Prix de thèse

Nathalie Lacaux - 22/11/2011

Prix d'excellence 2011 pour Michael Döhler

Michael Dohler

Michael Döhler, doctorant au sein de l'équipe de recherche I4S, vient de recevoir le Prix d'excellence 2011 pour sa contribution au projet européen FP7 IRIS dans le cadre de sa thèse. Rencontre avec ce jeune chercheur d'origine allemande.

Originaire d'Allemagne, pouvez-vous nous raconter comment vous vous êtes intéressé au domaine de la recherche en mathématiques et informatique et ce qui vous a poussé à venir en France et notamment chez Inria ?

Michael Döhler : Après avoir obtenu en 2002 un baccalauréat en mathématiques et en physique en Allemagne, j’ai décidé d’étudier les mathématiques à l’Université de Chemnitz, étant passionné par cette discipline. Au cours de mes études, je me suis particulièrement intéressé aux applications concrètes des sciences de l’ingénieur et leur interaction avec  l’industrie, et plus précisément sur la modélisation de problèmes, ce qui m’a permis de travailler sur des domaines d’application variés. Pendant mon cursus universitaire, j’ai eu l’opportunité en 2006 d’effectuer un semestre à l’Université d’Aberystwyth au Pays de Galles, dans le cadre du programme Erasmus. Celui-ci s’est poursuivi par un stage en Suisse dans une entreprise spécialisée en spectrométrie de masse. De retour en Allemagne, j’ai obtenu mon diplôme en 2008 après avoir rendu un mémoire de Master ce qui m’a permis d’avoir un aperçu et de prendre gout au travail de recherche. Par la suite, je me suis naturellement tourné vers un doctorat, dans le but de pouvoir mener un projet approfondi dans le domaine des mathématiques. Suite à mes expériences à l’étranger et ayant suivi des cours de français, je me suis intéressé à une proposition de thèse offerte par l’équipe I4S à Inria, portant sur des domaines multidisciplinaires, mêlant entre autres de l’automatique, de la mécanique et des mathématiques appliquées. Par ailleurs, l’intérêt porté par Inria sur les collaborations avec l’industrie et les transferts technologiques m’a paru une excellente opportunité de concilier la recherche mathématique avec les applications industrielles.

Vous venez d'obtenir le Prix d'excellence 2011 pour votre contribution au projet européen FP7 IRIS dans le cadre de votre thèse effectuée au sein de l'équipe de recherche I4S. Pouvez-vous nous raconter ces trois années de doctorat?

Michael Döhler : Ma thèse sous la direction de Laurent Mevel au sein de l’équipe I4S a porté sur l’identification des systèmes dynamiques et la détection des pannes dans ces systèmes. Cette thématique a une importante application dans la détection des endommagements des structures civiles (immeubles, ponts, etc.) au moyen de capteurs placés sur ces structures. Elle permet de surveiller automatiquement des bâtiments, notamment dans les zones à fortes contraintes environnementales et humaines, par exemple des ponts situés en zone de forte sismicité. Le but de la thèse a été de développer des algorithmes prenant en compte les conditions opérationnelles réelles des structures de grande taille (conditions environnementales diverses et bruitées, grand nombre de capteurs, etc.). Une partie des algorithmes développés a déjà été transférée dans l’entreprise danoise SVS, ainsi que dans les outils de Brüel & Kjær, un des leaders du domaine, dans laquelle j’ai eu l’occasion d’effectuer un séjour de cinq mois avec une bourse de mobilité Marie Curie. Cette collaboration a été une expérience particulièrement enrichissante et a permis d’appliquer des algorithmes développés à des données industrielles. Au cours de ces trois années, de nombreuses collaborations internationales ont été mises en place, notamment par le biais du projet européen FP7 IRIS. A ces occasions j’ai eu la chance d’échanger avec plusieurs laboratoires et de pouvoir travailler avec des équipes des universités de Tokyo, Sheffield, Boston, ainsi qu’avec l’institut allemand BAM. En particulier, la fructueuse collaboration avec Falk Hille de BAM a conduit à une contribution au projet IRIS, pour laquelle nous avons eu la chance d’obtenir le prix d’excellence 2011. Ce travail a des répercussions sur la surveillance des structures civiles. Il va se prolonger et être étendu pour la surveillance des éoliennes, dans le cadre de l’effort européen pour les énergies propres.

Aujourd'hui heureux lauréat de ce prix, comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Michael Döhler : La thèse que j’ai menée m’a permis de développer mon intérêt pour un domaine porteur, où de nombreux débouchés dus notamment aux nouvelles technologies sont envisageables. Elle m’a également offert de nouer plusieurs contacts avec des partenaires académiques et industriels. Mon contrat au sein d’Inria se terminant en février 2012, je vais poursuivre avec un post-doctorat à la Northeastern University de Boston pendant 1 an. Pour l’avenir, je souhaiterais développer mes sujets de recherche dans les domaines de l’automatique et de la mécanique. Dans un futur proche, je compte profiter de mon expérience post doctorale aux USA et ailleurs, pour revenir en suite en France sur un poste de chercheur.

Mots-clés : I4S FP7 IRIS Projet européen Michael Döhler INRIA Rennes - Bretagne Atlantique

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