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Histoire d'Inria

Des balbutiements de l’informatique au règne du tout numérique

Des balbutiements de l’informatique au règne du tout numérique, Inria c’est plus de quarante ans d’histoire liée à l'essor des sciences informatiques. Retour sur les quatre grandes périodes clés de l'histoire d'Inria.

De 1967 à 1973, l'IRIA cherche ses marques

La création de l'IRIA, comme celles d'autres organismes, est un symbole de la politique volontariste de la période gaullienne. La France cherchait alors à se pourvoir en technologies de pointe et des moyens pour y parvenir. La France se dotait donc d'un champion national avec la CII (Compagnie Internationale pour l'Informatique, créée en décembre 1966). Cette création faisait suite à la prise de contrôle de Bull par General Electric.  La création de l'IRIA répond aussi au souhait de développer un institut proche de l'industrie, capable d'éduquer le pays dans les sciences de l'informatique et de l'automatique.

La part recherche du plan Calcul

1967 est l'année du plan Calcul. Il comporte entre autres la création d'une Délégation à l'informatique et d'un institut confié à Michel Laudet, l'IRIA. L'IRIA est un organisme d'un genre nouveau, situé à proximité du privé, préfigurant de nouvelles relations entre le public et l'industrie. Il est conçu pour être le bras armé de la CII.

International, déjà !

L'IRIA organise dès ses débuts des conférences internationales invitant les noms qui comptent dans les domaines de l'informatique et des mathématiques appliquées. L'institut obtient rapidement une renommée internationale.La formation est une de ses priorités : des écoles d'été sont créées avec EDF et le CEA, ainsi qu'un centre de formation : le centre d'études pratiques en informatique et en automatique (CEPIA), qui aura dès la première année 5000 heures de cours à son actif.

Des débuts difficiles

En 1973, André Danzin organise l'IRIA autour du SESORI (Service de synthèse et d'orientation de la recherche en informatique dirigé par Michel Monpetit et chargé d'assurer la liaison avec le Plan calcul) et du Laboria (laboratoire de recherche en informatique et en automatique) avec Jacques-Louis Lions. Le Laboria est organisé autour de projets de recherche, avec des objectifs, des moyens propres, des chefs de projet, un échéancier de réalisation. Mais avec 80 chercheurs seulement, le Laboria est loin d'avoir une taille suffisante.

De 1974 à 1979, le difficile mûrissement de l'Institut

La période 1974-1979 est à la fois celle du mûrissement et de quelques occasions perdues. Le Laboria mené par Jacques-Louis Lions acquiert une identité forte. La période giscardienne remet en cause les coopérations européennes tandis que les rigidités et le manque de moyens empêchent l'institut de pouvoir suivre un rythme rapide. La diffusion des connaissances est réelle, la réputation de l'institut a franchi les frontières, des axes à long terme sont bien définis, l'IRIA pousse vers Rennes et pense à Sophia Antipolis. Mais il peine à trouver sa place dans le contexte de la fin des années 1970.

Les missions du SESORI

Le SESORI lance de nombreux projets pilotes débouchant sur des produits utilisables dans l'industrie. Exemple : la mission pour la conception assistée et le dessin par ordinateur (MICADO) a permis de coordonner la recherche en CAO. Le SESORI est chargé de la coordination nationale sur des thèmes variés allant de la robotique à la prévention des pannes, en passant par la reconnaissance des formes, le traitement numérique des images.

Les avancées du Laboria

Au Laboria, le projet Cyclades a exploré des solutions innovantes pour réaliser un réseau d'ordinateurs, sur la base du réseau de commutation par paquets, Cigale. Des présentations en France, en Europe et aux États-Unis placent l'IRIA au premier rang mondial dans le domaine. Malgré cela le projet est suspendu en 1976. Le projet Spartacus, en lien avec l'Inserm, le CNRS et le CEA, cherche à mettre au point un dispositif permettant aux tétraplégiques de recouvrer de l'autonomie.

La vocation nationale

En 1979, la décentralisation menace l'existence de l'IRIA : il est question de le délocaliser à Sophia Antipolis ou de le fusionner avec l'IRISA de Rennes (créé avec participation de l'Iria en 1975). Finalement, Jacques-Louis Lions obtient le maintien de l'institut à Rocquencourt et celui-ci gagne son « N ». Il sera désormais l'Inria (décret du 27 décembre 1979).

De 1980 à 2000, Inria en pleine expansion

La nomination de Jacques-Louis Lions à la présidence d'Inria en 1980 marque un tournant. Dans la décennie 80, l'institut, avec des moyens toujours trop « justes », construit un modèle basé sur l'excellence de ses recherches avec un soucis constant de transfert vers l'industrie (créations d'entreprises innovantes dans des secteurs stratégiques). Inria est à l'origine d'un réseau de chercheurs européens (ERCIM, European Research Consortium for Informatics and Mathematics ) et joue un rôle majeur dans le développement d'Internet en Europe. Après bien des tâtonnements, Inria est désormais doté de missions claires et bénéficie d'une forte réputation internationale.

L'installation en région

Dans le cadre de la déconcentration et du développement régional, l'Instut national de recherche en informatique et en automatique a construit un maillage national complet :

  • Irisa puis Unité de recherche de Rennes à partir de 1975 ;
  • Unité de recherche Sophia Antipolis en 1983 ;
  • Unité de recherche Lorraine/ Loria en 1986 ;
  • Unité de recherche Rhône-Alpes en 1992 ;
  • Unité de recherche Futurs, à partir de 2003, incubant 3 futures unités à Bordeaux Lille et Saclay.

20 ans de création d'entreprises

Le transfert pour l'innovation à l'institut prend la forme de dépôts de brevets, de contrats passés avec des industriels, d'animation de Consortia, et de soutien aux entreprises innovantes. De 1984 à 2004, 80 entreprises sont créées dont 45 existent toujours. Les collaborations internationales se multiplient.

Les défis scientifiques

Des plans stratégiques à 4 ans, déclinés en contrats quadriennaux avec l'État engagent Inria sur des priorités et des performances scientifiques, d'innovation et de transfert, de niveau mondial.
Le premier plan stratégique (1994-1998) mettait l'accent sur 4 thématiques de recherche: réseaux et systèmes, génie logiciel et calcul symbolique, interaction homme-machine, images, données, connaissances, simulation et optimisation des systèmes complexes.

Inria en route vers le XXIe siècle

Futurs bâtiments INRIA Bordeaux Sud-Ouest

Après avoir fêté ses 40 ans en 2007, Inria reste un institut en pleine expansion. Entre 1999 et 2009, il a doublé ses effectifs . Aux 5 centres de recherche historiques (Rocquencourt,  Rennes,  Sophia Antipolis, Nancy et  Grenoble) se sont ajoutés ceux de Saclay, Bordeaux et Lille. Solidement ancré au sein des écosystèmes industriels et académiques locaux, Inria s'implique toujours plus dans l'espace européen de la recherche. Ouvert sur l'international, il participe au rayonnement des sciences numériques dans le monde. Convaincu que le futur de nos sociétés est numérique, Inria inscrit ses recherches au cœur des grands questionnements sociétaux actuels.

Inria contribue à la compétitivité de l'économie dans un secteur fortement créateur d'emplois. Sa politique de partenariats avec l'industrie et les PME illustre son volontarisme dans le domaine du transfert technologique.

Pour mieux diffuser l'information et les connaissances scientifiques, Inria s'engage pour l'ouverture et le partage des données. L'Institut est aussi présent sur le terrain du logiciel libre.

C'est aussi un des membres fondateur de l'Alliance des sciences et technologies du numérique (ALLISTENE) dont l'objectif est de décloisonner les relations entre acteurs de la recherche et de développer les initiatives de partenariats.

La recherche européenne

Plus de la moitié des équipes-projets Inria sont impliquées dans les programmes cadres de recherche et de développement européens (PCRDT). La Commission européenne classe l'Inria parmi les 10 premiers organismes contributeurs. Dans le cadre du 7e PCRDT,  l'Inria a contribué à  identifier 2 défis scientifiques majeurs : l'Internet du futur et le patient numérique. En 2006, l'Inria a adhéré à la Charte européenne du chercheur.

En route pour le futur

Le plan stratégique dessine les objectifs scientifiques de demain, centrés sur les défis du XXIe siècle.Inria renforce et diversifie ses partenariats avec les autres disciplines scientifiques et le monde économique (partenariats stratégiques), en France et en Europe, aux Etats-Unis et avec les pays émergents (Chine, Inde, Amérique du sud, Afrique).

Mots-clés : Plan calcul Laboria Sesori Irisa Futurs Consortia Plan stratégique Histoire IRIA Jacques-Louis Lions Loria PCRD

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