Santé, sciences de la vie, biotechnologie
Le mot de Philippe Gesnouin, responsable sectoriel
Philippe Gesnouin © Inria / Photo C. Tourniaire
Les technologies numériques ont pris une place essentielle dans l’industrie de la santé. Inria multiplie ses partenariats en bio-informatique et en imagerie médicale, disciplines dans lesquelles l’institut est à présent bien positionné depuis une dizaine d’années. De nouveaux secteurs sont investis, comme la télésanté, la santé à domicile et l’informatique médicale, pour lesquels une croissance forte est attendue, notamment du fait de la demande sociétale liée à l’augmentation de la durée de la vie. Questions à Philippe Gesnouin, responsable sectoriel santé, sciences du vivant & biotechnologies.
Quelle place occupent les thèmes liés à la santé au sein d'Inria ?
Philippe Gesnouin : Une place de plus en plus importante depuis le positionnement stratégique de l’institut sur ces sujets il y a une dizaine d’années : 20 % de nos équipes se consacrent à ce domaine inscrit au cœur du plan stratégique d’Inria. Les applications sont vastes et nos partenariats industriels diversifiés. Deux exemples : la simulation numérique du cœur pour avancer vers « l’ingénierie cardiaque » ou encore la simulation d’une intervention chirurgicale pour aider à la formation des futurs praticiens. Un autre exemple, qui « mobilise » des compétences scientifiques radicalement différentes, est celui du traitement de la connaissance médicale (les anglo-saxons parlent de knowledge management), avec des outils d’aide à l’exploitation de grandes bases de données hétérogènes. De plus en plus de données médicales sont disponibles sous forme numérisée. L’objectif est de mieux les exploiter afin de développer des outils de veille, d’aide au diagnostic et à la prescription, des supports d’apprentissage et d’enseignement, etc.
Pouvez-vous nous donner l’exemple d’un domaine particulièrement porteur ?
Philippe Gesnouin : L’innovation peut apporter beaucoup dans le domaine de la santé à domicile et de l’aide à l’autonomie, qui est en train de se structurer notamment avec l’émergence de PME innovantes. Nous participons ainsi à la mise en place du Centre National de Référence Santé à Domicile et Autonomie, une initiative du ministère de l’Industrie. Dans ce contexte, mon rôle est de comprendre cet écosystème complexe, dans lequel les autorités de régulation/certification jouent un rôle-clé, d’identifier ces PME et de les mettre en relation avec les chercheurs. L’objectif reste de maximiser l’impact des travaux menés chez Inria. Par exemple, nous souhaitons monter un partenariat avec une entreprise qui propose un service de vigilance pour les malades d’Alzheimer. L’équipe PULSAR, spécialiste de l’analyse d’images vidéo, peut dans ces cas là aider l’entreprise à améliorer les performances de ses produits, en contribuant notamment à identifier des situations atypiques – comme une personne en difficulté - et envoyer des alertes. La société peut gagner alors un avantage compétitif sur le marché.
Vous participez à l’initiative internationale IHE (Integrating the Healthcare Enterprise)…
Philippe Gesnouin : En effet. Inria est membre fondateur d’IHE-Europe. C’est un bon exemple du rôle que joue l'institut au sein de ces écosystèmes. Cette initiative a pour but de faciliter l’interopérabilité entre équipements médicaux et entre systèmes d’information de santé. La plateforme commune de tests d’interopérabilité est développée essentiellement par l’une de nos équipes. Une partie importante des développements sont en ce moment évalués afin d'être utilisés pour tester la compatibilité des logiciels qui vont interagir avec le futur Dossier Médical Partagé.
Qu'est-ce que l'institut peut apporter aux industriels de la pharmacie ?
Philippe Gesnouin : De nombreux outils mathématiques ou logiciels sont potentiellement disponibles pour la R&D pharmaceutique, mais il est parfois difficile d’accéder à nos "cibles" , qui ne sont pas traditionnelles pour un acteur comme Inria. Nous avons ainsi lancé des initiatives et des projets pour surmonter ces difficultés. Par exemple, le consortium Monolix initié et porté par Inria réunit des sociétés pharmaceutiques et des partenaires académiques, afin de soutenir un outil d’aide à la décision. Autre exemple : notre participation au projet BioIntelligence, piloté par Dassault Systèmes, en association avec l’INSERM, des PME et les industries pharmaceutiques françaises. Ce projet vise, quant à lui, à construire la boîte à outil numérique pour la recherche pharmaceutique, à l’instar de ce qui a été fait dans les domaines de l’automobile ou de l’aéronautique.
Mots-clés : Biotechnologies Sciences du vivant Santé Assistance médicale Diagnostic Philippe Gesnouin IHE (Integrating the Healthcare Enterprise) Centre National de Référence Santé à Domicile et Autonomie Aide à la personne BioIntelligence Consortium Monolix Industries de la pharmacie PME
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