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European Research Council (ERC)

L’Europe encourage les idées novatrices

Première agence de financement pan-européenne, le Conseil européen de la recherche (CER) ou European Research Council (ERC) récompense chaque année des chercheurs aux idées novatrices. Cette agence souhaite ainsi encourager une « recherche à la frontière de la connaissance ».

Le but de ce programme fortement doté ?

Le programme a pour but de donner les moyens à des chercheurs brillants de mener pendant 5 ans une recherche exploratoire plutôt risquée en Europe, en dehors de tout programme, de toute stratégie de développement scientifique, nationale ou disciplinaire. Les candidats, évalués par un conseil international réunissant 22 scientifiques de renom, sont au cœur de ce programme.

La sélection de l’ERC est excessivement sélective et s’exerce sur le potentiel des individus porteurs de projets novateurs. L’excellence de leur parcours scientifique entre tout aussi bien en compte que la teneur de leur projet, les qualités méthodologiques démontrées, les impacts escomptés ou l’évaluation des risques induits.

Comment faire financer son projet ?

Deux catégories de chercheurs sont éligibles : les « jeunes chercheurs » et les « chercheurs confirmés ». Depuis la création de l'ERC en 2007, plus de 4000 bourses ont été attribuées.

Avec une enveloppe pouvant aller jusqu'à 1,5 millions d’euros (« jeunes chercheurs ») ou 2,5 millions (« chercheurs confirmés »), les heureux élus ont les moyens de recruter l’équipe de leur choix et de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour mener à bien leur projet. 

Entretien avec Jean-Pierre Banâtre

Jean-Pierre Banatre © INRIA / Photo C. Lebedinsky

Jean-Pierre Banâtre est professeur émérite à l'Université de Rennes 1 et conseiller auprès de la direction de l'Institut pour le programme ERC.

Quelle est la spécificité de ce programme européen ?

J.P. Banâtre : Le programme ERC est consacré à la recherche fondamentale. Au fil du temps, ce programme inédit qui encourage des projets à risque a pris une place de plus en plus importante. Il a permis de donner leur chance à des chercheurs venus du monde entier désireux de poursuivre leurs travaux en Europe. Je gage que, bientôt, les instituts feront figurer le nombre de lauréats ERC dans leurs indicateurs.

Quelles sont les caractéristiques d’un bon projet pour l’ERC ?

J.P. Banâtre : Un bon dossier est d’abord porté par un leader scientifique déjà reconnu, ou très prometteur (pour les « jeunes chercheurs »). C’est aussi un projet à risque, à travers lequel le chercheur exprime une vision radicalement nouvelle, susceptible de révolutionner les approches traditionnelles et les méthodes admises. Dans certains cas, il s'attaque de façon pertinente à un problème sociétal (santé, environnement, etc.) et cherche à y apporter des solutions.

Vous suivez au quotidien le parcours semé d’embûches des candidats, une mission risquée ?

J.P. Banâtre : Je ne le fais pas de façon systématique et institutionnelle. J’ai des échanges avec les candidats qui le souhaitent. Je relis les propositions qui ont été faites parce que leurs sujets me passionnent et qu’ils me font confiance. La période qui précède les soumissions est ensuite particulièrement chargée. S’ensuit une longue attente, des interrogations pour les excellents dossiers qui sont sur le fil du rasoir... puis la période des auditions, qui est plutôt tendue. Les espoirs sont parfois déçus. Nous avons en effet un nombre important de belles candidatures à l’institut, mais les ratios sont sans appel. Seulement 10 % à15 % des candidats sont retenus.

Mots-clés : Conseil européen de la recherche European Research Council PCRDT Europe Jean-Pierre Banâtre

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