Télécoms, réseaux, multimedia
Le mot de Bernard Odier, responsable sectoriel
Télécoms, réseaux, multimédia : des domaines qui se trouvent confrontés à une explosion du trafic et à une demande croissante de la part des utilisateurs. Sur les 170 équipes que compte l’institut, une soixantaine d’équipes travaillent partiellement ou en totalité dans ces secteurs. Au-delà de son partenariat stratégique avec Alcatel-Lucent Bell Labs, côté transfert, Inria est en contact avec une cinquantaine de PME innovantes autour de ces thèmes : contacts amont, ou projets à divers états d’avancement. Rencontre avec Bernard Odier, responsable sectoriel télécoms, réseaux et multimédia.
Que recouvre votre domaine ?
Bernard Odier : La société de la connaissance est d’abord la société de l’information et de la communication, avec des infrastructures et des contenus. D’une part, le monde des télécoms vit une révolution avec l’explosion du "mobile" et d’Internet, ce qui met au cœur de la croissance les méthodes et outils logiciels pour concevoir les infrastuctures. D’autre part, ce secteur est tiré par les services et les usages. Le multimédia concerne ainsi tous les contenus : les données, les contenus issus de la numérisation du patrimoine, l'image, le secteur de la télévision numérique, et les jeux vidéos. Plus précisément dans les télécoms, nous collaborons avec des grands groupes : équipementiers, opérateurs ou intégrateurs, et avec quelques belles PME innovantes, en particulier dans le domaine des mobiles. Pour le multimédia, notre cible est la myriade de PME de "l'économie numérique" qui créent de nouveaux produits ou contenus pour le web, pour les diffuseurs de télévision traditionnels ou les diffuseurs de WebTV, ou pour le milieu du cinéma.
Où se situent les verrous technologiques dans les télécoms ?
Bernard Odier : Le contexte des télécoms, c'est leur encadrement par les régulateurs "locaux" (par exemple la réglementation liée à l’obtention d’une licence radio pour avoir le droit d’utiliser une partie du spectre hertzien), par les protocoles et standards internationaux (auxquels Inria contribue par ailleurs), et par l'obligation d'optimiser les ressources en bande passante. L'explosion des contenus numériques crée un premier verrou lié à la saturation des réseaux existants et au très haut débit. À cette fin, Inria travaille sur des outils de simulation et optimisation des architectures et de la qualité de service. D'autres enjeux concernent les accélérateurs d’application, l'hétérogénéité des réseaux, etc. Comment, par exemple, déployer une application à la fois sur des réseaux 3G/4G, Wimax et Wifi. Un dernier verrou concerne les futurs réseaux de capteurs, avec la multiplication des adresses IP et la nécessité de limiter au minimum leur consommation d'énergie pour augmenter leur autonomie. Inria est ainsi membre d’un consortium international, initié par Alcatel Lucent Bell Labs, Green Touch Initiative, pour diminuer d’un facteur 1000 la consommation énergétique des réseaux de communication.
Et pour ce qui touche aux réseaux multimédia ?
Bernard Odier : De nombreuses solutions existent, mais les fournisseurs de contenus ne savent pas toujours se faire payer leur production, ce qui est une problématique générale du web. Des technologies permettant d'améliorer les business model sont ainsi clés. Nous travaillons par exemple sur la reconnaissance à la volée des sigles d’une marque ou d’une société via les logos, ou encore les publicités qui sont diffusées sur un flux de télévision numérique. En comptant le nombre de passages cela permettra aux opérateurs de facturer les sociétés concernées. Un autre moyen susceptible de générer de la valeur pour les sites web marchands est de segmenter les usages, et de pousser vers un utilisateur les recommandations de personnes qui lui ressemblent. Ces thèmes sont directement liés à ce que l’on désigne comme "moteurs de recommandation collaborative", par analogie avec l'appellation "moteurs de recherche."
Quelle est la participation d’Inria à la révolution « mobile » ?
Bernard Odier : Les smartphones sont en train de s’imposer comme la nouvelle plateforme de communication personnelle, pour des usages multiples, qui vont bien au-delà de la communication classique. Une cinquantaine d’équipes d’Inria sont directement concernées par les concepts et les technologiques qui vont permettre d’avancer dans ce domaine. Afin de structurer cet écosystème foisonnant, Inria a initié et est porteur de l’Initiative Services Mobiles, en partenariat avec des pôles de compétitivité, des acteurs de la recherche publique, des grandes entreprises et des PME innovantes… Un point-clé, le carburant du développement des nouvelles applications sur Smartphones, est l’accès à des données (notamment publiques). La mise à disposition des données aux développeurs d’applications est une des dix actions de l’Initiative, notamment en connexion avec le Projet Data Publica, soutenu par l’État.
Comment vont évoluer ces différents domaines d’ici 5 à 10 ans ?
Bernard Odier : Nous sommes passés de la notion d’opérateur télécoms à celle d’opérateur de services et, avec les technologies du web sémantique, nous passerons dans un certain nombre d‘années à la notion d’opérateur de contenus. Plus globalement, le sujet est celui du développement de l’Internet du futur. Cet "Internet du futur" intégrera ce que l’on appelle l’Internet des objets (la mise en contact des objets communiquants de notre vie quotidienne), déjà en phase de démarrage, et qui fait rentrer dans la boucle des réseaux nouveaux : les réseaux de capteurs. Par ailleurs, le développement conjoint de l’image et du très haut débit va permettre celui de la télévision interactive avec des techniques très évoluées dont la 3D. L’enjeu pour le transfert est d’être capable de créer de la valeur dans l’écosystème qui est en train de se constituer, sur la base des connaissances et des technologies développées au sein d'Inria.
Mots-clés : Bernard Odier Sailandra Loria Trafic 3D Multimédia Réseaux Télécoms PME Internet Transfert de technologies
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