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Culture scientifique

Camille Liewieg - 7/07/2009

La récompense : une étincelle dans leurs yeux

Thierry Vieville © inria / Photo C. Lebedinsky  Thierry Vieville © inria / Photo C. Lebedinsky

L’UNESCO a accueilli le 24 juin 2009 le concours « Faîtes de la science » dans ses locaux parisiens. Pendant une journée, des collégiens et des lycéens ont présenté une expérience scientifique à un jury composé de chercheurs, de professeurs, d'enseignants et de passionnés de science. Partenaire du concours, l'Inria était au rendez-vous, notamment par la présence d'un de ses chercheurs, Thierry Vieville, jury d'un jour.

Entretien avec Thierry Vieville, chercheur Inria, également en charge de la culture scientifique au centre de recherche de Sophia Antipolis.

Inria : En quoi consiste le concours "Faîtes de la science" ?

Thierry Vieville :  C'est une manifestation de médiation scientifique. Des élèves de collèges et de lycées préparent en équipe une expérience scientifique avec l’aide de leurs professeurs et parfois avec celle d’un chercheur. Les universités animent le concours au niveau régional. Cette année, près de 200 élèves, soit 25 expériences, ont gagné leur ticket d'entrée pour la phase finale du concours : la session nationale qui se joue ce 24 juin. Mini éoliennes, tubes à essais, cultures de bactéries, maquettes, logiciels… On se croirait sur le plateau d'une émission comme "C’est pas sorcier" ou "E=M6". Pendant une journée, les jeunes spectateurs sont devenus des animateurs de culture scientifique.

Vous êtes membre du jury, comment évaluez-vous les expériences ?

Thierry Vieville :  Une grille de critères permet d'évaluer le plus objectivement ces travaux. Cela va de la qualité du contenu et de la démarche scientifique à la présentation en elle-même et son originalité . Ensuite, on regarde comment les élèves se sont appropriés la problématique scientifique, au delà de ce qu'ils présentent à travers leurs expériences. La plupart du temps, on est étonné de leur culture et de leur niveau de connaissance. Nous avons aussi plein d'admiration devant l'aspect collectif de la démarche : ce ne sont pas quelques têtes de classes qui se trouvent devant nous, mais bien des citoyens de demain, prêts à intégrer ce que les sciences et les innovations peuvent leur apporter.

En tant que chercheur, que retenez-vous de ce type d'événement ?

Thierry Vieville :  J'ai eu l'impression d'avoir participer à un festin scientifique. La passion qui anime ces jeunes lors de leur présentation est fantastique. Ils s’éclatent vraiment à parler de science ! Gilles Kahn, notre si grand collègue qui fut le premier informaticien à rentrer à l'académie des sciences, parlait d’étincelles dans les yeux des enfants. Nous avons eu la chance d'en voir aujourd'hui dans les yeux de ces chercheurs en herbe. Tout au long de l'année, nous sommes nombreux à aller dans les classes nous mettre au service des enseignants pour faire partager aux élèves notre passion des sciences. C'est lorsque cette étincelle apparait dans le regard des élèves que nous sommes récompensés.

"Trois expériences scientifiques étincelantes"

La déforestation accidentelle

Du carton, du polystyrène, des pailles, un ventilateur et la tempête qui balaya les forêts françaises en 1999 devient réalité. Une expérience simple, menée avec la rigueur d'une simulation informatique, qui a permis aux élèves du lycée Jean Monnet de Saint-Etienne de modéliser modéliser l'action d'une tempête sur les arbres d'une forêt : comprendre pourquoi un type d'arbres tombe-t-il plus qu'un autre, ou comment réagissent les arbres face à des vents violents. Par ailleurs, des statistiques réalisées par ces jeunes ont fourni des estimations aussi précises que celles relevées sur le terrain par l'Office national des forêts, dixit un de ses agents, interrogé dans le cadre de l'expérience.

Le taquin

Connaissez-vous le taquin ? Il s'agit d'un jeu où vous glissez les pièces d'un puzzle pour former une image. Huit étudiantes du lycée d'altitude d'Aix-Marseille se sont intéressés à ce jeu pour en découvrir les mystères. Un en particulier : si on permute des pièces, peut-on retrouver la configuration de départ en les faisant glisser ? Par des raisonnements mathématiques complexes, elles ont redécouvert le secret de ce jeu : un nombre de permutation pair, et le taquin reste le même. Un nombre impair, le taquin est différent.

La serre autonome en ressources

Depuis le calcul de la surface de toiture nécessaire à l'irrigation, jusqu'à la conception d'un cahier des charges réaliste, tout le collège du Marais Poitevin a mis la main à la pâte pour fabriquer une vraie serre, autonome en énergie et en eau, au coeur du collège. Les plantes y poussent toutes seules, sans autres ressources que celles recueillies par les automates développés par les élèves. Mathématiques, biologie et technologies, le jury a été séduit par l'aspect multidisciplinaire du projet. A la rentrée prochaine, elle accueillera les graines des futures plantes qui orneront les pare-terres fleuris de la ville !

Mots-clés : Thierry Vieville Culture numérique

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