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Conférence internationale

Françoise Breton - 19/08/2011

Retour sur la conférence ''Computer-Human Interaction'' 2011

Emmanuel Pietriga, responsable par interim de l’équipe In-Situ et président du chapitre parisien SIGCHI Emmanuel Pietriga

La conférence "Computer-Human Interaction 2011" s'est tenue à Vancouver en mai dernier. Découvrez les enjeux de cette manifestation dans l'interview d'Emmanuel Pietriga, responsable par intérim de l’équipe In-Situ et président du chapitre parisien SIGCHI (Special Interest Group on Computer-Human Interaction) .

Que représente la conférence "Computer-Human Interaction" dans ce domaine de recherche ?

Emmanuel Pietriga :  CHI (Computer-Human Interaction) est la conférence internationale de référence du domaine. Créée en 1982, elle a connu une croissance de 10% par an au cours de la dernière décennie et est aujourd’hui la 4e ou 5e conférence en termes d’audience organisée par l’ACM (Association for Computing Machinery) et la 1ère en nombre d’articles présentés.

Quelle a été la participation des chercheurs français lors de cette conférence ?

Emmanuel Pietriga : La participation française en nombre et en qualité a suivi la même évolution, passant de deux ou trois articles présentés au mieux il y a dix ans à une dizaine cette année, dont sept publications auxquelles contribue Inria. C’est réellement une percée car, pour donner une idée, cela équivaut à la participation de grandes universités comme Stanford. Le grand leader du domaine, Microsoft Research , pour qui l’IHM est un enjeu stratégique primordial, en présente 20 par an. De plus, un travail de notre équipe a été récompensé par un best paper award , ce qui le situe dans le 1% des meilleurs papiers soumis (sur 1532) et un autre de l’équipe Mint a reçu une mention honorable c’est-à-dire qu’il est dans les nommés (dans les 5% des meilleurs papiers). Dans les deux cas, cela assure aux travaux une plus grande visibilité car la conférence est très riche et il n’est pas possible de tout voir.

Existe-t-il une spécialité française ?

Emmanuel Pietriga : Non, les chercheurs français couvrent assez largement le spectre des recherches en IHM qui va de la conception et de l’évaluation de nouvelles techniques d’interaction et de visualisation au génie logiciel mais couvre aussi des aspects "interfaces de travail collaboratif" et méthodes de conception d'interfaces telles que la conception participative qui implique les utilisateurs finaux très en amont dans le processus.

Quelles sont les nouvelles tendances cette année ?

Emmanuel Pietriga : Plutôt la confirmation de tendances déjà apparentes l’année dernière, notamment pour des dispositifs d’interaction vraiment innovants avec les surfaces tactiles, de type iPad, tablettes Androïd ou bien les très grands écrans haute résolution (sols ou murs). Pour donner une idée plus concrète des innovations présentées à CHI mais aussi à UIST, une autre manifestation de haut niveau dans le domaine à laquelle les chercheurs d'Inria participent régulièrement, une sélection de vidéos est proposée au centre Georges Pompidou le 7 juillet dans l’espace Piazza dans le cadre du chapitre parisien de SIGCHI.

Manipuler des objets 3D sur des surfaces tactiles avec tBox

Martin Hachet, équipe Iparla

L’avènement des surfaces tactiles multipoints ouvre un large champ d’exploration pour créer de nouvelles manières d’interagir avec des données. Martin Hachet  et ses collègues de l’équipe Iparla, ont présenté à CHI 2011 une contribution originale à ce domaine en exposant une technologie permettant la manipulation d’objets en 3D, un thème encore peu investi par les chercheurs. «  Nous nous sommes inspirés des widgets utilisés en informatique graphique en les adaptant à une gestuelle appropriée aux surfaces tactiles. Ainsi, contrairement à d’autres approches qui privilégient le contact direct avec l’objet, nous avons opté pour une dissociation des opérations en passant par un widget de transformation, tBox, qui assure une meilleure précision des opérations effectuées.  » Cette sorte de boîte, sur laquelle agit l’utilisateur, entoure l’objet et en est solidaire.

Toute la difficulté est d’identifier des gestes simples en 2D pour effectuer un nombre important de manipulations à partir d’actions sur la boîte (rotation, translation, changement d’échelle, etc.). « Notre but est de rendre les applications 3D interactives accessibles au plus grand nombre. Nous avons donc réalisé des expériences pour identifier les gestes que des personnes non initiées effectueraient spontanément pour effectuer ce type de manipulations. Nous  avons ensuite développé les algorithmes qui permettent de les détecter, et les avons testés sur des utilisateurs novices. Nous allons aussi pouvoir les évaluer plus largement sur le grand public grâce à notre collaboration avec Cap Sciences, un des partenaires du projet ANR InSTInCT au sein duquel ce travail a été réalisé.  »

La prochaine étape porte sur une version stéréoscopique de ce travail grâce à un système immersif innovant qui a été conçu par Iparla et Immersion, et qui sera présenté cet été à Siggraph.

Mots-clés : Interfaces Interaction homme-machine CHI Emmanuel Pietriga Martin Hachet IPARLA

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