Partenariats

Structurer les recherches en amont avec les industriels

© INRIA - Photo C. Tourniaire

Inria instaure des collaborations étroites sur le long terme avec de grands groupes industriels. Ces partenariats mêlent objectifs de recherche et intérêts industriels. Ils permettent de confronter les chercheurs Inria aux enjeux industriels majeurs du moment et ainsi de créer des relations pérennes avec un partenaire issu du monde économique.

Les partenariats industriels sont des atouts majeurs pour l'institut. Un programme de recherche est élaboré conjointement pour Inria et son partenaire industriel, sur la base des thématiques prioritaires de l’industriel. Des projets de recherche, s'inscrivant dans ce programme, sont ensuite construits par les équipes d'Inria et du partenaire.

Google : inventer les services web de demain

Google et Inria ont signé une convention de partenariat dont l'objet est de renforcer la coopération en matière de recherche via des réponses ciblées d'Inria aux appels à projets lancés par Google, notamment les Research Awards, les Focused Awards et le programme PhD Fellowship. La coopération porte actuellement sur six priorités thématiques :

  • Multi-media search and audio/video processing
  • Data mining (Information retrieval, extraction, and organization)
  • Machine Learning
  • Privacy
  • Open source standards fitting cultural formats, semantics and representations
  • Public data sets

Cinq équipes Inria ont reçu un Research Awards entre 2009 et 2012 et sont d'ores et déjà impliquées dans la collaboration :

  • Regal sur les réseaux Peer-to-peer
  • Mescal sur le calcul parallèle
  • Aviz sur l'analyse et la représentation virtuelles
  • Willow sur l'apprentissage d'annotations videos à partir de scripts de films
  • Sierra sur le Machine Learning adaptatif à large spectre

Un Focused Award a été attribué à l'équipe ASAP en 2013, et des discussions avancées et idées de projets se nouent également avec d'autres équipes :

  • dans le domaine Perception / Cognition / Interaction : Gravite, Oak, Texmex, Metiss, Wimmics, Mostrare, Orpailleur, Lear, Cidre
  • dans le domaine Réseaux / Systèmes & Services / Calcul distribué : Score, Privatics
  • et dans le domaine Mathématiques Appliquées / Calcul & Simulation : Alea, Sequel

Alcatel-Lucent : les futurs réseaux de communication

Après une dizaine d’années de collaboration, Inria crée en 2008 avec Alcatel-Lucent un laboratoire commun virtuel pour la conception des réseaux de communication du futur capables de supporter l’Internet du futur. Les thématiques sont décidées en commun et les efforts de recherche répartis. Trois projets de recherche ont été définis : la gestion optimisée des réseaux, les réseaux sans fil auto-organisés et les réseaux sémantiques. Une quinzaine d’équipes originaires des 5 centres Inria sont mobilisées sur ces trois projets. Ces relations fructueuses permettent qui plus est aux partenaires de répondre ensemble à des appels d’offre, comme celui d'Univerself, projet du 7ème PCRD européen, ou le projet ANR Ecocell.

Entretien avec Jean-Luc Beylat

Quels sont les enjeux de la collaboration entre Inria et Alcatel Lucent Bell Labs France ? Rencontre avec Jean-Luc Beylat, président d’Alcatel Lucent Bell Labs France. 

Pouvez-vous nous raconter la genèse de la collaboration entre Alcatel-Lucent et Inria ?

Jean-Luc Beylat : C’est mon prédécesseur qui a formalisé le partenariat en juillet 2008 (et pour 4 ans) mais finalement la rencontre entre Inria et Alcatel Lucent coulait de source. De par la proximité de nos activités bien sûr mais aussi de par l’historique de nos collaborations antérieures. En effet, les équipes de recherche et notamment Olivier Audoin, directeur opérationnel du laboratoire commun et Albert Benveniste, directeur scientifique avaient déjà travaillé à la fin des années 90 sur des sujets sur la propagation optique. Puis le besoin d’une plus grande synergie s’est imposé au moment où Alcatel Lucent souhaitait avoir une vue à plus long terme sur son offre,  perspective que pouvait lui offrir le travail issu de la Recherche Publique.

Quels sont les différents points de rencontre entre Alcatel-Lucent et Inria ?

Jean-Luc Beylat : Le laboratoire commun est un socle important qui irrigue tout un écosystème d’autres initiatives que nous avons ensemble : la présence conjointe au sein du bureau exécutif du pôle System@tic, notre investissement commun dans ICT Labs,  le consortium Green Touch initié par Alcatel Lucent et que l'institut a rejoint tout de suite, l'Initiative services mobiles portée pour Inria qu'Alcatel Lucent soutient, et encore le laboratoire en devenir baptisé LINCS qui sera constitué de chercheurs de renom et de partenaires industriels importants pour construire l’Internet de demain.Tout cela forme un écosystème qui donne du sens et nourrit notre partenariat.

Quelle est selon vous la spécificité apportée par Inria ?

Jean-Luc Beylat : J’en vois plusieurs. Tout d’abord la focalisation des objets de recherche dont on perçoit bien le contour ; le périmètre du projet est lisible et c’est indispensable face aux enjeux économiques et industriels de notre secteur.Ensuite l’excellence dans la recherche d’Inria et des Bell Labs. Dans nos partenariats, nous avons privilégié la qualité des équipes à la quantité. Et enfin, le support du management d’Inria : l’impulsion et la volonté affichées par Michel Cosnard de faire avancer nos projets, d’aboutir à du concret, ainsi que la motivation des équipes rend la collaboration plus efficace ; nous avons des objectifs et des intérêts convergents, c’est stimulant pour les deux parties.

Pouvez-vous nous faire partager les résultats du laboratoire commun ?

Jean-Luc Beylat : Il y a une production commune fructueuse en matière de résultats de recherche, de publications, de dépôts de brevets. Le rendement scientifique est donc très satisfaisant. L’impact sur l’innovation d’Alcatel-Lucent aussi puisque ce laboratoire commun a joué un rôle important dans la définition des nouveaux mécanismes d’autonomie des réseaux optiques que nous avons lancés cette année.

Quelles sont vos attentes désormais ? Vos objectifs ?

Jean-Luc Beylat : Les réseaux de télécoms évoluant de plus en plus vite, nous avons besoin d’y apporter de plus en plus de capacité et d’intelligence ;  en l’occurrence cette intelligence va porter sur des autodiagnostics et une automatisation des réseaux qui peut progresser grâce aux algorithmes développés par Inria.Notre vision à plus long terme porte sur l’évolution des réseaux mobiles.Et enfin de manière plus prospective, nous allons travailler à la dimension sécurité, dont les enjeux seront de plus en plus forts.

Quels sont les sujets incontournables à venir ?

Jean-Luc Beylat : Alcatel-Lucent, avec le programme Green Touch, a pris une initiative forte en fédérant un grand nombre d’acteurs importants de notre secteur, avec pour objectif de diviser par mille la consommation des réseaux. Nous sommes convaincus que les technologies se doivent d’être vertueuses car leur impact ne va faire qu’augmenter dans les années à venir. Cet objectif est primordial pour Alcatel-Lucent, il s’inscrit dans une démarche de prise en compte de notre responsabilité sociétale.

EDF R&D : simuler production et consommation d’énergie

Une quinzaine d’équipes projets Inria, soit 25 à 30 chercheurs, mènent des recherches sur le calcul intensif et la simulation haute performance pour l’énergie, priorités d’EDF R&D. Trois start-up essaimées d’Inria (Distene, Graal Systems et Caps entreprise) sont associées au projet. Elles seront en situation favorable pour proposer des solutions enrichies au terme des projets. Ce partenariat stratégique conclu début 2010 est la suite naturelle d’une collaboration de longue date. Les projets portent sur l’optimisation des systèmes de production d’électricité et de gestion de l’énergie, des sujets stratégiques pour EDF.

Entretien avec Jean-Yves Berthou

Jean-Yves Berthoux

Quels sont les enjeux de la collaboration entre Inria et EDF R&D ? Rencontre avec Jean-Yves Berthou, responsable programme technologies de l’information chez EDF R&D.

Que représentent la modélisation et de la simulation pour le domaine de l’énergie ?

Jean-Yves Berthou : Ce sont tout simplement des outils indispensables. Nous avons recours à la simulation numérique depuis de nombreuses années. Elle permet d'accompagner dans la durée la performance des 58 réacteurs nucléaires et des centrales hydrauliques et thermiques que nous exploitons. La simulation nous aide à résoudre des problématiques opérationnelles mais permet aussi d’optimiser l’équilibre entre la production et la consommation d’énergie.

Qu’attendez-vous de cette collaboration avec Inria ?

Jean-Yves Berthou : Nous travaillons avec Inria depuis de nombreuses années. L'institut fait partie des grands organismes internationaux de référence dans le domaine des mathématiques appliquées et du calcul scientifique. Ce partenariat stratégique nous permet de renforcer les volets simulation et calcul intensif d'EDF R&D. Aujourd’hui, nous collaborons sur une quinzaine de projets qui mobilisent une centaine de chercheurs issus de 17 équipes de recherche d’Inria , 3 start-up et 6 départements d’EDF R&D. Ils s’articulent autour des grands codes de calcul dans lesquels EDF capitalise son savoir-faire. Il s’agit par exemple de développer des outils innovants pour la visualisation multi-résolution de grands volumes de données ou de modèles de programmation des architectures hybrides multi-cœurs.

A quoi attribuez-vous le succès de cette collaboration ?

Jean-Yves Berthou : A une vision stratégique partagée sur de nombreux sujets. Nos nouvelles problématiques industrielles sont par ailleurs autant de nouveaux défis scientifiques d’envergure pour les chercheurs d’Inria.

STMicroelectronics : systèmes embarqués du futur

Inria a signé en novembre 2008 un accord de partenariat stratégique avec le fabricant mondial de puces électronique STMicroelectronics. Portant sur les logiciels embarqués, deux projets d’envergure ont depuis été lancés, auxquels participent quelques équipes projets Inria. Dans le cadre du premier projet, 8 équipes participent à 7 des projets de Nano 2012, un programme destiné à améliorer le processus de conception de systèmes embarqués dans les systèmes sur puce (système électronique complet intégré dans une puce). Trois thématiques sont étudiées dans Nano 2012 : l’optimisation d’exécution des programmes sur processeur multi-cœur embarqué, l’accélération d’applications multimédias, et l’amélioration du processus de conception des systèmes embarqués. 6 équipes sont par ailleurs impliquées dans Plateforme 2012, un projet sur l’expérimentation des architectures multi-cœurs de plus de 100 cœurs. D’autres projets communs de recherche pourraient être lancés.

Bull : supercalculateurs

Bull et Inria ont établi une feuille de route afin de définir les priorités du constructeur informatique de supercalculateurs. Le premier accord-cadre vient d’être signé cet été. Une douzaine d’équipes projets sont impliquées pour travailler sur l’architecture, l’environnement logiciel et les services des supercalculateurs. Ces bêtes de calcul sont utilisées dans bon nombre d’applications, de la simulation climatique aux simulations aérodynamiques en passant par la modélisation moléculaire. Les recherches portent sur les environnements de programmation parallèle, le middleware, la sécurité et la fiabilité des calculateurs, ainsi que l’optimisation en termes de consommation énergétique.

Andra : modéliser le stockage des déchets radioactifs

Six équipes-projets Inria sont aujourd'hui impliquées dans les 7 projets finalisés dans le cadre du partenariat stratégique avec l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Portant sur la gestion des déchets radioactifs, ce type d’application est relativement nouveau pour Inria. Les recherches se concentrent sur la modélisation et la simulation des processus physiques ou chimiques au cours du stockage : c'est-à-dire le transport des éléments radioactifs. Elles concernent également la représentation géométrique des infrastructures et de leur environnement (maillage du site, de certaines zones géologiques, des alvéoles de stockage). Par ailleurs, les codes et moyens de calcul utilisés par l’Andra seront adaptés pour être appliqués aux supercalculateurs ou aux ressources informatiques mutualisées afin de créer une grille de calcul.

Entretien avec Patrick Landais

Patrick Landais

Quels sont les enjeux de la collaboration entre Inria et l'Andra ? Rencontre avec Patrick Landais, directeur scientifique de l'Andra.

De quelle manière ce partenariat a t-il vu le jour ?

Patrick Landais : Nous collaborons depuis plus de dix ans avec Inria, surtout avec l’équipe projet Estime. Inria participe aussi au groupe de recherche MOMAS  - dont nous sommes partenaire - sur la modélisation et la simulation de la gestion des déchets radioactifs. Il nous est progressivement apparu évident qu’il était pertinent de travailler plus étroitement ensemble. Nos besoins scientifiques, le niveau d’exigence de nos collaborations ont justifié un vrai partenariat.

Comment s’est-il concrétisé ?

Patrick Landais : Nous avons soumis nos sujets d’intérêt à l’Institut. Plusieurs équipes ont répondu en proposant des projets. Ensemble, nous en avons retenu sept. Les recherches débuteront pour la plupart en septembre 2010. Elles permettront d’affiner les maillages des modélisations, d’utiliser au mieux nos codes de calculs, de plus en plus lourds, et de gérer la quantité sans cesse croissante de données.

Concrètement, quelle différence cela fait-il ?

Patrick Landais : Cela apporte une vision à long terme. L’Andra a toujours été un acteur de référence en matière de simulation numérique dans le domaine de la gestion des déchets radioactifs. Ce partenariat va renforcer nos compétences. Nos problématiques apportent aussi de nouveaux sujets de recherche à l’Institut. Le bénéfice est donc réciproque. A titre d’exemple, Inria peut ainsi participer à la plateforme technologique européenne pour le stockage géologique des déchets radioactifs (IGDTP), lancée en novembre 2009.

Centre de recherche Commun Inria-Microsoft Research : la recherche pour les e-Sciences

Inauguré le 11 janvier 2007, le centre de recherche Commun Inria-Microsoft Research s'inscrit dans la continuité d'une collaboration engagée depuis plusieurs années. Basé à Orsay, il s'organise autour de deux axes de recherche : les méthodes formelles et les outils informatiques pour les Sciences. Le centre de recherche a pour but la recherche à long terme dans les domaines des méthodes formelles, de la sécurité du logiciel et des méthodes et outils informatiques pour les sciences.  La constitution de ce centre de recherche commun démontre la stature internationale de la recherche française en informatique. Elle est la preuve de la détermination de ces deux acteurs à servir une ambition commune : réaliser des avancées fondamentales qui bénéficieront à la fois à la Science et à la Société.

Mots-clés : Orange Labs E-santé STMicroelectronics Nano 2012 Plateforme 2012 Bull Alcatel-Lucent IGDTP Calcul intensif EDF R&D Logiciel embarqué Réseau sémantique Réseau sans fil ANDRA

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