Domaines de recherche
Actions exploratoires : défricher de nouvelles voies de recherche
Les actions exploratoires visent à susciter l’émergence de nouvelles thématiques de recherche. Elles donnent à des scientifiques les moyens de tester des idées originales. Ce galop d’essai peut se prolonger ensuite dans la création d’une véritable équipe-projet Inria. Présentations des actions exploratoires mises en place pour Inria.
Les actions exploratoires sont l’occasion de faire confiance à l’intuition des chercheurs. Grâce à ce dispositif, Inria mobilise des moyens sur quelques sujets très novateurs, à risque et en rupture par rapport aux approches traditionnelles de l’institut. Il donne le moyen d’approfondir un sujet et d’en prouver la pertinence scientifique : une étape indispensable avant de lancer la création d’une équipe-projet. Il peut s’agir également d’explorer des thématiques inhabituelles et marginales pour l’Inria, comme des sujets touchant aux sciences sociales ou au domaine juridique.C’est le cas des projets LICIT et STEEP, en cours.
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Les actions exploratoires sont l’occasion de faire confiance à l’intuition des chercheurs
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Les actions exploratoires sont l’occasion de faire confiance à l’intuition des chercheurs. Le projet, financé pendant deux ans, est porté par un chercheur fortement impliqué, entouré d’un nombre restreint de co-équipiers. L’organisation est souple, son évaluation aussi. Les résultats sont présentés au cours d’une journée ouverte à un large public.Les premières actions exploratoires FLOWERS et NANO-D vont se concrétiser en équipe-projets. Pierre-Yves Oudeyer, responsable de Flowers, a par ailleurs été distingué par le conseil européen de la recherche et percevra une bourse de 2 millions d’euros pendant 5 ans pour lancer son projet. Stéphane Redon, responsable de Nano-D, a quant à lui été présélectionné dans ce même cadre, preuve de la qualité de son projet.
FLOWERS : L’apprentissage des bébés robots
Un robot peut-il apprendre comme un bébé et explorer le monde qui l’entoure sans avoir été programmé par un ingénieur ? C’est cet étonnant paradigme qu’explore une équipe Inria Bordeaux Sud-Ouest. Sans imiter l’intelligence humaine comme le préconise l’intelligence artificielle, ces chercheurs en robotique comportementale et sociale tentent de créer un dispositif capable d’apprendre et de se développer par lui-même, comme le fait un enfant.
Les psychologues du développement ont décrypté la logique de ces processus complexes, basés sur l’exploration spontanée. Implémenter une telle fonction de curiosité dans le 'cerveau' des robots leur permettrait d’apprendre par eux-mêmes. L’équipe a déjà mis ce concept à l’épreuve. Elle entreprend désormais de coupler cet apprentissage du corps et de l’espace avec celui du langage, ouvrant ainsi la voie à une interaction sociale autonome des robots avec les hommes. De tels robots seraient plus robustes pour faire face à des espaces et à des situations inconnus. Ils permettraient aussi de tester la pertinence des théories des psychologues.
LICIT : Une conception éthique de l’informatique
L’informatique est partout ! Dans bon nombre d’appareils, des machines à laver aux avions, dans des puces RFID qui contrôle l'accès à des bâtiments, pour verrouiller les voitures, dans les usages d’Internet bien sûr, mais aussi dans les cartes de transport, les passeports biométriques ou la vidéosurveillance. Comment protéger les libertés collectives et individuelles face à cette déferlante de nouveaux services et usages des technologies de l’information ?
Une équipe Inria Grenoble Rhône-Alpes a décidé de relever ce défi en ouvrant un nouveau champ de recherche : l’intégration de critères légaux et éthiques dans la conception des systèmes informatiques. Avec des juristes, ils revisitent les principes de la protection de la vie privée et inventent le cadre formel d’une infrastructure de protection des données. Ils proposent aussi des méthodes pour définir les responsabilités juridiques en matière de logiciels.
NANO-D : Des maquettes virtuelles à l’échelle des atomes
Beaucoup d’objets manufacturés, des voitures aux avions, sont conçus et testés par ordinateur. A la clé : des avantages indéniables en termes de coûts et de délais de fabrication. L’idée de ces chercheurs Inria Grenoble - Rhône-Alpes est de concevoir des méthodes algorithmiques efficaces pour faire de même à l’échelle des atomes. Pourquoi ? Pour modéliser et simuler des systèmes nanométriques complexes. Que ce soit des nano-systèmes naturels comme les protéines ou artificiels comme des structures mécaniques miniatures.
Le problème est ardu compte tenu du grand nombre d’atomes en jeu mais aussi de la durée et de la complexité des phénomènes à simuler. Autant de verrous qui rendent ces simulations trop coûteuses. Disposer de méthodes efficaces devient alors très interressant. Les chercheurs développent en particulier de nouvelles approches adaptatives qui concentrent automatiquement les moyens de calcul sur les parties les plus pertinentes des nano-systèmes étudiés.
STEEP : Modéliser le développement durable
Arbitrer la construction d’un barrage, estimer l’impact d’un projet d’urbanisation, choisir une technologie de traitement de déchets : autant de choix technologiques qui auront des répercussions en matière de développement durable. Or les collectivités locales, des communautés de communes aux régions, manquent cruellement d’outils pour faire ces choix.
Pour y remédier, des chercheurs Inria Grenoble Rhône-Alpes explorent deux nouveaux types d’outils d’aide à la décision. Le premier simule ces systèmes complexes où de nombreux facteurs interagissent, notamment des facteurs humains. Objectif : anticiper les impacts de ces choix politiques sur la biodiversité et les ressources locales… y compris de façon prospective en fonction de scénarios climatiques ou d’évolutions économiques globales. Le deuxième outil développé vise à optimiser les choix en termes de coûts tant du point de vue économique qu’environnemental ou sociétal.
Mots-clés : Interaction homme-machine Intelligence artificielle Robotique Climat Développement durable Biodiversité Nano-systèmes
Contacts
Les responsables des équipes-projet
- Pierre-Yves Oudeyer, responsable de l'équipe-projet FLOWERS
- Daniel.Le-Metayer, responsable de l'équipe-projet LICIT
- Stephane Redon, responsable de l'équipe-projet NANO-D
- Emmanuel Prados, responsable de l'équipe-projet STEEP
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