Sites Inria

Culture numérique

Françoise Breton - Technoscope - 9/09/2013

Première année de spécialité ISN au lycée : quel bilan ?

Un groupe d'adolescents entoure un adulte qui fait une démonstration © Inria

Depuis plus de cinq ans, Inria promeut l’introduction de l’informatique à l’école comme discipline et non simplement comme outil éducatif. Un engagement qui a porté ses fruits avec, en 2012, le lancement de la première année où la spécialité informatique et sciences du numérique (ISN) a été proposée aux élèves de Terminale S. Quel bilan en font professeurs et élèves en cette nouvelle rentrée ? Témoignages de quelques uns d’entre eux dans les académies de Nice, Rouen et Versailles.

L'option a trouvé son public

« Avec 10 000 élèves inscrits en 2012 dans les 752 établissements qui ont proposé l’option ISN (30% des lycées) on peut dire que c’est un succès, note Laurent Chéno , inspecteur général de mathématiques à l’Éducation nationale, chargé de mission informatique. Cela correspond bon an mal an à ce qui était attendu, avec, malheureusement, une proportion réduite de filles puisqu’elles ne sont que 2000 à avoir fait ce choix. » Ce déséquilibre pourrait s’expliquer, mais en partie seulement, par l’attraction que cette nouvelle spécialité a eu pour les élèves de la filière sciences de l’ingénieur (S-SI) qui est elle-même très masculine. « La spécialité ISN a vraiment trouvé un public chez les élèves de S-SI, souligne Laurent Chéno. Plus de la moitié des élèves qui choisissaient de ne pas prendre d’option (une possibilité dans cette filière) ont choisi l’ISN en 2012. Chez les élèves de S-SVT, le choix de l’ISN s’est naturellement fait au détriment des autres spécialités, en premier lieu la physique. Nous saurons bientôt si ces tendances se maintiennent cette année. »

Des profils inattendus

Les motivations de ces élèves sont très diverses, du geek à celui qui n’était séduit par aucune autre option, mais tous ont bien réussi. « L’ISN a eu du succès chez nous , explique Abdelkrim Djebali , professeur en sciences de l’ingénieur et d’ISN au lycée Maurice Janetti, à Saint Maximin la Sainte Baume, car les élèves de SI peuvent l’utiliser dans leur projet de Terminale ; beaucoup également sont venus par curiosité, pour mieux connaître cet outil qu’ils utilisent tout le temps. » Sur 18 élèves (dont une fille), deux ont poursuivi dans cette voie, « non par changement total de vocation , estime le professeur, mais plutôt parce que le cours a été un révélateur de quelque chose de latent et pas encore exprimé. »

Au lycée Raymond Queneau, à Yvetot, en Seine Maritime, c’est un paysage un peu différent mais tout aussi masculin avec un effectif de 5 garçons. « Mais nous avons 10 élèves cette année dont 4 filles et certains élèves de seconde sont déjà motivés » tempère Ghislaine Mesnil , professeur de mathématiques et d’ISN dans ce lycée. Là encore des curieux mais aussi des élèves qui se destinaient à l’informatique et faisaient de l’autoformation, notamment en suivant les tutoriels du Site du zéro. « J’avais peur que les élèves qui savent déjà programmer s’ennuient, mais on leur apporte quelque chose de plus structuré, une démarche ainsi qu’une ouverture sur sur la programmation, le WEB, les composants, les réseaux... tout en fait ! » souligne-t-elle.

Certains lycées ont accueilli des élèves aux motivations plus variées : « J’avais 16 élèves dans mon cours dont 6 filles et aussi des profils auxquels je ne m’attendais pas , confie Elisabeth Blond , professeur de maths et d’ISN au lycée François Rabelais de Meudon. Trois de mes élèves se destinaient à des études d’art et un autre à l’architecture… » Un recrutement qu’elle attribue à son insistance, lors de sa présentation de la spécialité aux élèves de première, sur le fait que « la discipline étant nouvelle, personne ne peut avoir de lacune ! » Une sorte de mise à zéro du compteur qui arrive au bout des réticences et des peurs de ne pas réussir. « Ils sont tous très contents de leur option. Pour certains cela a même été une révélation, comme cet élève qui s’est inscrit en IUT maths-informatique, et une autre en informatique et biologie ». Cette année, un second professeur d’ISN sera présent et il est enseignant en histoire-géo. « Nous affichons vraiment l’image d’une discipline qui n’est pas un domaine réservé ! » se réjouit Elisabeth Blond.

Le travail en groupe, un véritable atout

La discipline n’est pas seule à l’origine de la satisfaction des élèves. Le travail par projet les a aussi séduits car il se démarque du fonctionnement habituel de l’école et les valorise en leur montrant qu’ils sont capables de réaliser quelque chose qui fonctionne. Ce n’est donc peut-être pas une surprise si les élèves qui ont travaillé en groupe de 5 — une exception dans un cadre où il s’agissait plutôt de groupes de 3 maximum — sont ceux qui s’étendent le plus sur cet aspect du cours : « A cinq c’est vraiment différent , développe Quentin du lycée Raymond Queneau, l’aspect répartition des tâches, coordination et respect des délais est plus important. C’était un véritable travail en équipe comme en entreprise ! ».

Mots-clés : Lycée Enseignement informatique et sciences du numérique ISN

Haut de page