tendance à appliquer le datajournalisme au politique ou à son analyse s’étend également à la France.  Pour exemple, la cartographie interactive de la blogosphère politique publiée par LeMonde.fr. Ou l’ouverture d’un site consacré au suivi des élections 2012, en partenariat avec l’AFP et le CFJ. Mais aussi l’appel fait aux candidats pour que soient publiées de nombreuses informations qui manquent aujourd’hui !

Les initiatives se multiplient pour développer les méthodes et les usages du datajournalisme.  Ainsi l’Université Bordeaux 3 vient d’ouvrir un module de recherche-enseignement dédié à cette discipline, alors que s’organisent les premiers Awards du genre, et qu’une première « bible » européenne est en cours de rédaction collective, mobilisant journalistes, informaticiens et designers..

Candidats aux présidentielles : leur cote en direct

Capture écran de l'application Bubble-t Bubble-t permet de visualiser des messages publics émis sur Twitter dès qu’ils mentionnent l’un des candidats.

De quel présidentiable les Français parlent-ils en ce moment-même ? Pour le savoir, le site Bubble-T propose une visualisation des messages publics émis sur Twitter dès qu’ils mentionnent l’un des candidats. Facile de voir qui fait le buzz : c’est celui qui a le plus de tweets (représentés par de petites bulles) dans sa colonne.

« Il nous a semblé intéressant d’élaborer une représentation simple et interactive, permettant de voir qui fait le buzz dans l’instant mais aussi sur des durées plus longues comme la journée ou la semaine », explique Romain Vuillemot, l’un des réalisateurs de cette visualisation et post-doctorant au sein de l'équipe de recherche Aviz d'Inria. Un vrai travail d’équipe qui aura également mobilisé Samuel Huron et Raphael Velt de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Georges Pompidou, et les moyens techniques du Fabelier.

Car Bubble-T est une réalisation originale, primée dans le  concours Google de Dataviz  en décembre 2011. « Le succès rencontré par Bubble-T nous a encouragés à poursuivre nos recherches dans la direction d’interfaces visuelles stimulantes, interactives et consultables avec un simple navigateur Internet. L’idée est d’inciter l’utilisateur à explorer les données, par visualisations et interactions successives afin de lui permettre de construire son propre point de vue.  Ce qui n’aurait pas été possible à partir de données brutes, trop nombreuses, ni même par les traitements automatiques qui prédéfinissent ce que l’utilisateur doit chercher - ce qu’il ne sait pas toujours », explique Romain Vuillemot, « sans oublier que le partage et les échanges de point de vue sur le web sont une source supplémentaire de connaissances  ».

De telles recherches prennent une importance grandissante, à mesure que les pages web publiées, les messages et connexions sociales sur Internet se multiplient !

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