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Informatique & sismologie

Cécile Michaut - 26/08/2011

Eduquer et alerter les plus vulnérables en cas de séismes

Modélisation d'un tremblement de terre - Magique 3D - © Inria / Photo Kaksonen

L’information en cas de catastrophe naturelle n’est pas toujours accessible aux personnes atteintes d’un handicap, ni aux personnes âgées. Le projet japonais Urakawa auquel participe Inria vise à développer des modes d’information spécifique pour ce public.

A Sendaï, les personnes âgées ont été les victimes les plus nombreuses du tsunami. Moins valides mais aussi moins bien informées : « Des études au Japon ont montré que la moitié des personnes ne sont pas informées des alertes ou n’appliquent pas correctement les consignes d’évacuation malgré la mise en place d’un système élaboré, souligne Nabil Layaïda, chercheur au centre Inria Grenoble Rhônes-Alpes. Le problème majeur est l’accessibilité de l’information : les résultats des exercices annuels ont montré que les personnes handicapés savent beaucoup moins que les autres ce qu’elles doivent faire, que ce soit lors de tsunamis ou en cas de glissements de terrain ou de séismes.  »

Pour améliorer l’efficacité des opérations d’évacuation, l’agence gouvernementale japonaise a collaboré avec Inria dans le cadre du projet Urakawa , du nom d’une ville de 20 000 habitants au nord du Japon, soumise à toutes les catastrophes naturelles et présentant une population dont la moyenne d’âge et le taux d’handicap sont très élevés. « Nous avons mis au point des formats de documents électroniques diffusables sur tous les supports (télévisions, radio, téléphones portable) et accessibles par des individus ayant des formes de handicap très variés afin que l’alerte et l’évacuation touchent le plus de personnes possibles » , indique Nabil Layaïda. Ces formats servent également à véhiculer les manuels de formation aux catastrophes naturelles qui sont adaptables à chaque type de handicap et à chaque individu (routes d’évacuations adaptées au lieu de résidence, à la localisation, au handicap et parcours d’évacuation ajustés selon les facultés de chacun).

Le résultat de cette collaboration a permis d’adapter des standards de documents multimédia du W3C comme SMIL et de les combiner avec d’autres formats liés à l’accessibilité comme ceux élaborés par le consortium DAISY pour couvrir les besoins d’alertes et de formation aux catastrophes. Pour rappel, le format SMIL, permet de combiner textes, sons et vidéos. Il est aujourd’hui utilisé comme format pour les MMS (Multimedia Messaging Service) permettant de transmettre des messages contenant des textes, photos, vidéos ou fichier sonores sur les téléphones portables. Lors des événements récents au Japon, ce projet pilote s’est révélé particulièrement efficace. Le gouvernement japonais songe aujourd’hui à étendre ce système à d’autres villes.

Mots-clés : Séismes Prévention Risques Alertes Visualisation 3D Modélisation Urakawa W3C Nabil Layaïda

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