Start-up - Syneika

Françoise Monfort - Technoscope -

Interview de Luc Bredoux

Luc Bredoux Portrait

Syneika One est un neuronavigateur développé dans le contexte de l'utilisation en psychiatrie de la Stimulation magnétique transcrânienne (TMS), technique relativement jeune utilisée, notamment, depuis le milieu des années 90 pour traiter les pathologies dépressives résistantes aux médicaments (1 cas sur 3). Le projet a été porté par Luc Bredoux qui a su concilier son expérience managériale avec son intérêt pour l’innovation et le domaine médical.

Pourquoi avoir choisi cette forme de transfert ?

Luc Bredoux : C’est un outil mis au point avec l’équipe-projet rennaise VISAGES, commune à l’Institut et à l’INSERM, en collaboration avec le service psychiatrie du CHU de Rennes. La collaboration a commencé en 2006 avec la mise en place d’un prototype de neuronavigateur au CHU de Rennes et la question du transfert s’est posée dès fin 2007. La voie de la start-up a été choisie avant tout parce que j’étais prêt à porter le projet. C’est une question de personne car, concrètement, le transfert des travaux de recherche vers l’industrie nécessite une prise de risques. La technologie sortant du labo ne peut pas être directement mise sur le marché. Des sociétés plus importantes pourraient le faire à moindre coût, mais elles prennent plus de risques qu’une petite entreprise qui dispose d’aides à l’innovation.

Comment s’est déroulée ensuite la création de la start-up ?

Luc Bredoux : J’ai eu connaissance de ce projet de valorisation en juillet 2007. J’étais intéressé par la possibilité de créer une entreprise ainsi que par le secteur médical dans son ensemble. L’équipe avait besoin d’un  porteur de projet : j’étais la  bonne personne à la bonne place au moment où se posait la question de la valorisation. J’ai tout de suite rencontré le responsable de la valorisation à Inria Rennes et l’affaire a été conclue rapidement. L’incubation a commencé à la suite d’une étude concurrentielle de 5 mois, et a été accompagnée par la technopole Rennes Atalante. Pendant cette période, j’ai piloté une étude de marché et une étude réglementaire en concertation avec des chercheurs Inria pour les aspects scientifiques. L’Inria reste un partenaire de Syneika qui pourra être amené à transférer d’autres technologies développées par les équipes de l’institut.

Où en est la start-up aujourd’hui ?

Luc Bredoux : L'ingénieur Vincent Gratsac, responsable technique de Syneika, m'accompagne depuis l'incubation. Nous venons aussi d’embaucher un autre ingénieur pour le développement. En termes de concurrence, nous avons cinq compétiteurs internationaux dont les produits sont commercialisés en France et principalement utilisés par les chercheurs en neurosciences. Ce qui nous distingue est que notre technologie vise plutôt des cliniciens pour une utilisation routinière. Dès que nous aurons la certification exigée par les hôpitaux (d’ici fin novembre), il nous faudra construire la commercialisation. Notre objectif est de constituer des partenariats avec des industriels et des distributeurs pour accélérer la diffusion du produit. Nous sommes optimistes car nous avons reçu un accueil assez enthousiaste du milieu hospitalier, du fait que l’outil est facilement accessible à n’importe quel utilisateur.

INFO

La société Syneika vient d’obtenir la norme ISO 13485, référentiel internationalement reconnu qui intègre les contraintes de qualité et de sécurité propres aux dispositifs médicaux, comme la maîtrise des risques, la traçabilité ou la matériovigilance. Conjointement à cette certification, Syneika obtient le marquage CE du neuronavigateur Syneika One, assurant la conformité de l’équipement aux exigences essentielles définies dans la Directive Européenne 93/42/CEE, ce qui rend possible sa commercialisation dans l’Union européenne.

08.12.10

FOCUS TECHNO

Le neuronavigateur Syneika One se présente sous la forme d’un équipement électro médical mobile monté sur roulettes, proche d’un échographe, qui intègre toutes les fonctions nécessaires à la neuronavigation non invasive (outil de localisation 3D avec caméra binoculaire). En complément à ce dispositif, un pointeur, un bandeau de suivi du patient et 3 marqueurs de suivi des bobines permettent d’afficher à l’écran des informations qui guident le médecin dans le positionnement adéquat des instruments thérapeutiques par rapport à l’anatomie du patient. Les séances de stimulation magnétique transcrânienne durent une vingtaine de minutes, sont relativement indolores, sans effets secondaires et ne nécessitent aucune anesthésie générale ni hospitalisation. L’utilisation de Syneika One requiert un minimum de formation. Une page d’aide accessible entre chaque étape guide l'utilisateur pas à pas. Ses processus automatisés au maximum font qu’il est utilisable par tout personnel hospitalier. Outre le traitement des pathologies dépressives, d’autres indications d’utilisation du neuronavigateur développé par Syneika existent, notamment en psychiatrie (traitement des hallucinations...) et en neurologie (traitement de la douleur, rééducation fonctionnelle après un accident vasculaire cérébral...).

Mots-clés : Syneika Luc Bredoux Neuronavigateur Syneika One Start-up Santé Psychiatrie

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