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Création d'entreprises

Dircom - 26/11/2014

Focus sur trois histoires de déclics d'entrepreneurs

À l’occasion de ses « 30 ans de création d’entreprises », Inria vous propose de partir à la rencontre de celles et ceux qui ont créé ces entreprises, de découvrir les différentes facettes de leurs aventures d’entrepreneurs ainsi que les différents acteurs ou partenaires qui les ont accompagné. Un feuilleton de plusieurs mois commence... Rendez-vous aujourd’hui avec trois PDG de start-up Inria, chercheurs ou ingénieurs, qui témoignent de leur plongée dans l’entrepreneuriat.

Chahab Nastar, cofondateur et ex-président de LTU Technologies (1999) 

Chahab Nastar - Cofondateur et ex-président de LTU Technologies

J'ai fait mon stage de fin d'études d'école d'ingénieurs en 1991 puis ma thèse chez Inria dans l'équipe Épidaure (désormais Asclepios) dirigée par Nicholas Ayache qui s’intéressait à l’analyse des images médicales. Non seulement le sujet m’a passionné mais il y avait la finalité essentielle derrière d'aider la médecine, une vraie mission de service public à but sociétal.

J'ai soutenu ma thèse en 1994 et je suis parti en post-doc au MIT ; m'éloignant du monde médical, je me suis intéressé à la reconnaissance du visage qui est aujourd'hui omniprésente dans les applications, sur les appareils photos et les smartphones... je suis rentré en tant que chargé de recherche chez Inria en 1995. Mon projet de recherche s’articulait autour de l’analyse d’images en intégrant la dimension du web. J'ai assez rapidement proposé de monter une équipe-projet qui est devenue Imedia.

Une vraie mission de service public à but sociétal

J'ai un profil pragmatique : nos recherches étaient intégrées à un démonstrateur avec une interface graphique qui ressemblait quasiment à un produit fini. En allant dans des conférences internationales, je me suis rendu compte que nous étions très bien positionnés par rapport aux équipes internationales. Cela m'a donné confiance, et au gré des rencontres, une idée de création d'entreprise a germé. C'était les prémices d'Inria-Transfert ; je pouvais en plus bénéficier des dispositions Allègre qui permettaient à un chercheur Inria de rester dans son équipe et d'être actionnaire minoritaire d'une société. Et Jean-Marie Hullot, un ancien Inria qui avait travaillé avec Steve Jobs, m'a convaincu de choisir définitivement l’entreprenariat, et de quitter Inria pour diriger la société.

Stéphane Donikian, PDG de Golaem (2008)

Stéphane Donikian - Pdg de Goalem

Après ma thèse, j'imaginais faire une carrière scientifique classique. Depuis 1994, mon sujet de recherche était la modélisation et la simulation du comportement humain : au départ, l'application était essentiellement de la simulation des comportements des conducteurs de véhicules. Par la suite, j'ai élargi mon sujet de recherche à la simulation de n'importe quel type d’activité humaine et sont arrivés différents projets collaboratifs avec des industriels dont la SNCF.

Je voulais que les recherches ne restent pas des produits de laboratoire, qu'elles puissent servir dans la société réelle

Certains industriels voulaient un accès à nos technologies : au départ, j'ai cherché un partenariat avec un éditeur de logiciels pour essayer de transférer la technologie mais la proposition que l'on a eue n'était pas acceptable : ceux qui faisaient partie du laboratoire n'auraient plus eu le droit de travailler sur le sujet en question. Nous avons donc commencé à réfléchir à la possibilité de créer nous-mêmes une entité qui valorise ces activités de recherche. On a donc creusé la piste de création de start-up : l’entrepreneuriat était pour moi un aboutissement du projet technologique. Je voulais que les recherches ne restent pas des produits de laboratoire et qu'elles puissent servir dans la société réelle.

David Loureiro, PDG de Sysfera (2010) 

David Loureiro - Pdg de Sysfera

J'ai une formation en mathématiques appliquées : à la fin de mon stage de fin d'études, j'ai été intégré à l’équipe GRAAL d’Inria-Lyon en 2007 créée notamment par Frédéric Desprez. Nous travaillions sur un outil logiciel qui permettait aux chercheurs de réaliser des expérimentations autour des algorithmes d'ordonnancement de tâches informatiques, de calculs, sur internet ou sur des réseaux. J'ai travaillé pendant deux ans autour du logiciel DIET, ses interfaces web et ses interfaces lourdes qui permettaient une simplification d'utilisation.

Tout est parti d'une véritable rencontre

En 2007, l'équipe a été impliquée dans le Décrypthon, un projet informatique en lien avec le Téléthon qui avait été monté par l'AFM, le CNRS et IBM. Ils avaient lancé un appel à logiciel auquel l’équipe avait répondu ; elle avait été sélectionnée pour intégrer DIET afin de rendre accessible aux généticiens une infrastructure de simulation (comparaisons de gènes, séquençages, analyses des données...). C'est cet usage, cette production avec une certaine qualité de service à fournir, qui nous a fait penser à une éventuelle création d'entreprise.

En tant que scientifique, je n'avais pas eu l'idée de l'entrepreneuriat : mais, en 2008, mon contrat se termine, je rentre d'un entretien à Clermont-Ferrand chez Michelin ; Frédéric Desprez et Eddy Caron m'ont proposé de créer Sysfera avec eux. J'avais à peine vingt-cinq ans, je ne me rendais pas forcément compte de ce que cela impliquait, mais tout est parti d'une véritable rencontre avec ces deux instigateurs de DIET.

Mots-clés : Création entreprise

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