http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/(view_mode)/rss fr Les actualités d'Inria Paris - Rocquencourt Retrouvez toutes les actualités du centre de recherche Inria Paris - Rocquencourt Mon, 03 Dec 2012 00:18:52 +0100 Ivan Laptev : Faire progresser la vision par ordinateur http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/ivan-laptev-faire-progresser-la-vision-par-ordinateur ]]> <p>Ivan Laptev est l’un des quatre candidats Inria retenus pour une subvention du Conseil européen de la recherche (CER) dans la catégorie des jeunes chercheurs. Son sujet, la «&nbsp;vision par ordinateur&nbsp;», consiste à simuler le système visuel humain au moyen d’algorithmes analysant le mouvement, détectant des événements et reconnaissant des objets dans des séquences vidéo. Il nous explique son travail plus en détail et présente quelques-unes des applications potentielles.</p> <p>Selon Ivan, «&nbsp;La vision par ordinateur est une branche de l’informatique liée à plusieurs disciplines – dont les mathématiques, les sciences cognitives, l’infographie et l’apprentissage automatique. Son objectif est d’interpréter des images et vidéos d’une façon similaire à celle du système visuel humain et donc d’élaborer des algorithmes dans ce but.&nbsp;»</p> <p>La subvention de l'ERC – 1,5&nbsp;million&nbsp;d’euros – aidera Ivan et ses collègues à approfondir leurs recherches et, en particulier, à dépasser la simple reconnaissance d’objet, pour atteindre un stade plus utile. Par exemple, dans la rue, l’algorithme conçu serait non seulement capable d’identifier les voitures et les gens comme des objets distincts mais, en plus, il pourrait prédire ce que ces objets seraient susceptibles de faire l’instant d’après. Cela par l’analyse des interactions entre les objets et le développement de modèles statistiques décrivant ces interactions.</p> <a name="eztoc558701_1" id="eztoc558701_1" class="anchor"></a><h3><strong>Élaboration de modèles statistiques</strong></h3><p>Dans l’idéal, les informations non pertinentes – ou «&nbsp;bruit&nbsp;» – seraient éliminées de la scène, de sorte à ne pas interférer avec les interprétations. «&nbsp;Nous apprendrions ce qui est pertinent en observant de nombreuses personnes interagissant avec un même objet dans des vidéos d’événements relativement prolongés – tels qu’une fête dans une maison ou le ménage dans une habitation – enregistrées par une caméra statique&nbsp;» explique Laptev. Ce type de données servirait alors à construire des modèles statistiques décrivant la façon dont les personnes interagissent typiquement avec certains objets ou dans certaines scènes. Par exemple, un modèle pour cuisine pourrait identifier une personne assise sur une cuisinière comme une chose inhabituelle et potentiellement dangereuse.</p> <p>«&nbsp;Le simple fait d’identifier les images ne suffit pas.&nbsp;» explique-t-il. «&nbsp;Nous aimerions que les ordinateurs soient en mesure d’interpréter des scènes complexes en vidéo&nbsp;; comme lorsque des gens ouvrent des portes, s’asseyent, se serrent la main et tout un tas d’autres activités, de manière à reconnaître leurs intentions et à les alerter s’ils sont sur le point de faire quelque chose d’éventuellement dangereux, à l’instar du modèle précédent. Nous aimerions aussi pouvoir leur suggérer des actions utiles qu’ils puissent accomplir dans une scène donnée.&nbsp;»</p> <a name="eztoc558701_2" id="eztoc558701_2" class="anchor"></a><h3><strong>Analyser des films et vidéos réels </strong></h3><p>Jusqu’à récemment, ces analyses n’étaient réalisées que dans des conditions précises, avec des étudiants du groupe d’Ivan jouant des rôles bien définis. Mais la recherche a désormais atteint un stade où un ordinateur peut correctement analyser de vrais films et de vraies vidéos.</p> <p>Toutefois, quelles sont les applications potentielles de cette recherche&nbsp;? «&nbsp;L’INA en France et la BBC au Royaume-Uni sont très intéressés par notre travail, car il pourrait les aider à indexer l’énorme quantité de vidéos que ces organisations ont en archive.&nbsp;» a déclaré Ivan. «&nbsp;On pourrait faire la même chose avec les vidéos de YouTube, dont le contenu augmente chaque jour.</p> <p>«&nbsp;La santé pourrait également en profiter ; par exemple en surveillant les personnes âgées afin d'éviter les accidents par la prédiction des situations dangereuses. Des caméras intelligentes à la maison pourraient aussi nous faciliter la vie&nbsp;; notamment en enregistrant où nous avons laissé nos clefs la veille au soir pour ne pas perdre de temps à les chercher le matin.&nbsp;»</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc558701_3" id="eztoc558701_3" class="anchor"></a><h3><strong>Ivan Laptev</strong>&nbsp;</h3><p>Ivan est actuellement au centre Inria Paris-Rocquencourt, une unité de l’Institut national français pour la recherche en informatique et automatique. Il travaille au sein du groupe de recherche WILLOW associé au service Informatique de l’École normale supérieure, dirigé par Jean Ponce. Il a obtenu son doctorat à l’institut royal de technologie de Stockholm, en Suède, dans le laboratoire de vision par ordinateur et perception active (CVAP).</p> </div> </div> Marie Doumic-Jauffret : modéliser les maladies amyloïdes http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/marie-doumic-jauffret-modeliser-les-maladies-amyloides ]]> <p>Marie Doumic-Jauffret fait partie des 4 candidats Inria sélectionnés dans la catégorie jeune chercheur de l’appel à projet européen ERC 2012. Son projet, baptisé Skipper, vise à mieux comprendre les maladies amyloïdes, dont font partie les maladies à prions et l’Alzheimer, afin d’aider les biologistes à identifier des solutions thérapeutiques.</p> <a name="eztoc552341_1" id="eztoc552341_1" class="anchor"></a><h3><strong>Comment avez-vous embrassé la recherche à Inria&nbsp;?</strong></h3><p><strong>Marie Doumic-Jauffret : </strong>Je ne me destinais pas à la recherche. Certains en rêvent depuis qu’ils sont petits, ce n’est pas mon cas&nbsp;! Après ma formation en mathématiques appliquées, j’ai fait une thèse dans le domaine des équations aux dérivées partielles appliquées aux lasers. Mais j’avais envie d’un métier concret, de me plonger dans ce qui me semblait la «&nbsp;vraie&nbsp;» vie. J’ai alors décidé de me tourner vers les métiers d’ingénieur. C’est comme cela que j’ai dirigé pendant 3 ans un service d’ingénierie, aux Voies Navigables de France, qui s’occupait de construction de barrages et d’écluses.</p> <p>Cela m’a beaucoup appris. A la fin de ce poste de trois ans, je me suis dit que je devais pouvoir faire de la recherche de façon tout aussi opérationnelle. Je m’étais également aperçue que ma thèse, qui me paraissait abstraite à l’époque, avait été reprise par d’autres et utilisée pour faire des simulations de rayons laser. En 2007, comme j’étais ingénieur des Ponts et Chaussées, j’ai pu rejoindre Inria en détachement. J’ai intégré l’équipe Bang à cause de ses applications à la biologie qui m’avaient parues fascinantes.</p> <a name="eztoc552341_2" id="eztoc552341_2" class="anchor"></a><h3><strong>Quel est le sujet de votre projet ERC&nbsp;Skipper ?</strong></h3><p><strong>Marie Doumic-Jauffret : </strong>Il s’agit d’appliquer la famille d’équations sur lesquelles une partie de l’équipe BANG travaille, qui sont des équations décrivant l’évolution en temps des populations, à la modélisation des maladies amyloïdes. Ces dernières, comme les maladies à prion ou l’Alzheimer, sont caractérisées par le dépôt d’agrégats de protéines dans les tissus du cerveau. Pour une raison mal comprise, les protéines changent de configuration et deviennent capables de polymériser, de s’attacher les unes aux&nbsp; autres et de former de gros agrégats ressemblant à de l’amidon, d’où le nom de fibres amyloïdes qui leur a été donné. Cette polymérisation s’apparente en fait aux mécanismes de croissance et de division étudiés dans l’équipe pour les cellules ou les bactéries, dans la mesure où les polymères croissent par ajout de monomères et se divisent par fragmentation. Avec les progrès de la technologie, les biologistes ont accumulé une quantité énorme de données dont il faut tirer le maximum. J’espère que mes modèles mathématiques pourront les aider en faisant ressortir des informations inédites des mesures dont ils disposent, qu’ils leur permettront de tirer le meilleur parti de ces mesures et d’identifier celles qui apporteront le plus d’informations.</p> <a name="eztoc552341_3" id="eztoc552341_3" class="anchor"></a><h3><strong>C’est un projet multidisciplinaire. Travaillez-vous avec des biologistes&nbsp;?</strong></h3><p><strong>Marie Doumic-Jauffret : </strong>C’est indispensable pour assurer la pertinence du modèle développé. Un biologiste de l’Inra, Human Rezaei, spécialiste des prions, est d’ailleurs impliqué dans le projet. Sa participation permet de confronter le modèle aux résultats d’expériences in vitro, mais pas seulement. La relation est scientifiquement enrichissante dans les deux sens. Le regard du mathématicien amène le biologiste à renouveler ses questions et à explorer de nouvelles pistes. A l’inverse, le biologiste me pose des problèmes mathématiques inédits, dévoile un aspect nouveau d’une équation pourtant très étudiée. Ce n’est pas facile car chacun raisonne avec l’apport de sa discipline mais c’est très stimulant. Cela demande en revanche un réel investissement, c’est-à-dire du temps, ce qui n’est généralement pas bien valorisé au sein de chaque discipline. C’est une grande richesse d’Inria d’accepter des profils vraiment multidisciplinaires. Le fait que l’ERC ait apprécié cette interaction avec la biologie donne une reconnaissance à cette pluridisciplinarité et offre une certaine liberté de recherche. Cela dit, je ne me suis pas faite biologiste pour autant, et ma place reste les mathématiques appliquées&nbsp;!</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc552341_4" id="eztoc552341_4" class="anchor"></a><h3><strong>«&nbsp;Un défi&nbsp;: modéliser la polymérisation à partir de données partielles et agrégées&nbsp;»</strong>&nbsp;</h3><p>L’application des équations aux dérivées partielles à la biologie est relativement&nbsp; récente car les problèmes sont beaucoup plus complexes encore qu’en physique. Il est par conséquent difficile de faire «&nbsp;coller&nbsp;» un modèle à une expérience. Il faut nécessairement faire des simplifications de sorte qu’il soit suffisamment simple pour pouvoir être étudié et assez complexe pour capturer l’essentiel du comportement biologique. Mais là n’est pas la seule difficulté. Dans le cas des maladies amyloïdes, les mesures sont nombreuses mais partielles ou agrégées, comme la mesure du nombre total de polymères au cours du temps. Le défi est de parvenir à développer des modèles qu’on puisse valider ou invalider à partir de ces données. Pour cela, Marie Doumic s’appuie sur les équations aux dérivées partielles (modèles de type croissance/fragmentation/coagulation), et confronte cette approche avec des approches statistiques et probabilistes — une rencontre riche d’enseignement et bien adaptée à ce type de problèmes —, ainsi que sur des techniques de problèmes inverses qui permettent, à partir des mesures d’un phénomène, de sélectionner le modèle auquel ce phénomène obéit. Dans le projet Skipper, l’étude est appliquée aux protéines, mais les méthodes dégagées doivent être suffisamment universelles pour avoir des retombées dans d’autres domaines.</p> </div> </div> François Baccelli obtient une chaire Math+X 2012 de la fondation Simons http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/chaire-math-x-2012-de-la-fondation-simons ]]> <p>Développer dans de nouvelles directions, le domaine de recherche sur lequel il travaille depuis plusieurs années, à l’interface entre la géométrie aléatoire, la théorie de l’information et la modélisation des réseaux sans fil, c’est ce que François Baccelli va pouvoir entreprendre grâce à la chaire Math+X qu’il vient d’obtenir à l’Université du Texas à Austin de la part de la fondation Simons.</p> <p>Le projet scientifique de <strong>François Baccelli</strong>&nbsp;est d’étendre son domaine de recherche à la théorie de l’information des réseaux et d’en déduire des outils pour la conception de protocoles et d’architectures de réseaux sans fil de grande densité.</p> <p>« <em>Ces nouvelles directions de recherche demandent des moyens appropriés que je n’ai hélas pas réussi à obtenir de l’ERC, d’EIT ICT Labs ou de l’ANR ; l’idée est donc de faire avancer ce projet scientifique grâce à la chaire Simons, tout en continuant à travailler avec l’équipe-projet Inria Trec, qui est à l’origine de ce domaine de recherche</em>&nbsp;», nous explique François Baccelli.</p> <p>François Baccelli est membre de l’académie des sciences depuis 2005 et responsable de l’<a href="/domaines/reseaux-systemes-et-services-calcul-distribue/reseaux-et-telecommunications/trec" target="_self">équipe-projet Inria Trec</a>&nbsp;(commune avec l’ENS) depuis une douzaine d’années. C’est un spécialiste de la théorie des réseaux&nbsp; stochastiques et de la modélisation des réseaux de communication.</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc504483_1" id="eztoc504483_1" class="anchor"></a><h3>Un nouveau centre de recherche pour la fondation Simons</h3><p>La fondation Simons vient aussi d’annoncer la création d’un nouveau centre de recherche en « Theory of Computing » à l’Université de Californie à Berkeley, qui sera dirigé par <strong>Richard Karp</strong>.</p> <ul> <li><a href="http://www.nytimes.com/2012/05/01/science/simons-foundation-chooses-uc-berkeley-for-computing-center.html?_r=2" target="_blank">En savoir plus</a></li> </ul> </div> </div> L’informatique délivre une connaissance plus approfondie du son http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/rencontre-avec-philippe-manoury Fri, 27 Apr 2012 16:30:08 GMT ]]> <p>Philippe Manoury, né à Tulle (Corrèze) en 1952, professeur de musique à l’Université de&nbsp;San Diego en Californie est sacré meilleur compositeur aux Victoires de la musique classique&nbsp;2012 pour son opéra <em>La nuit de Gutenberg</em>&nbsp;composé au moyen de l’outil logiciel Antescofo. Un outil développé par Arshia Cont, chercheur à Inria et à l’Ircam.</p> <a name="eztoc495051_1" id="eztoc495051_1" class="anchor"></a><h3>Vous considérez-vous comme un pionnier qui explore les nouveaux univers musicaux&nbsp;?</h3><p>Tous les compositeurs ont été des pionniers. Bach, Wagner, Debussy et tous les autres ont tous été à leur manière des innovateurs. Ils ne se sont pas contentés de faire ce qui existait.</p> <a name="eztoc495051_2" id="eztoc495051_2" class="anchor"></a><h3>Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec l’informatique&nbsp;?</h3><p>Cela remonte aux années 70 au tout début de l’informatique. J’avais commencé à travailler à l’Inria sur les cartes perforées. A l’époque je recherchais un certain formalisme mathématique comme le calcul des probabilités, les chaînes de Markov etc. Hormis le formalisme mathématique, ce qui m’intéresse beaucoup c’est la création de nouveaux systèmes de synthèses sonores. C’est-à-dire&nbsp; créer des sons que les instruments ne peuvent pas produire. Nous sommes habitués à utiliser toujours les mêmes instruments. Je trouve que les nouveaux systèmes de synthèse sonore permettent d’échapper à une trop grande standardisation dans les instruments.</p> <a name="eztoc495051_3" id="eztoc495051_3" class="anchor"></a><h3>Quels horizons de création musicale l’informatique ouvre-t-elle&nbsp;?</h3><p>Avant l’informatique musicale il y avait la musique électronique expérimentale développée par des compositeurs comme&nbsp;Karlheinz Stockhausen en 1953. Beaucoup de choses avaient déjà été inventées à cette époque. L’informatique n’est venue qu’après en proposant une écriture de la musique.</p> <a name="eztoc495051_4" id="eztoc495051_4" class="anchor"></a><h3>Quel rôle l'informatique joue t elle dans la création musicale&nbsp;?</h3><p>Autrefois il y avait des compositions en musique électronique d’un côté et des compositions en musique instrumentale de l’autre. L’informatique a rendu possible une plus grande coexistence entre la musique instrumentale et la musique électronique. Elle permet en effet d’analyser les sons instrumentaux et de les transformer avec des techniques très performantes.</p> <a name="eztoc495051_5" id="eztoc495051_5" class="anchor"></a><h3>Selon vous l’écriture a apporté à la musique l’harmonie et la polyphonie.Quels pourraient être les apports des technologies numériques à la musique&nbsp;?</h3> <div class="object-left"> <p class="illustration" style="width:266px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/rocquencourt/actualites-images/philippe-manoury-piano/495038-1-fre-FR/philippe-manoury-piano.jpg" width="260" height="195" alt="" title="" /> </span> <span class="legende"> Philippe Manoury - <cite>© Pauline de Mitt</cite> </span> </p></div> <p>Une connaissance plus approfondie du son. En effet, grâce à&nbsp; l’informatique, on s’est rendu compte que l’univers sonore est beaucoup plus complexe que ce que l’on imaginait autrefois.&nbsp; Ainsi pourront se développer de nouvelles formes d’écriture, comme l’harmonie l’a été en son temps. Le premier traité de l’harmonie a été produit en 1722 par Jean-Philippe Rameau lequel a pu déduire toute l’harmonie grâce aux harmoniques naturelles du son. On peut imaginer aujourd’hui des théories adaptées à notre connaissance actuelle du son.</p> <a name="eztoc495051_6" id="eztoc495051_6" class="anchor"></a><h3>Compose-t-on de la même manière lorsqu’on intègre la dimension informatique&nbsp;?</h3><p>Non&nbsp;! Lorsque je compose de la musique instrumentale, j’écris sur la partition et la musique sonne dans ma tête. Parce que je sais comment fonctionne un orchestre. J’ai été éduqué comme cela, c’est culturel. Le son électronique est moins culturel et moins standardisé car il est relativement nouveau. On ne peut donc pas composer de la même manière. Il est indispensable de faire des expérimentations avec les sons électroniques pour remplacer cette mémoire qui nous manque.&nbsp;</p> <a name="eztoc495051_7" id="eztoc495051_7" class="anchor"></a><h3>La relation qu’entretient la musique avec l’informatique est-elle la même en France et aux Etats-Unis&nbsp;?</h3><p>Je dirais que c’est la relation à la musique qui n’est pas la même. Aux Etats-Unis, la création musicale contemporaine n’existe pas en dehors des universités. Les Américains sont assez conservateurs pour ce qui est de la musique. Aux Etats-Unis, il n’y a pas de pensée esthétique hors du champ de la technique. C’est ce qui sépare le plus les Américains des Européens.</p> <a name="eztoc495051_8" id="eztoc495051_8" class="anchor"></a><h3>Qu’attendez-vous des technologies numériques dans vos futures compositions&nbsp;?</h3><p>J’attends davantage de progrès dans la reconnaissance audio des structures musicales. L’oreille sait identifier facilement des mélodies, des accords, des rythmes et des formes musicales. Nous en sommes encore loin avec l’informatique. Cela permettrait de synchroniser la musique avec les instruments de façon plus précise.</p> <p>En outre, il faudrait désormais instaurer une certaine stabilité dans les technologies numériques lesquelles évoluent un peu trop vite. Le solfège que j’utilise pour composer fonctionne toujours alors qu’il date du 11<sup>ième</sup> &nbsp;siècle. Mais un programme informatique ne fonctionne plus deux ans après.</p> <a name="eztoc495051_9" id="eztoc495051_9" class="anchor"></a><h3>Finalement <em>La nuit de Gutenberg</em>&nbsp;retrace le parcours de l’écriture depuis son invention jusqu’à Internet. Antescofo, l’outil logiciel dont vous vous êtes servi dans la composition de cet opéra a-t-il permis de retracer parfaitement&nbsp; les évolutions technologiques connues par l’écriture&nbsp;?</h3><p>Bien sûr que oui. Pour moi Antescofo est une des plus belles inventions depuis dix ans dans l’informatique musicale. Ce programme permet de faire de la polyphonie, de gérer la superposition de temps hétérogènes comme jamais auparavant. Antescofo permet de concevoir de la musique sous une forme qui est assez proche de l’écriture traditionnelle. En musique la notion de temps est relative. Contrairement aux autres programmes informatiques, Antescofo permet d’exprimer ce caractère relatif des temps musicaux hétérogènes.</p> Etudier les aléas naturels pour comprendre et prévoir les risques http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/rencontre-avec-jacques-sainte-marie Fri, 27 Apr 2012 14:42:47 GMT ]]> <p>Nous avons rencontré Jacques Sainte-Marie chercheur au sein de l’équipe-projet Bang du centre de recherche Inria Paris - Rocquencourt.</p> <a name="eztoc494883_1" id="eztoc494883_1" class="anchor"></a><h3>Pouvez-vous nous dire sur quel sujet porte vos recherches ?</h3><p> Nos travaux de recherche portent sur les aléas naturels (tsunami, houle, érosion, crues,...) et les risques industriels (rupture de barrage, pollutions) qui mettent en jeu des phénomènes physiques complexes difficiles à décrire. <br /> On s’intéresse ainsi aux écoulements stratifiés (l’écoulement n’est pas homogène sur la verticale) par exemple à densité variable (stratification thermo-haline pour les océans). La stratification peut aussi être liée à la présence dans l’eau de polluants, d’espèces biologiques et de sédiments. On étudie également les couplages induits lorsque le fluide rencontre des structures (houle dans un port).<br /> On cherche à développer de bons modèles pour ces écoulements complexes, ces modèles devant être adaptés aux phénomènes physiques étudiés, simulés efficacement et validés. Les modèles issus de la mécanique des fluides, typiquement les équations de Navier-Stokes, permettent de décrire l’hydrodynamique (propagation des ondes et des courants).<br /> Le programme de recherche de l’équipe est centré sur la modélisation, l’analyse mathématique, numérique et la simulation de modèles, de complexité réduite par rapport aux équations de Navier-Stokes, mais s’affranchissant des hypothèses classiques que l’on retrouve dans les modèles d’écoulements dits «peu profonds». Mais l’analyse et la simulation de ces modèles sont délicates et c’est un point fort des travaux de recherche de l’équipe.</p> <a name="eztoc494883_2" id="eztoc494883_2" class="anchor"></a><h3>A quels enjeux sociétaux répondez-vous avec ces recherches ? &nbsp;</h3> <div class="object-left"> <p class="illustration" style="width:266px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/rocquencourt/actualites-images/tsunami-2011-japon/494960-1-fre-FR/tsunami-2011-japon.jpg" width="260" height="167" alt="" title="" /> </span> <span class="legende"> Carte des fonds marins au large du Japon avec l'épicentre du séisme de mars 2011 (cercle rouge) - <cite>© Bang - Inria</cite> </span> </p></div> <p> Il s’agit pour nous de fournir des outils de simulation, de prévision des phénomènes mentionnés ci-dessus. Ces outils pouvant servir au dimensionnement des structures (barrage, digues) par exemple dans le cas de submersions marines.<br /> Actuellement, nous travaillons sur la problématique du couplage hydrodynamique-biologie. L’eau contient des espèces biologiques qui sont d’une part transportées par le fluide mais d’autre part vivent, croissent, réalisent la photosynthèse au sein du fluide. En plus de l’hydrodynamique il s’agit donc de représenter finement l’évolution des quantités biologiques qui ont souvent des constantes de temps hétérogènes et différentes de celles de l’hydrodynamique. Les retombées de ces travaux sont nombreuses, citons la prévision de la captation du CO2 dans les océans ou encore la production de bio-carburants à partir de micro-algues cultivées en bassins. Ces travaux se font en collaboration avec l’EPI Biocore. D’ailleurs, le projet que nous avons proposé conjointement sur la valorisation des micro-algues et intitulé GREENSTARS est un des lauréats de l’appel à projet ``Institut d’Excellence sur les Énergies Décarbonées’’.</p> <a name="eztoc494883_3" id="eztoc494883_3" class="anchor"></a><h3>Existe-il aujourd’hui des applications concrètes? Si oui, avec quels partenaires travaillez-vous ?</h3><p> Les modèles et outils numériques de simulation que nous développons font régulièrement l’objet de transferts.<br /> Ces transferts se font vers des chercheurs en géosciences, hydraulique,... et vers des partenaires industriels tels EDF R&amp;D ou la PME Naskeo.<br /> Ainsi un modèle dit de Saint-Venant étendu que nous avons développé a été implémenté dans les codes de simulation d’EDF et est utilisé pour la prévention des risques associés aux ondes de submersion.<br /> Notre équipe travaille en partenariat avec le ministère de l’écologie et du développement durable (dont je dépends). Au niveau applicatif, nous avons 3 types de partenaires :<br /> - des partenaires du monde académique tels l’IPGP (Institut de Physique du Globe de Paris), l’INRA, des laboratoires d’océanographie,...<br /> - des partenaires industriels tels EDF et&nbsp; Naskeo (www.naskeo.com)<br /> - des services publics en charge des aménagements côtiers, portuaires, des risques naturels (crues, inondations,...)</p> La maison de la simulation labellisée centre de formation par PRACE http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/la-maison-de-la-simulation-labellisee-centre-de-formation Fri, 6 Apr 2012 17:40:44 GMT ]]> <p>Dispenser des formations couvrant l’ensemble des techniques utiles pour le calcul intensif est l’objectif de la labellisation de 6 organismes européens par le projet européen PRACE (Partnership for Advanced computing in Europe). Quels types de formations vont être dispensées&nbsp;? Quel est l’objectif d’une telle labellisation&nbsp;? </p> <p>La Maison de la Simulation coordonnera les activités du PATC (Prace Advanced Training Center) français, qui regroupe les 3 centres de calcul nationaux et Inria. Les cours dispensés recouvriront l'ensemble d'un cursus commun, depuis les cours de base (MPI, OpenMP), jusqu'à des formations sur des aspects spécifiques , comme la programmation des GPU (cartes graphiques utilisées pour du calcul), l'utilisation de la machine européenne Curie ou des formations plus &quot;amont&quot; comme l’utilisation de bibliothèques de calcul, des outils de développement, et des cours plus théoriques sur l'algorithmique.&nbsp;</p> <p>La formation d'un plus grand nombre de scientifiques au calcul intensif est un enjeu fondamental, reconnu depuis longtemps (voir en France les rapports du <a href="http://www.genci.fr/spip.php?article133" target="_self">CSCI</a>, du <a href="http://calcul.math.cnrs.fr/Documents/DocOfficiels/hcst_csi_2007.pdf" target="_self">HCST</a>,&nbsp; et du colloque &quot;Penser le Petaflop&quot;, que l'on peut trouver <a href="http://calcul.math.cnrs.fr/spip.php?rubrique17&amp;lang=fr" target="_self">ici</a>). En caricaturant à l’extrême, l'Europe (et la France) ayant réalisé un immense effort d'équipement en matériel, un effort équivalent est nécessaire pour utiliser ces machines de manière optimale. Le calcul intensif est &nbsp;en effet devenu un outil indispensable dans les différents domaines scientifiques. Il a permis des avancées majeures et contribue aussi à des progrès importants ayant des conséquences en termes de compétitivité industrielle. Il est donc nécessaire de savoir programmer ces super-calculateurs pour les exploiter au niveau de performance que l’on peut en attendre (petaflops&nbsp;: 1015 opérations par seconde). Sujet délicat, car la programmation d'un ordinateur &quot;normal&quot; est déjà compliquée.</p> <p>Les scientifiques européens utilisant ces ressources n’ont qu’un seul but, faire progresser leur discipline et ne sont en général pas des spécialistes en sciences informatiques. Il est donc crucial que ces formations leur permettent d’acquérir les compétences dont ils vont avoir besoin.</p> <p>Dans un deuxième temps, l’objectif visé est de créer une communauté d'utilisateurs, puisque des chercheurs de cultures différentes vont se croiser lors de ces formations. D’ailleurs, l’un des buts de Prace est de constituer de manière durable un &quot;écosystème&quot; du calcul intensif en Europe.</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <p><strong>En savoir plus</strong></p> <p>La <a href="http://www.maisondelasimulation.fr" target="_blank">Maison de la Simulation </a>est une initiative conjointe du CEA, du CNRS, d'Inria, de l'Université de Versailles Saint – Quentin – en – Yvelines et de l'Université Paris-Sud dont l'objectif est de favoriser l’utilisation efficace par la communauté scientifique des grands équipements de calcul intensif mis en œuvre, aussi bien au niveau national avec GENCI, qu’au niveau Européen dans le cadre du projet PRACE, ainsi que de <strong>développer la recherche</strong>&nbsp;dans le domaine du HPC.</p> <p><a href="http://www.prace-ri.eu/" target="_blank">Prace</a>&nbsp;(Partnership for Advanced Computing in Europe) est un projet européen qui vise à installer en Europe une infrastructure de calcul intensif de classe mondiale, de façon à promouvoir des avancées scientifiques dans les domaines pour lesquels la simulation joue un rôle important (climat, sciences de la vie, astrophysique, science des matériaux, physique, ...).</p> <p>Prace a la forme d'une Association à but non-lucratif de droit Belge, 24 pays européens y participent. La France y est représentée par <a href="http://www.genci.fr/" target="_blank">Genci </a>(dont Inria est un des associés). Prace permet l'accès à des heures de calcul sur des super-ordinateurs de très grande puissance, indépendamment de l'endoit où ils sont situés. Les 2 premières machines installées sont à Jülich (Allemagne), et à Bruyères-le-Chatel (France la machine Curie, installée au CEA par <a href="http://www.genci.fr/spip.php?article152&amp;lang=en" target="_blank">Genci</a>)</p> </div> </div> Nelly Bencomo : « Inria est un organisme de choix pour mener des recherches » http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/rencontre-avec-nelly-bencomo Mon, 26 Mar 2012 17:27:12 GMT ]]> <p>Nelly Bencomo, originaire du Venezuela, a vécu pendant plus de 10 ans au Royaume-Uni avant de rejoindre la France. Après son doctorat à l’université de Lancaster (Royaume-Uni), elle a obtenu une bourse européenne Marie Curie pour mettre en œuvre un projet de recherche, d’une durée de 2 ans au sein de l’équipe-projet Arles, portant sur : «&nbsp;<em>requirements-aware systems</em>&nbsp;».</p> <a name="eztoc478175_1" id="eztoc478175_1" class="anchor"></a><h3>Pouvez-vous décrire votre projet ?</h3><p>Les systèmes prenant en compte les exigences constituent l'axe principal de mes recherches, et le projet est baptisé requirements@runtime. L’idée du projet est d’avoir des systèmes informatiques capables de s'auto-analyser pour pouvoir s’adapter à de nouvelles situations. Lorsque j’étais à l’Université centrale du Venezuela (<em>Universidad Central de Venezuela</em>), j’ai conduit des recherches en génie logiciel dans un laboratoire de mathématiques et j’ai également enseigné le génie logiciel, les probabilités, les statistiques et la simulation orientée objet. À Lancaster, j’ai mené des recherches en ingénierie dirigée par les modèles au sein du groupe de recherche sur les intergiciels.</p> <a name="eztoc478175_2" id="eztoc478175_2" class="anchor"></a><h3>Pourquoi avez-vous choisi la France pour votre poste de recherche Marie Curie ?</h3><p>J’aime la France, et l’idée de venir à Paris en particulier était tentante. Je parle déjà espagnol et anglais, et le français me semblait très utile pour constituer de nouveaux réseaux. L’ouverture culturelle est importante pour un(e) universitaire qui voyage, participe à des conférences, à des ateliers internationaux et qui travaille à des projets européens.</p> <a name="eztoc478175_3" id="eztoc478175_3" class="anchor"></a><h3>Pourquoi avez-vous choisi Inria, et en particulier l’équipe de recherche Arles de Rocquencourt, pour votre poste de recherche Marie Curie ?</h3><p>Inria est un organisme de choix pour mener des recherches. Quand j’étais assistante au Venezuela, les principales relations de mon école concernaient la France. Nombre de mes collègues sont venus en France pour poursuivre leur doctorat, et certains ont travaillé avec Inria dans le cadre de collaborations de recherche. De plus, à l’université de Lancaster, Inria jouit d’une très bonne réputation.</p> <p>En ce qui concerne l’équipe-projet Arles, c’était vraiment l’équipe à rejoindre. J’ai travaillé dans le domaine de l’intergiciel du point de vue du génie logiciel, et cette équipe m’offre l’opportunité de continuer ces travaux avec, en plus, l’introduction de méthodes plus professionnelles dans mes recherches. Valérie Issarny, la responsable d’Arles, est une chercheuse très réputée dans ce secteur. L’équipe est en outre très ouverte à mes propres thèmes de recherche et j’espère qu’ils trouvent aussi que mon profil leur a été profitable. Je l’envisage comme un partenariat symbiotique.</p> <a name="eztoc478175_4" id="eztoc478175_4" class="anchor"></a><h3>Qu’attendez-vous de ce poste de recherche Marie Curie ?</h3><p>L’objectif est de me faire connaître en tant que chercheuse internationale renommée dans mes thèmes de recherche. Ainsi, si tout se déroule bien, j’obtiendrai un poste de titulaire en tant qu’universitaire. J’aspire notamment à être enseignante au Royaume-Uni ou en France. J'apprécie tellement Inria qu'un poste de titulaire en tant que chercheuse responsable de groupe serait formidable ! C’est tentant, mais il y a aussi beaucoup de concurrence. Je verrai bien.</p> Rencontre avec Gilles Dowek, responsable de l'équipe Deducteam http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/deducteam Mon, 12 Mar 2012 11:31:26 GMT ]]> <p>Nous avons rencontré Gilles Dowek, responsable de l’équipe Deducteam créée le 1er janvier dernier. </p> <a name="eztoc470346_1" id="eztoc470346_1" class="anchor"></a><h3>Quels types de recherche vont être menées par votre équipe ? Sur quel sujet est-ce que cela va porter ?</h3><p> <strong>Gilles Dowek :</strong>&nbsp;Les recherches que nous menons s’inscrivent dans le domaine des méthodes formelles, domaine qui a une longue histoire à Inria, puisque les premières équipes dans ce domaine datent du début des années soixante-dix.<br /> Au sein de ce très vaste domaine, notre équipe s’intéresse plus particulièrement à deux problèmes : la conception de systèmes de vérification de démonstrations petits et flexibles et la conception de systèmes de recherche de démonstrations. Notre stratégie peut se résumer par deux slogans : ne pas s’attacher à une théorie particulière, ne pas dissocier la vérification de démonstrations de la recherche de démonstrations.</p> <a name="eztoc470346_2" id="eztoc470346_2" class="anchor"></a><h3>Est-ce plutôt un projet de recherche fondamentale ou appliquée ?</h3><p> <strong>Gilles Dowek :</strong>&nbsp;Comme souvent en informatique, les recherches fondamentales et appliquées sont proches et se nourrissent mutuellement. Par le passé, nos travaux ont surtout été des travaux fondamentaux : nous nous sommes attachés à la conception de nouvelles logiques, utiles en vérification et en recherche de démonstrations. Il y a quelques années, nous avons pris un virage vers des travaux plus appliqués, avec le développement d’outils logiciels fondés sur ces logiques : Dedukti et iProver Modulo.<br /> Les logiciels sont parmi les objets les plus complexes construits par les hommes. Arriver à concevoir des systèmes à la fois complexes et corrects est un défi technique tout à fait nouveau à l’échelle historique.</p> <a name="eztoc470346_3" id="eztoc470346_3" class="anchor"></a><h3>Avez-vous des partenaires académiques ou industriels ?</h3><p><strong>Gilles Dowek : </strong>Nos coopérations sont très éclectiques : nous avons des coopérations internationale sur des questions plutôt théoriques avec nos collègues chinois et britanniques, des coopérations plus orientées vers des problèmes industriels avec la NASA et la communauté B, ... mais nos coopérations les plus précieuses sont peut-être celles que nous avons à l’intérieur d’Inria. Nous avons un tissu exceptionnel en méthodes formelles, que beaucoup nous envient.</p> Les sciences du numérique au service de la recherche contre le Cancer http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/recherche-contre-le-cancer Fri, 3 Feb 2012 17:51:35 GMT ]]> <p>Le 4 février prochain aura lieu la journée mondiale contre le cancer. Le cancer est encore aujourd'hui la première cause de mortalité dans le monde, bien avant les guerres et autres catastrophes naturelles.Quelles sont les recherches menées dans ce domaine ? Rencontre avec Dirk Drasdo et William Weens de l’équipe-projet Bang qui mène des recherches sur ce sujet.</p> <a name="eztoc435461_1" id="eztoc435461_1" class="anchor"></a><h3><strong>Quelles sont les recherches menées dans ce domaine par votre équipe ?</strong></h3> <div class="object-right"> <p class="illustration" style="width:116px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/rocquencourt/recherche-images/dirk-drasdo/434642-1-fre-FR/dirk-drasdo_xml_vignette.jpg" width="110" height="165" alt="Dirk Drasdo chercheurs au sein de l’équipe-projet Bang © Inria / Photo C. Tourniaire " title="Dirk Drasdo chercheurs au sein de l’équipe-projet Bang © Inria / Photo C. Tourniaire " /> </span> </p></div> <p><strong>Dirk Drasdo et Wiliam Weens&nbsp;:</strong>&nbsp;Notre groupe travaille sur divers projets et plus globalement sur l’organisation des tissus, leur régénération ainsi que sur les processus de croissance des cellules dans les cancers du foie et du poumon.</p> <p>Jusqu’à 2011 nous étions impliqué dans le projet CancerSys. Ce dernier était un projet de l’UE traitant des premières étapes du développement du cancer du foie. Les expérimentateurs travaillaient en collaboration étroite avec nous, dans le but d’expliquer les phénotypes des tumeurs observés dans les expériences. Dans ces dernières, une molécule était injectée dans des souris transgéniques afin d’induire la formation de tumeurs.</p> <p>Nous travaillons aussi sur des projets similaires dans le cancer du poumon afin d’évaluer la croissance et les propriétés d’invasion du carcinome du poumon à petites cellules, un cancer très agressif. L’objectif est d’étudier les options thérapeutiques telles que les effets de la chimiothérapie et de l’érythropoïétine (protéine portant un glucide) à l’aide de modèle et d’expériences.&nbsp; Les expérimentations et la modélisation sont réalisées en incluant les processus présents à différentes échelles – intracellulaire, cellulaire et multicellulaire – et en considérant les différents systèmes expérimentaux&nbsp;: <em>in vitro, </em>murin et humain. Les modèles mathématiques sont utilisés pour guider la stratégie expérimentale dans la direction des expériences les plus prometteuses et instructives.</p> <div class="object-left"> <p class="illustration" style="width:116px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/rocquencourt/recherche-images/william-weens/434638-3-fre-FR/william-weens.png" width="110" height="165" alt="William Weens, chercheurs au sein de l’équipe-projet Bang © Inria" title="William Weens, chercheurs au sein de l’équipe-projet Bang © Inria" /> </span> </p></div> <p>D’autres projets sur lesquels nous travaillons abordent l’homéostasie* dans des tissus afin de comprendre les mécanismes sous-jacents au contrôle de la taille des populations de cellules&nbsp;; les effets des contraintes biomécaniques sur la croissance des sphéroïdes de tumeurs&nbsp;; l’effet de certains médicaments sur les cellules du foie <em>in vitro </em>pour estimer le remplacement à long terme des modèles <em>in vivo</em>&nbsp;(animal) par des systèmes <em>in vitro.</em></p> <p>Enfin, nous sommes actuellement associé au projet sur le foie virtuel (virtual liver network&nbsp;: VLN), voir ci-dessous.</p> <p>Chaque projet est financé par des organisations nationales en France, en Allemagne ou par l’UE. Tous les projets sont menés en collaboration rapprochée avec des partenaires (expérimentateurs, modélisateurs, industriels). Ceci permet de directement paramétrer les modèles grâce des données expérimentales, de valider les prédictions des modèles aussi bien que d’inclure de la modélisation de pointe à chaque échelle. Enfin, cela pousse dans la direction d’une recherche donnant une valeur ajoutée aux entreprises.</p> <a name="eztoc435461_2" id="eztoc435461_2" class="anchor"></a><h3><strong>En quoi les sciences informatiques et les mathématiques sont utiles dans ce type de recherche?</strong></h3><p><strong>Dirk Drasdo et Wiliam Weens&nbsp;:</strong></p> <p>Les méthodes que nous utilisons pour analyser l’origine de l’organisation multicellulaire combinent l’informatique, les mathématiques et la physique utilisant largement une chaîne de processus développée dans notre groupe pour comprendre les mécanismes d’organisation des tissus au niveau histologique (étude de tissus biologiques). La chaîne de processus est bien illustrée en regardant la régénération du foie après une injection toxique et destructrice.</p> <p>Pour construire des simulations réalistes, l’architecture du foie a été déterminée au niveau histologique à partir d’image de microscopie optique et confocale obtenues pendant toute la phase d’injection. Ces images ont été analysées et ont permis de mesurer les paramètres de l’architecture et des dommages dans les lobules ce qui a permis ensuite d’obtenir un échantillon statistique représentatif&nbsp; quantifiant le foie avant et après l’injection et ses dommages associés.</p> <p>Les résultats obtenus ont été utilisés pour construire l’état initial de notre modèle mathématique et de le configurer pour la régénération dynamique. Dans ce modèle, les vaisseaux sanguins et les hépatocytes (des cellules présentes uniquement dans le foie) sont représentés.</p> <p>Les simulations de modèle peuvent être vues comme des «&nbsp;expériences sur ordinateur&nbsp;», ce sont des expériences virtuelles. Les résultats produits avec notre modèle sont comparés quantitativement avec des résultats expérimentaux. Grâce à une stratégie d’analyse de sensibilité, en variant chaque paramètre mathématique dans un domaine physiologiquement raisonnable et en modifiant le modèle grâce à de nombreux échanges avec nos partenaires expérimentateurs, nous avons pu finalement prévoir un processus, inconnu et validé par la suite, de la régénération du foie.</p> <p>Notre ligne de recherche actuelle suit ce schéma général&nbsp;: définition des paramètres spatiaux à partir d’images expérimentales, construction du modèle, comparaison des résultats avec des données expérimentales. Le traitement et l’analyse d’image, suivi de la définition des paramètres des images analysées peuvent permettre à un spécialiste – par des estimations indépendantes de matériel histologique d’objectiver son diagnostique. Comme nous travaillons la plupart du temps à l’échelle histologique, nous utilisons principalement les modèles à base d’agents dans lesquels chaque cellule est représentée. Ce type de modèle comprend deux principaux types&nbsp;:</p> <ul> <li>des modèles où chaque cellule est caractérisée par des propriétés physiques et cinétiques dans un espace continue. En effet, une cellule se déplace à cause des forces qui lui sont appliquées ainsi que son déplacement propre (sa micro-motilité). Les cellules peuvent croître, se diviser, mourir, changer leur polarité, etc. et ainsi accomplir tous les changements d’état et les activités observés dans les expériences.</li> <li>des modèles à base de règles sur des réseau non structurés calibrés par le modèle physique décrit précédemment afin d’éviter tout artéfact causé par un choix inapproprié des règles. Ce dernier type permet de travailler sur des populations de plus grande taille pour certains modèles jusqu’à un milliard de cellules mais – comme cela se passe dans un espace discret – sans autoriser les changements graduels dans la position de la cellule. Pour cette raison, nous complétons de plus en plus nos méthodes par des modèles continus où les équations sur les cellules ne sont pas résolues individuellement mais remplacées par des variables de densités locales.</li> </ul> <p>L’avantage fondamental des modèles individu-centré basés sur les cellules est que le réseau intracellulaire de signalisation moléculaire ainsi que les réseaux métaboliques (considérablement étudiés dans la biologie des systèmes depuis une dizaine d’année), peuvent être directement et littéralement intégrés dans chaque cellule et couplé à l’état de la cellule et de son activité. L’évolution des nutriments et signaux dans l’espace extracellulaire est calculée à l’aide d’équations aux dérivées partielles.&nbsp;</p> <a name="eztoc435461_3" id="eztoc435461_3" class="anchor"></a><h3><strong>Jusqu'à octobre 2011 vous faisiez partie du projet Cancersys, depuis vous faites partie du projet virtual liver? Quel est votre rôle et quels en sont les enjeux ?</strong></h3><p><strong>Dirk Drasdo et Wiliam Weens&nbsp;:</strong>&nbsp;En effet, nous faisons partie du <em>virtual liver network</em>, probablement le plus grand réseau sur la biologie des systèmes qui concentre mondialement ses efforts sur un objectif commun. Le réseau s’étend sur toute l’Allemagne et nous sommes le seul partenaire étranger. Il inclut 69 chefs de sous-projets dans différents instituts de recherche et universités ainsi que dans l’entreprise Bayer. Ce grand défi scientifique vise la mesure et la modélisation de tous les processus à toutes les échelles spatiales et temporelles du foie sain et malade. Ceci inclut la régulation de l’expression des gènes, la transduction du signal intracellulaire, le métabolisme, les signaux intercellulaires, les cellules de types différents et dans différents états, les unités fonctionnels de l’organe telle que les lobules (la plus petite sous-unité fonctionnelle du foie), les lobes du foie en incluant les réseaux sanguins et biliaires, enfin l’organe dans son ensemble et l’impact à l’échelle du patient.</p> <p>Les processus de chaque échelle doivent être liés de façon pertinente au processus et à l’état des échelles plus petites et plus grandes qui sont consécutives mais pas seulement. Cela implique de sérieux défis dans le développement des modèles à chaque échelle, de leurs intégration et l’implémentation logicielle&nbsp; pour aboutir à un modèle intégré liant tous les différents composants.</p> <p>Le second grand enjeu est dans l’organisation de la communication et du déroulement des opérations qui doivent être horizontales entre les expérimentateurs et modélisateurs travaillant à une certaine échelle et verticale pour ceux travaillant à différentes échelles. Comme les méthodes expérimentales et les méthodes de modélisations sont souvent différentes entre les différentes échelles, la communication à l’interface de chacune est une tâche ambitieuse. Une équipe de gestion et un comité consultatif scientifique doivent être établis pour coordonner et guider les activités des partenaires, permettant alors au réseau de progresser comme un collectif bien orchestré.</p> <p>Dans ce projet, nous sommes chargés de la modélisation intégrée à l’échelle du lobule et du lobe, échelle dont nous sommes référent au niveau administratif dans l’équipe de gestion.</p> Au carrefour des sciences informatiques et de la musique http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/science-et-musique Wed, 1 Feb 2012 16:20:20 GMT ]]> <p>Déléguer à l'ordinateur non seulement l'interprétation, mais aussi l'écriture musicale, telle est l’idée qui régit la création de la nouvelle équipe de recherche MuSync. Avec l'objectif de cerner au plus près l’activité humaine complexe du compositeur et de l'interprète.</p> <p>L’ordinateur peut déjà se placer en position d’interprète des programmes informatiques sur la scène, avec les musiciens. Pour y arriver, il doit être doté d’une capacité d’écoute et de synchronisation avec les musiciens, afin que ses actions (réactives) soient déterminées en temps réel. Et cela malgré d'éventuelles erreurs des musiciens, des perturbations de l’environnement ou bien des problèmes liés à l'ordinateur lui-même!</p> <p>C'est le défi scientifique et artistique relevé par le logiciel <em>Antescofo</em>, remarqué en 2011 le&nbsp;jury du magazine&nbsp;<em>La recherche</em>&nbsp;(prix spécial). Ce logiciel&nbsp;s’utilise comme un accompagnateur automatique. Il est intervenu dans la production d'œuvres inédites de compositeurs et artistes de l’Ircam.</p> <p>MuSync porte cette aventure scientifico-musicale plus loin encore. Elle associe ainsi deux approches importantes en informatique musicale&nbsp;:</p> <ol> <li><strong>L'écoute artificielle </strong>: reconnaissance et extraction des données musicales en temps réel depuis un signal audio&nbsp;(en utilisant des techniques de traitement du signal et d'apprentissage statistique)</li> <li>La <strong>programmation synchrone réactive en informatique musicale</strong></li> </ol> <p>Le couplage de ces deux thématiques, souvent considérées comme distinctes, est au cœur de la pratique musicale (de la composition à la performance). Il peut ainsi ouvrir le champ des possibles dans l’interaction musicale homme-machine. Il permettra également de résoudre des problèmes intéressants en modélisation.</p> <p>Les sciences informatiques et les mathématiques sont donc au coeur de ces recherches. Grâce à leur déploiement dans les objets numériques quotidiens (appareils photo, tablettes numériques, etc),&nbsp;les modèles d’apprentissage automatique d'une part, et les langages et modèles de programmation temps réel et concurrente d'autre part, sont arrivés à une certaine maturité ces dernières années. Mais leur application en musique a connu un léger retard, expliqué par la complexité temporelle des signaux musicaux. Cette complexité remet en question la définition et la validité mêmes de ces modèles évolués. </p> <p>L'équipe MuSync se donne pour mission, grâce à l'intervention de chacun de ses partenaires, d'expliciter et de redéfinir ces modèles fondamentaux.</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc434679_0_1" id="eztoc434679_0_1" class="anchor"></a><h4>En savoir plus sur l'équipe MuSync :&nbsp;</h4> <div class="object-left"> <p class="illustration" style="width:206px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/rocquencourt/actualites-images/logiciel-antescofo/434791-1-fre-FR/logiciel-antescofo_medium.jpg" width="200" height="150" alt="" title="" /> </span> <span class="legende"> Logiciel Antescofo - <cite>© Ircam</cite> </span> </p></div> <p>L'équipe Musync est aujourd'hui composée de trois permanents : Arshia Cont, CR Ircam&nbsp;; Jean-Louis Giavitto, DR CNRS&nbsp;; Florent Jacquemard, CR Inria, et deux doctorants. C'est une équipe commune CNRS,&nbsp;Inria, Ircam,&nbsp;UMPC,&nbsp;hébergée à l'<a href="http://www.ircam.fr/" target="_blank">Ircam</a>. Elle va prochainement coordonner le projet ANR INEDIT avec le GRAME (Lyon), et LABRI (Bordeaux), sur l’écriture et l’interaction.</p> <p> <a name='eztoc434800_0_0_0_0_2'></a> </p> <a name="eztoc434679_0_1_0_0_0_1" id="eztoc434679_0_1_0_0_0_1" class="anchor"></a><h6>Des collaborations sont également en cours avec&nbsp;:</h6> <ul> <li>&nbsp;l'équipe-projet Inria <a href="http://www.inria.fr/equipes/parkas" target="_self">Parkas</a>&nbsp;(commune avec l’<a href="http://www.ens.fr/" target="_self">ENS</a>) et les spécialistes des langages de programmation dans l’embarqué</li> <li>&nbsp;des laboratoires spécialistes de l’apprentissage automatique et modélisation mathématique comme UC Berkeley, UC San Diego, et aussi THALES Research et LIX avec qui l&nbsp;‘équipe organise des séminaires sur la géométrie de l’information dans leurs locaux.</li> </ul> </div> </div> « Santé à domicile et autonomie » : retour en images http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/rii-sante-a-domicile-et-autonomie-retour-en-images Thu, 24 Nov 2011 11:46:43 GMT ]]> <p>Découvrir les opportunités efficientes pour mieux, exploiter les données de santé, développer de nouveaux outils d’aide au diagnostic, à la prescription et au suivi, optimiser les applications d’assistance à la personne était l’ambition des 150 visiteurs qui ont participé à la RII «&nbsp;Santé à Domicile et Autonomie&nbsp;», le jeudi 20 octobre dernier au Cap 15 à Paris.</p> <p>Parmi eux, des représentants de grand groupes et de PME étaient présents. Démontrant ainsi l‘importance de la problématique et l’implication des équipes de recherche Inria dans le domaine.</p> <p>Après une matinée de conférences, les participants ont pu assister à des démonstrations.</p> Mazyar Mirrahimi : Vers une ingénierie des systèmes quantiques http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/vers-une-ingenierie-des-systemes-quantiques Wed, 23 Nov 2011 22:34:56 GMT ]]> <p>Mazyar Mirrahimi de l’équipe Sisyphe a co-signé récemment un article remarqué dans la revue&nbsp;<em>Nature</em>&nbsp;en collaboration avec l'équipe de Serge Haroche et Jean-Michel Raimond de l'ENS et Pierre Rouchon de l’Ecole des Mines de Paris. Entretien avec un automaticien passionné par les problèmes de physique quantique.</p> <a name="eztoc421340_1" id="eztoc421340_1" class="anchor"></a><h3>Quel a été votre parcours&nbsp;?</h3><p><strong>Mazyar Mirrahimi </strong>:&nbsp;J’ai fait ma première année d’étude supérieure de mathématiques en Iran puis je suis venu en France pour intégrer l’Ecole Polytechnique suite à des auditions que l’école organisait régulièrement sur place. La majeure partie des étudiants iraniens part aux Etats-Unis mais j’ai été attiré par le programme très varié de l’Ecole Polytechnique car j’aimais les mathématiques mais n’étais pas encore décidé à en faire mon métier.&nbsp;</p> <p>Au cours de mes études à Polytechnique, j'ai eu l'occasion de rencontrer mon futur directeur de thèse, Pierre Rouchon, mathématicien et automaticien à l’Ecole des Mines. Il s’intéressait depuis peu à des problèmes d’automatique à l’échelle quantique. J’ai commencé avec lui à me familiariser avec la physique, notamment en suivant les cours de Serge Haroche au Collège de France (chaire de physique quantique) avec qui nous avons travaillé par la suite et publié dans <em>Nature</em>. A la fin de ma thèse, après avoir été recruté chez Inria en 2006, j’ai effectué des séjours à Caltech, aux Etats-Unis, dans un laboratoire de physique connu pour avoir réalisé les premières expériences en automatique quantique. Ces séjours m’ont donné l’occasion de rapprocher mon travail théorique de l’expérience. &nbsp;</p> <a name="eztoc421340_2" id="eztoc421340_2" class="anchor"></a><h3>Où cet intérêt pour l’informatique quantique vous a-t-il conduit ?</h3><p><strong>Mazyar Mirrahimi :&nbsp;</strong>A mon retour en France, le groupe de Serge Haroche et Jean-Michel Raimond à l’ENS venait de réaliser des expériences très intéressantes sur le contrôle de systèmes quantiques et plus précisément, sur la mesure non-destructive de l'état d'un champ quantique piégé dans une cavité micro-onde, un problème qui suscite de nombreuses recherches depuis une vingtaine d’années. </p> <p>En effet, pour contrôler un système classique, nous effectuons tout d'abord une mesure sur le système et nous agissons en fonction de ce que nous avons observé. Par exemple, le thermostat d’un radiateur observe la température de la pièce et, en fonction de cette température et de la consigne choisie, la radiateur va ou non continuer à chauffer.&nbsp;Lorsqu’il s’agit de contrôler des particules ou un système quantique de cette façon, <strong><em>le fait même d’observer perturbe le phénomène</em></strong>. L’expérience faite à l'ENS visait à observer l’état d’un champ quantique sans le perturber. </p> <p>L'étape suivante consistait à utiliser cette information pour <strong><em>contrôler l’état du champ</em></strong>&nbsp;afin de le stabiliser, avec un nombre précis de photons. C’est là qu’interviennent nos travaux. Nous avons fourni un algorithme qui permet d'estimer l'état du système à partir de mesures partielles, imparfaites et corrompues par des &quot;bruits expérimentaux&quot;, et qui permet par la suite de contrôler l’état du système afin de le stabiliser autour de l'état quantique désiré.</p> <a name="eztoc421340_3" id="eztoc421340_3" class="anchor"></a><h3>Pouvoir contrôler l’état quantique d’un système ouvre-t-il la voie à l’ordinateur quantique ?</h3><p><strong>Mazyar Mirrahimi :&nbsp;</strong>L’expérience réalisée avec le groupe de l'ENS a été la première expérience de contrôle par rétroaction en temps réel d'un système quantique. Cela montre la possibilité de stabiliser ces états quantiques, qui sont les éléments de base, pour atteindre un traitement robuste de l'information quantique. Cela dit, pour avancer vers un véritable ordinateur quantique, nous avons besoin de coupler plusieurs de ces systèmes quantiques, ce qui semble très difficile pour ce genre de dispositif en optique quantique. Ce problème a amené les chercheurs du domaine de la physique mésoscopique à privilégier plutôt les circuits supraconducteurs à basses températures. Je suis actuellement pour un an à l'université de Yale, où je travaille avec le groupe de Michel Devoret (professeur à Yale et titulaire de la chaire de physique mésoscopique du Collège de France)&nbsp;sur certaines expériences dans le but de <strong><em>réaliser des portes logiques et les mémoires d'un ordinateur quantique</em></strong>. On sent poindre le début d’une ingénierie des systèmes qui obéit à des lois quantiques ou «&nbsp;ingénierie quantique&nbsp;».</p> <a name="eztoc421340_4" id="eztoc421340_4" class="anchor"></a><h3>Dans quels autres domaines cette ingénierie quantique pourrait-elle avoir un impact&nbsp;?</h3><p><strong>Mazyar Mirrahimi :&nbsp;</strong>Il y a tout un champ d’applications possible, notamment en métrologie pour améliorer la précision des mesures, comme on l’a fait pour l’horloge atomique. On pourrait envisager, par exemple, d’améliorer les mesures d’amplitude d’un champ magnétique et la stabiliser.&nbsp;Certaines applications comme la cryptographie quantique ou la communication quantique sont basées sur ces mêmes lois et sont plus faciles à obtenir. Il y existe déjà des prototypes industriels qui permettent de communiquer de l’information par des fibres optiques en la cryptant de façon quantique&nbsp;par la polarisation des photons de la lumière.</p> <a name="eztoc421340_5" id="eztoc421340_5" class="anchor"></a><h3>Quels sont vos projets après Yale?</h3><p><strong>Mazyar Mirrahimi :&nbsp;</strong>Le groupe de Yale fait des expériences sur les circuits supraconducteurs et je suis venu pour apprendre les outils et les principes de cette physique mésoscopique. Ce groupe, dirigé par Michel Devoret, travaille également avec un laboratoire de physique à l’ENS. A mon retour j’aimerais continuer sur ces expériences avec ce laboratoire.</p> Computer Vision: A Modern Approach http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/computer-vision-a-modern-approach Wed, 16 Nov 2011 15:03:31 GMT ]]> <p>La seconde édition du livre &quot;Computer Vision: A Modern Approach&quot; vient&nbsp;de sortir.&nbsp;</p> <p>Ce livre, écrit par David Forsyth (Université d'Illinois à&nbsp;Urbana-Champaign) et Jean Ponce (EPI Willow) est publié par Pearson&nbsp;Education, Inc. Sa première édition, sortie en 2002, a été vendue à&nbsp;plus de 10000 exemplaires dans le monde entier, et traduite en&nbsp;chinois, japonais et en russe.</p> Xavier Leroy, lauréat du prix « La Recherche 2011 en sciences de l'information » http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/prix-la-recherche-2011 Fri, 4 Nov 2011 11:48:42 GMT ]]> <p>Xavier Leroy, responsable de l'équipe-projet Gallium du centre de recherche Inria Paris - Rocquencourt, a obtenu le prix La Recherche 2011 en sciences de l'information le 18 octobre dernier aux côtés de Sandrine Blazy (université de Rennes, EPI Celtique), Zaynah Dargaye (maintenant au CEA), Jean-Baptiste Tristan (actuellement à Harvard). Récompensant ainsi leurs travaux sur la vérification formelle de compilateurs réalistes.&nbsp;</p> <a name="eztoc417206_1" id="eztoc417206_1" class="anchor"></a><h3>Qu'est-ce que CompCert ?</h3><p><strong>Xavier Leroy : </strong>CompCert est le compilateur que nous développons dans ce projet. &nbsp;Comme tout compilateur, c'est un outil qui traduit le code source, tel qu'écrit par les programmeurs (dans notre cas en langage C) en code machine, directement exécutable par l'ordinateur ou le système embarqué. &nbsp;Non content de traduire, un bon compilateur réécrit également le code pour en améliorer les performances: on parle alors d'optimisations de code.&nbsp;Les compilateurs sont des programmes fascinants: non seulement ils sont très complexes et réalisent des optimisations que bien peu de programmeurs pourraient faire à la main, mais aussi ils ont ce pouvoir très dérangeant d'introduire des erreurs derrière le dos du programmeur, produisant du code exécutable faux à partir d'un code source correct. &nbsp;Les Italiens disent &quot;traduttore, tradittore&quot; (&quot;traducteur, traître&quot;): c'est parfois vrai de la compilation comme de la traduction littéraire.&nbsp;Le but de notre projet CompCert est précisément d'éradiquer ce risque de mauvaise traduction par le biais d'une vérification formelle du compilateur. Nous avons mené à bien une preuve -- une véritable démonstration mathématique -- du fait que notre compilateur traduit toujours fidèlement les codes sources qu'on lui donne; ou en d'autres termes, que le code machine produit s'exécute exactement comme prescrit par la sémantique du code source. &nbsp;Notre système CompCert est le premier compilateur réaliste, utilisable pour la production de logiciel embarqué, à atteindre des garanties d'un niveau aussi élevé.</p> <a name="eztoc417206_2" id="eztoc417206_2" class="anchor"></a><h3>A qui vont servir ces travaux ?</h3><p><strong>Xavier Leroy : </strong>Dès le départ de l'effort CompCert, notre but était d'améliorer la qualité du logiciel critique en éliminant tout risque lié au compilateur, renforçant du même coup les garanties que l'on peut obtenir par l'application de méthodes formelles aux codes sources. Nos résultats suscitent l'intérêt de plusieurs acteurs de l'aéronautique. Nous avons en particulier une collaboration fructueuse avec Airbus, qui évalue l'utilisabilité de CompCert et réfléchit à lever les obstacles, notamment réglementaires, à son intégration dans leurs processus de développement.</p> <a name="eztoc417206_3" id="eztoc417206_3" class="anchor"></a><h3>Comment construire une telle preuve&nbsp;</h3><p><strong>Xavier Leroy : </strong>On pourrait l'écrire sur du papier, comme une démonstration mathématique ordinaire, mais la preuve serait si grosse (des milliers de pages) et si ennuyeuse qu'aucun mathématicien n'accepterait de la relire pour s'assurer qu'elle est juste. Au contraire, nous nous sommes fait aider par la puissance de l'ordinateur et avons utilisé l'assistant de preuves Coq. &nbsp;Ce logiciel, développé principalement dans les équipes PiR2 et Typical, permet de construire des preuves en interaction avec l'utilisateur, et surtout de les revérifier automatiquement, garantissant de la manière la plus forte qu'aucun des cas de la preuve n'a été oublié et que toutes les déductions logiques sont valides.</p> <a name="eztoc417206_4" id="eztoc417206_4" class="anchor"></a><h3>Qu'est-ce qu'un logiciel sûr ?</h3><p><strong>Xavier Leroy : </strong>Dans l'absolu: un logiciel qui ne &quot;plante&quot; jamais et remplit correctement, en toutes circonstances, les tâches qui lui sont dévolues. &nbsp;Une telle perfection est difficile à concevoir, mais certains logiciels critiques (dont dépendent des vies humaines) s'en approchent de très près, dans des domaines tels que les transports (avions, ferroviaire) et le nucléaire. Traditionnellement, une telle qualité s'obtient par des processus rigoureux de développement et d'énormes quantités de tests. &nbsp;De plus en plus, on utilise également des méthodes dites &quot;formelles&quot;, basées sur les mathématiques et la logique, telles que la preuve de programmes (comme nous l'avons fait pour CompCert) ou encore l'analyse statique (comme le fait l'outil Astrée de l'équipe Abstraction).</p> Consultation sur la gestion de l’information de santé VIH http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/gestion-de-l-information-de-sante-vih Wed, 2 Nov 2011 15:54:21 GMT ]]> <p>Les données personnelles de santé comme celles concernant le VIH sont des données sensibles. Comment ces données sont-elles protégées&nbsp;? Qui y a accès&nbsp;? Le patient a-t-il donné son accord sur leur traitement&nbsp;? Comment ce consentement est-il recueilli&nbsp;? Comment assure-t-on la sécurité des données et évite-t-on des utilisations non désirables&nbsp;? Les conditions d'accès permettent-elles des études épidémiologiques ou cliniques efficaces&nbsp;? Vous êtes invités à en débattre.</p> <p>La consultation se déroule <strong>d'octobre à novembre 2011 (avec un rendu des conclusions en janvier 2012)</strong>, principalement via le site internet <a href="http://consultation.demotis.org" target="_blank">DEMOTIS</a>. Elle s’adresse à toutes les personnes intéressées par les systèmes d'information de santé ou manipulant des données sensibles similaires.</p> <p>Cette consultation s'appuie sur les analyses des contraintes techniques et juridiques existant aujourd’hui dans le domaine des systèmes d’information de santé, résultats d’un <strong>travail de recherche pluridisciplinaire </strong>qui<strong>&nbsp;a réuni pendant 2 ans juristes et informaticiens</strong>&nbsp;dans le cadre du projet <a href="http://consultation.demotis.org/glossaire/DEMOTIS" target="_self">DEMOTIS</a>.</p> <p>L'<a href="http://consultation.demotis.org/glossaire/ARS" target="_self">ARS</a>&nbsp;(Agence régionale de santé) en partenariat avec les <a href="http://consultation.demotis.org/glossaire/COREVIH" target="_self">COREVIH</a>&nbsp;(Coordination régionale de lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine) invite <strong>tous les acteurs de la lutte contre le VIH concernés par la gestion des données personnelles de santé</strong>&nbsp;à participer à une consultation sur ces questions.</p> Hommage à Pierre Barbaud http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/pierre-barbaud-centenaire Thu, 27 Oct 2011 18:22:42 GMT ]]> <p>Une commémoration du centenaire de la naissance de Pierre Barbaud, l'inventeur de la musique algorithmique, aura lieu lundi 7 novembre 2011 à 14h30 à l'Ircam (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique).</p> <p>Confier aux ordinateurs les tâches de composition musicale et de calcul des partitions numériques correspondantes, sans le recours à des instruments, était l’objectif que s’était donné le projet Inria musique et informatique mené par Pierre Barbaud et son équipe (Geneviève Klein, Rémi Lengagne et Frank Brown).&nbsp;Le 10 septembre 1990, le compositeur Pierre Barbaud décédait à Nice. &nbsp;</p> <p>Pour le centenaire de sa naissance, nous vous invitons à venir commémorer l’homme et son travail de pionnier dans l’art musical numérique.</p> <a name="eztoc415800_1" id="eztoc415800_1" class="anchor"></a><h3>Programme provisoire</h3><p>14h30 :&nbsp;Présentation générale</p> <p>14h45 :&nbsp;<strong>Nicolas Viel</strong>&nbsp;- Les trois périodes de Pierre Barbaud</p> <p>15h00&nbsp;:&nbsp;<strong>Jean Esmein</strong>&nbsp;- Le&nbsp;<em>Haydn</em>&nbsp;de Barbaud et la musique Algorithmique</p> <p>15h30&nbsp;:&nbsp;<strong>Frank Brown</strong>&nbsp;- L’art numérique en 1975</p> <p>16h00&nbsp;:&nbsp;<strong>Marc Chemillier</strong>&nbsp;et <strong>Jérôme Nika</strong>&nbsp;- Automates et orcales d’harmonisation</p> <p>16h45&nbsp;:&nbsp;Pause</p> <p>17h15&nbsp;:&nbsp;<strong>Frank Brown</strong>&nbsp;- La machine Biniou</p> <p> 18h00 :&nbsp;<strong>Moreno Andreatta</strong>&nbsp;- Formalisation algébrique et musique algorithmique : quelques réflexions sur la démarche théorique de Pierre Barbaud et<br /> son héritage en musicologie computationnelle</p> <p>19h00 :&nbsp;Cocktail</p> <p>20h00 :&nbsp;Concert / Diffusion -&nbsp;<em>Apfelsextett</em>&nbsp;(enregistrement par les élèves de l’École d’Archet Tibor Varga dirigé par Pierre Mariétan en 1996 CD n° TI 11 90)&nbsp;<em>Ars Recte Computandi</em>&nbsp;- Des oeuvres inédites calculées à cette occasion par la machine Biniou -&nbsp;<em>Le chant du styrène.</em></p> <p>&nbsp;Avec des intermèdes sonores commentés aussi nombreux que possible, au long des conférences.</p> Météo du cœur http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/meteo-du-coeur Mon, 3 Oct 2011 10:27:17 GMT ]]> <p>Plus de 17 millions de personnes sont victimes de maladies cardiovasculaires, et c’est d’ailleurs la première cause de mortalité dans le monde. Mais quel est le lien entre le cœur et les prévisions météorologiques ? Quel est le but de la recherche en sciences du numérique dans ce domaine ?</p> <p>En météo comme en modélisation cardiaque, on s’intéresse à des systèmes naturels pour lesquels il est difficile d’obtenir des mesures, car on ne peut pas les faire n’importe où, n’importe quand ou n’importe comment. Les chercheurs sont donc « spectateurs » de ces systèmes et ils doivent s’appuyer sur des mesures prises au fil du temps. Ces dernières les aident à établir des modèles numériques très complexes et à créer des simulations prédictives, c’est-à-dire représentatives de la réalité. En météorologie, ces simulations sont au préalable réalisées dans le passé et confrontées aux mesures correspondantes, afin de restreindre l’incertitude des données dans le présent.</p> <p>Des chercheurs des équipes-projets <a href="/domaines/stic-pour-les-sciences-de-la-vie-et-de-l-environnement/observation-modelisation-et-commande-pour-le-vivant/macs" target="_self">Macs</a>, <a href="/domaines/stic-pour-les-sciences-de-la-vie-et-de-l-environnement/observation-modelisation-et-commande-pour-le-vivant/reo" target="_self">Réo</a>&nbsp;et <a href="/domaines/stic-pour-les-sciences-de-la-vie-et-de-l-environnement/observation-modelisation-et-commande-pour-le-vivant/sisyphe" target="_self">Sisyphe</a>&nbsp;du centre de recherche Inria Paris – Rocquencourt appliquent, en quelque sorte, ce schéma à la recherche sur le cœur numérique. En effet, ils cherchent à établir une modélisation cardiaque personnalisée. A partir des mesures d’imagerie médicale, entre autres, les chercheurs mettent au point des modèles de simulation du cœur. Et comme pour la météorologie ils les confrontent à des mesures afin d’être au plus juste dans leurs prédictions d’évolution. Ces modèles prédictifs ont pour but (à terme) d’aider au diagnostic ou à la thérapeutique en médecine. </p> <p>Les équipes Inria travaillent par exemple actuellement avec l’Université King’s College London et l’hôpital St-Thomas de Londres pour optimiser le fonctionnement de pacemakers en les adaptant aux patients qui les reçoivent. Les médecins comparent donc, a posteriori, les simulations du modèle prédictif Inria avec les données du patient, ce qui permet ainsi d’évaluer la qualité prédictive du modèle. Pour l’instant les pré-validations cliniques sont convaincantes. </p> <p> La deuxième phase sera de faire des tests « a priori », c’est-à-dire sans que les modélisateurs n’aient accès à l’avance aux mesures&nbsp; du patient et de sa réaction à la stratégie thérapeutique envisagée.<br /> Ces équipes sont également engagées dans un projet d’envergure baptisé <a href="http://www.urmla.org/index.php?article5759" target="_blank">Liryc</a> aux côtés du CHU de Bordeaux, du Cnrs, de l’Inserm et de la région Aquitaine, visant à faire progresser considérablement le dépistage des patients à risque et la prise en charge de certaines pathologies cardiaques d’origine électrique, par l’identification de cibles thérapeutiques utilisant l’imagerie médicale par IRM, des cartographies électriques non invasives pour le patient et des méthodes de diagnostic assisté par ordinateur.</p> Xavier Rival : vérifier automatiquement la sûreté des logiciels critiques http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/xavier-rival-verifier-automatiquement-la-surete-des-logiciels-critiques Tue, 20 Sep 2011 12:00:30 GMT ]]> <p>Cette année encore, quatre jeunes chercheurs d’Inria ont décroché une bourse du très sélectif Conseil européen de la recherche (ou European Research Council, ERC) pour mener pendant 5 ans une recherche exploratoire, avec un budget de 1 à 1,5 million d’euros. Xavier Rival, chercheur en informatique, membre de l’équipe-projet Abstraction, est un des lauréats. Il explique son projet.</p> <p>Une erreur dans un logiciel peut avoir des conséquences humaines ou économiques catastrophiques, surtout s’il s’agit d’un logiciel critique comme ceux qui commandent des systèmes aéronautiques, aérospatiaux, nucléaires, médicaux ou automobiles. Comment être sûr que le logiciel s’exécutera systématiquement sans erreur ? C’est à cette question complexe que tente de répondre Xavier Rival. Et ce jeune trentenaire, normalien, a de quoi faire&nbsp;quand on sait que 99% des industriels vérifient leurs logiciels, tout simplement en testant tout ou partie de leur exécution des centaines de fois de suite… et en gageant que le résultat sera reproductible.</p> <p><em>«&nbsp;Dans l’équipe Abstraction, nous développons des méthodes d’analyse automatique de code qui permettent de vérifier l’ensemble des exécutions d’un programme en un seul calcul&nbsp;» </em>explique le chercheur. Autrement dit, ces analyseurs calculent des preuves au sens mathématique. Outre l’intérêt économique – des logiciels de taille industrielle sont testés en une journée de calcul -, le résultat est parfaitement fiable. C’est d’ailleurs suite à l’explosion d’Ariane 5, en 1996, due à une erreur logicielle, que les outils de vérification de logiciels ont commencé à conquérir le monde industriel. L’<strong>analyseur Astrée</strong>&nbsp;a été conçu dans ce contexte, depuis 2001. Xavier Rival a participé à son développement dès sa thèse (Ecole polytechnique) dans un laboratoire de l’Ecole normale supérieure. De manière plus générale, ces dernières années, des progrès importants ont été accomplis, en particulier pour les logiciels qui effectuent des calculs numériques, comme ceux vérifiés par Astrée.</p> <blockquote> <div class="open"> <img src="/extension/site_inria/design/site_inria/images/pictos/picto_quote_open.png" alt="" /> </div> <p>&nbsp;Il reste beaucoup à faire pour les logiciels qui manipulent des structures de données complexes en mémoire (listes, arborescences, files d'attente)</p> <div class="close"> <img src="/extension/site_inria/design/site_inria/images/pictos/picto_quote_close.png" alt="" /> </div> </blockquote> <p><em>«&nbsp;En revanche, on ne sait pas analyser aussi bien les nombreux logiciels embarqués, moins critiques, mais qui ont besoin de faire appel à des données complexes en mémoire, comme les logiciels de communication, de navigation, les protocoles d’échange de données... C’est l’objet de mon projet ERC » </em>précise t-il. Cela permettrait d’élargir le domaine d’applications de ces outils. Xavier Rival a eu l’occasion de se frotter à ces problématiques ardues depuis 2006 dans le cadre d’une collaboration avec Bor-Yuh Evan Chang, amorcée lors de son post-doc à Berkeley, puis lorsqu’il a rejoint l’institut en 2007. De bons algorithmes existaient pour rendre automatique l’analyse de logiciels effectuant des calculs numériques, en décomposant des propriétés logiques en éléments simples. Autant, il reste beaucoup à faire pour les logiciels qui manipulent des structures de données complexes en mémoire, que ce soit sous forme de listes, d’arborescence, de files d’attente… Cela rend les raisonnements et leur automatisation très compliqués. <em>«&nbsp;Après avoir mûri mon idée pendant un an ou deux, je me sens prêt à relever le défi&nbsp;»</em>, conclue-t-il. Sa bourse ERC lui permettra de travailler avec 3 doctorants, 3 post-doc et un ingénieur pendant 5 ans, ainsi que d’inviter des professeurs pour des collaborations courtes.</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc403518_0_0_1" id="eztoc403518_0_0_1" class="anchor"></a><h5>« <strong>Astrée</strong>&nbsp;» <strong>continue de faire ses preuves</strong></h5><p>Conçu et développé dans l’équipe-projet Abstraction, cet analyseur de code est commercialisé depuis 2009 par<em>&nbsp;AbsInt Angewandte Informatik</em>, une spin-off de l’université de la Sarre (Allemagne). Il permet, via un calcul automatique, de vérifier certains logiciels critiques embarqués, écrits en langage C, tels que des commandes de vol électriques. L’approche est fondée sur&nbsp;l’approximation sûre, une sur-approximation de l’ensemble des comportements possibles du code lors de l’exécution du logiciel qui permet de n’omettre aucune erreur mais peut en revanche générer de fausses alarmes. Le défi est de rendre cet outil relativement générique toujours plus précis pour limiter ces fausses alarmes.</p> </div> </div> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc403518_0_0_1_0_0_1" id="eztoc403518_0_0_1_0_0_1" class="anchor"></a><h6><strong>Lauréats 2011</strong></h6><p>Dans la catégorie &quot;Jeunes chercheurs&quot;, Remi Gribonval (Metiss, Rennes), Andreas Enge (Lfant, Bordeaux), Xavier Rival (Abstraction, Rocquencourt), Erwan Faou (Ipso, Rennes)&nbsp;ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe.&nbsp;</p> </div> </div> Les sciences du numérique au service d'Alzheimer http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/les-sciences-du-numerique-au-service-d-alzheimer Mon, 19 Sep 2011 21:15:30 GMT ]]> <p>Le 21 septembre 2011 a eu lieu la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. L'occasion de s'informer sur cette maladie et sur le rôle que les sciences informatiques et les mathématiques jouent dans la recherche de traitements efficaces.</p> <p class=" text-justify">Aujourd’hui, environ 35,6 millions de personnes vivent avec une maladie d’Alzheimer dans le monde. Cette maladie est due à une neurodégénérescence du système nerveux central, entraînant la perte progressive et irréversible des fonctions mentales et notamment de la mémoire. Comme pour toutes les maladies neurodégénératives (par exemple les maladies à prion), les mécanismes moléculaires de la maladie sont encore mal connus.</p> <p class=" text-justify">Dans le cadre du projet ANR Toppaz, Marie Doumic Jauffret et une partie de l’équipe Bang associée à une équipe de bio-physiciens de l’Inra (H. Rezaei) mènent des recherches sur ces maladies dites « amyloïdes » dans le but de comprendre leurs mécanismes moléculaires et leur progression.</p> <p class=" text-justify">Le principal point commun de ces maladies est l’accumulation anormale de protéines mal formées sous forme de fibres amyloïdes (ou fibrilles) au sein du tissu nerveux. Cette accumulation semble à ce jour être la principale responsable des désordres neurologiques. Bien que des progrès majeurs aient été réalisés au cours de ces dernières décennies, les chercheurs ne connaissent à l’heure actuelle ni les mécanismes en jeu dans le processus d’accumulation, ni la nature exacte des espèces neurologiquement toxiques.</p> <p class=" text-justify">Afin de mieux comprendre ces mécanismes, les chercheurs d’Inria utilisent les mathématiques et les simulations numériques pour modéliser ces réactions, étudier les équations, simplifier les problèmes à bon escient, tester des hypothèses ou encore apporter une vision et des questionnements différents de ceux des biologistes. Parmi leurs outils : les techniques de « problèmes inverses&nbsp;», consistant à retrouver les conditions initiales et les paramètres du problème en partant du résultat. Les problèmes inverses présentent deux types de difficulté&nbsp;: ils sont typiquement mal posés, et les mesures des biologistes sont fortement bruitées.</p> <p class=" text-justify">Le but ultime, pour les chercheurs Inria, est donc de créer un modèle qu’ils pourront ensuite valider avec les expériences menées par leurs collègues bio-physiciens et contribuer, in fine, à la mise au point de traitements pour ces maladies.</p> Quartier des sciences http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/quartier-des-sciences Mon, 19 Sep 2011 21:01:46 GMT ]]> <p>Le centre de recherche Inria Paris – Rocquencourt s’associe aux principaux organismes de recherche, autour de l’Espace Pierre-Gilles de Gennes, pour proposer pour la 1ère fois l’événement &quot;Quartier des sciences&quot;, à l’Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris, au cœur du campus scientifique de la Montagne Sainte-Geneviève du 12 au 16 octobre 2011. </p> <p class=" text-justify">A cette occasion, le centre de recherche Inria Paris - Rocquencourt, animera le quartier du numérique en partenariat avec l’Inserm afin de présenter deux facettes de la recherche en sciences informatiques et en mathématiques. L’une abordera la protection des données personnelles autour d’un atelier intitulé&nbsp;; «&nbsp;crypter/décrypter&nbsp;» et l’autre présentera deux projets de recherche menées en collaboration avec l’Inserm&nbsp;: la chronothérapie des cancers et les interfaces cerveau-ordinateur. </p> <a name="eztoc403114_0_1" id="eztoc403114_0_1" class="anchor"></a><h4>&nbsp;&nbsp; &nbsp;•&nbsp;&nbsp; &nbsp;Crypter / Décrypter</h4><p class=" text-justify"> <strong>Quel est le point commun entre un agent secret, une carte à puce et un téléphone portable&nbsp;?</strong><br /> <em>Réponse&nbsp;:</em>&nbsp;ils utilisent tous des codes secrets, qui permettent de communiquer des informations sans qu’une personne non autorisée puisse les comprendre.Sans vraiment le savoir, nous utilisons tous, quotidiennement la cryptographie. Pire, nous réalisons chaque jour des protocoles cryptographiques, sans même nous en douter&nbsp;! En revanche, si la sécurité de ces protocoles est mise à défaut, et pour peu qu’un fraudeur rôde, cela pourrait faire très mal à nos données personnelles. Dans cet atelier, les chercheurs Inria démontreront la logique du cryptage et du décryptage.</p> <a name="eztoc403114_0_2" id="eztoc403114_0_2" class="anchor"></a><h4>&nbsp;&nbsp; &nbsp;•&nbsp;&nbsp; &nbsp;Chronothérapie des cancers</h4><p class=" text-justify"> La chronothérapeutique est une discipline qui étudie l’administration des médicaments selon les rythmes biologiques, et notamment ceux d’environ 24 h, qu’on appelle aussi rythmes circadiens. La chronothérapeutique est particulièrement développée pour améliorer l’efficacité et/ou en minimiser les effets indésirables des médicament anticancéreux. En effet, le cycle de division des cellules, à l’origine de la prolifération des cellules saines ou malades dans l’organisme, est sous l’influence de l’heure du jour et de la nuit par l’intermédiaire de véritables horloges moléculaires, dites horloges circadiennes, qui sont présentes dans chaque cellule. Ces mêmes horloges, formées de gènes et de protéines, rythment aussi le métabolisme des médicaments. Ainsi, la chronothérapie vise à exploiter ou modifier les rythmes circadiens de l’organisme pour améliorer le traitement des cancers, maladies caractérisées par une dérégulation de la prolifération cellulaire.<br /> Des chercheurs et médecins de l’Inserm et d’Inria se proposent de faire découvrir cet axe de recherche, qui fait l’objet de travaux qui associent, expérimentation, recherche clinique et modélisation mathématique, au grand public.</p> <a name="eztoc403114_0_3" id="eztoc403114_0_3" class="anchor"></a><h4>&nbsp;&nbsp; &nbsp;•&nbsp;&nbsp; &nbsp;Ecrire par la pensée</h4><p class=" text-justify"> Les interfaces cerveau-ordinateur sont des systèmes permettant de directement traduire l’activité cérébrale en commande pour des machines. Grâce à des électrodes disposées sur le crâne, l’utilisateur transmet des informations à un ordinateur, ce qui lui permet de déplacer des objets virtuels ou réels, et d’écrire ou jouer uniquement par la pensée. Ces interfaces offrent de multiples perspectives en termes d’application, que ce soit dans le domaine de la santé ou dans celui du multimédia. Les animations présentées par des chercheurs de l’Inserm et de l’Inria permettront aux visiteurs d’appréhender les recherche réalisées dans le cadre du projet OpenViBE, premier projet à dimension nationale consacré à ce domaine. Ils pourront notamment observer comment un sujet peut écrire des phrases en sélectionnant, simplement par la pensée, des lettres présentées sur un écran.<br /> D’autres grands sujets de recherche actuels seront présentés dans des domaines aussi variés que la santé, la chimie du vivant, les forêts, ou encore l’énergie. Tout ceci au travers d’expositions, de tables rondes, de ciné-débats, d’ateliers pédagogiques, de démonstrations et d’échanges participatifs.<br /> Une programmation riche et variée pour captiver tous les publics, et élaborée pour coïncider avec le centenaire du prix Nobel de chimie de Marie Curie, celui de la découverte de la supraconductivité, mais aussi avec l'Année Internationale de la Chimie et l'Année Internationale des Forêts.</p> Ecole CEA-EDF-Inria : Modélisation et vérification d'algorithmes en coq http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/ecole-cea-edf-inria Wed, 14 Sep 2011 16:52:07 GMT ]]> <p>Du 14 au 18 novembre 2011, cette école CEA-EDF-Inria abordera les techniques de base en modélisation et vérification d'algorithmes en Coq. Elle s'adresse aux étudiants, chercheurs ou ingénieurs qui ont une bonne connaissance de la programmation dans un langage conventionnel (C, Java). </p> <a name="eztoc400294_0_0_1" id="eztoc400294_0_0_1" class="anchor"></a><h5>Objectifs :</h5><p>Le système Coq fournit un langage de programmation fonctionnelle et un cadre de raisonnement basé sur la logique d'ordre supérieur pour effectuer des preuves sur les programmes. Le pouvoir expressif du langage est tel que l'on peut envisager des preuves sur des notions de mathématiques très avancées (comme le théorème des 4 couleurs) ou des programmes de complexité importante (comme un compilateur pour un noyau significatif du langage C). Dans ce cours, nous aborderons les techniques de base de la programmation dans ce langage et de la démonstration sur les programmes obtenus. Les concepts abordés seront : programmation récursive structurelle, manipulations de listes et d'entiers, démonstration par récurrence, définition récursive de types de données, constructions de filtrage et raisonnement par cas, propriétés inductives.</p> <p><a href="/centre/paris-rocquencourt/agenda/ecoles-cea-edf-inria-modelisation-et-verification-d-algorithmes-en-coq-une-introduction2" target="_self">En savoir plus</a></p> Le consortium CoreBots remporte pour la seconde fois le défi CAROTTE http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/corebots-remporte-le-defi-carotte Mon, 25 Jul 2011 14:31:42 GMT ]]> <p>Après avoir remporté en 2010 la première phase du défi robotique CAROTTE (CArtographie par ROboT d’un TErritoire) organisé par l’ANR (Agence Nationale pour la Recherche) et la DGA (Direction Générale de l’Armement), le consortium CoreBots constitué de Mines ParisTech (École des Mines de Paris) / Epitech / INRIA et Intempora S.A. s’est une nouvelle fois illustré aux épreuves de Bourges, du 27 juin au 1er juillet 2011, et gagne la seconde phase du challenge.</p> <a name="eztoc384248_1" id="eztoc384248_1" class="anchor"></a><h3>Seconde victoire pour l’équipe CoreBots</h3><p>Pour les besoins du défi, un labyrinthe de pièces, parsemé d’objets divers, a été reconstitué à Bourges, sur le site de la DGA, simulant un environnement inconnu, comportant plusieurs pièges (miroirs, trompe l’œil, sols accidentés, etc.). Devant un jury constitué de membres de la DGA et de l’ANR, d’universitaires et d’industriels, les robots de chaque équipe ont eu pour mission de:</p> <ul> <li>Se frayer seuls un chemin</li> <li>Détecter les obstacles et les contourner</li> <li>Détecter les points d’intérêt et les répertorier</li> <li>Reconstituer en temps réel une cartographie de l’environnement et des objets reconnus&nbsp;</li> <li>Communiquer à distance ces résultats et les mémoriser à bord</li> </ul> <p>Les épreuves ont comporté des séances de qualifications, un exposé des solutions proposées et un concours final. Le robot du Consortium CoreBots a démontré une meilleure aptitude à répondre aux problématiques posées, remportant une fois de plus la victoire. La troisième et dernière phase du défi se déroulera en juillet 2012.</p> Première journée parité en mathématiques http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/journee-maths-parite Tue, 31 May 2011 11:32:24 GMT ]]> <p>Les femmes sont toujours sous-représentées dans les disciplines scientifiques et en mathématiques. Un constat que nous rappelle Céline Grandmont, chercheuse au sein de l’équipe-projet REO, et co-organisatrice de la journée Maths-parité qui a eu lieu le 6 juin 2011 dernier à l'Institut Henri Poincaré à Paris. Elle propose quelques analyses de la situation et quelques pistes de travail.&nbsp;</p> <a name="eztoc365311_1" id="eztoc365311_1" class="anchor"></a><h3><strong>Qu'est-ce que la journée Maths-parité ?</strong></h3> <div class="object-right"> <p class="illustration" style="width:116px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/rocquencourt/actualites-images/celine-grandmont/365350-1-fre-FR/celine-grandmont.jpg" width="110" height="165" alt="Céline Grandmont, chercheuse au sein de l'équipe REO" title="Céline Grandmont, chercheuse au sein de l'équipe REO" /> </span> </p></div> <p>Cette journée part du constat que la parité peine à s’installer en mathématiques. Bien que beaucoup de collègues - femmes et hommes - aient l'impression qu'avec la mixité et l'évolution de la société, la parité en mathématiques s'impose peu à peu, les chiffres prouvent qu'il n'en est rien. La proportion de femmes en mathématiques diminue même. Les représentations des femmes au sein des jurys, commissions, conférences... ne correspondent pas à la proportion des femmes dans la discipline et la proportion des femmes diminue au fur et à mesure de l'avancement dans la carrière. Cette journée a pour but de dresser un tableau des situations, des difficultés et des réussites, et d'en analyser les causes, personnelles, sociétales, ou propres à la communauté mathématique. Il s’agit également d'informer sur les droits, les actions. Nous espérons que la journée pourra déboucher sur des mesures concrètes et simples. Par exemple : faire que l'on se pose systématiquement la question &quot;ai-je été influencé par des stéréotypes de genre&quot; en rédigeant une lettre de recommandation, en évaluant un dossier...&nbsp;; assurer une représentation correspondant à la proportion des femmes dans la discipline dans les comités de sélection, jurys, conférences...&nbsp;; prendre en compte les congés maternité dans la carrière..., et surtout essayer de réfléchir ensemble aux stéréotypes &quot;féminins&quot; ou &quot;masculins&quot; et à leur influence. Il est d’ailleurs encore temps de s’inscrire, n’hésitez pas&nbsp;!</p> <a name="eztoc365311_2" id="eztoc365311_2" class="anchor"></a><h3><strong>Pensez-vous que la désaffection des jeunes pour la filière scientifique soit une question de genre&nbsp;? </strong></h3><p>La désaffection des jeunes pour les filières scientifiques est générale et, me semble-t-il, indépendante du genre. Néanmoins il est clair que les filles, même si elles représentent la moitié des lycéens en filière scientifique, choisissent moins (à part pour les professions de santé) que les garçons ces filières-là (c'est particulièrement vrai pour les classes préparatoires). Je ne sais pas quelles en sont toutes les raisons mais les stéréotypes liés au genre véhiculés par notre société jouent sûrement un rôle très important. Qui n'a pas entendu que les filles n'étaient pas douées en géométrie dans l'espace, ou pour les métiers techniques&nbsp;? que les filles étaient plus &quot;émotives&quot;, &quot;appliquées&quot;, &quot;sérieuses&quot; et les garçons &quot;inventifs&quot;, &quot;curieux&quot;, &quot;dynamiques&quot;&nbsp;? Qui n'a pas ouvert un magazine de jouets pour enfants : aux filles les poupées et aux garçons les lego. Inversement il y a aussi des métiers dits &quot;féminins&quot; où la proportion d'hommes reste très faible. Je trouve dommage que ces stéréotypes liés au genre influencent à ce point nos choix.</p> <a name="eztoc365311_3" id="eztoc365311_3" class="anchor"></a><h3><strong>Et vous-même, comment êtes-vous devenue chercheur ?</strong></h3><p>Après une thèse en mathématiques appliquées à l'université Pierre et Marie Curie, j'ai été recrutée comme maître de conférences à l'Université Paris-Dauphine où j'ai exercé 8 ans le métier passionnant d'enseignant-chercheur. C'est au cours d'une année de délégation au sein de l'équipe-projet REO que j'ai commencé à collaborer avec Jean-Frédéric Gerbeau et Miguel Fernandez. J'ai eu la chance d’être recrutée à l’Inria et de rejoindre leur équipe, jeune et dynamique, en 2006.</p> <p>J'ai toujours aimé comprendre comment les choses marchaient : partir d'hypothèses, essayer de les vérifier, construire des raisonnements, imaginer de nouvelles solutions... Je ne dirais pas qu'être chercheur était un but, cela s'est fait naturellement. C'est un métier qui me convient bien malgré les moments de doute. Et pour y faire face, rien de tel que le travail en équipe et les autres activités que nous offre ce métier: transmission des connaissances, taches collectives…</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc365311_3_1" id="eztoc365311_3_1" class="anchor"></a><h4>Quelques dates clés</h4> <ul> <li>1970&nbsp;: Naissance à Oakland (Californie – USA)</li> <li>1998&nbsp;: Obtention de son doctorat à l’UPMC</li> <li>1998&nbsp;: Enseignant-chercheur à Paris-Dauphine</li> <li>2001&nbsp;: Naissance de son premier enfant</li> <li>2006&nbsp;: Chercheur à l’Inria</li> <li>2007&nbsp;: Sélection en deuxième phase des ERC «&nbsp;starting grants&nbsp;»</li> <li>2009&nbsp;: Naissance de son troisième enfant</li> <li>2010&nbsp;: Directrice de recherche à l’Inria</li> </ul> </div> </div> Performances des réseaux et des systèmes informatiques http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/performances-des-reseaux-et-des-systemes-informatiques Wed, 11 May 2011 10:47:02 GMT ]]> <p>Thomas Bonald (Télécom ParisTech) et Mathieu Feuillet (équipe-projet RAP) ont publié un livre &quot;Performances des réseaux et des systèmes informatiques&quot; aux éditions Lavoisier.</p> <p> Les réseaux et les systèmes informatiques sont devenus extraordinairement complexes. Les protocoles et algorithmes qui en assurent le partage permettent d'absorber les fluctuations du trafic liées au comportement aléatoire des utilisateurs, ceci au prix d'une dégradation de la qualité des communications et de l'interactivité des applications. <br /> Cet ouvrage présente les principaux outils d'analyse de performance de ces systèmes, permettant d'estimer l'impact de leur charge sur la qualité de service. <strong>Performances des réseaux et des systèmes informatiques</strong>&nbsp;expose les résultats de la théorie de Markov et de la théorie des files d'attente utiles à la modélisation du trafic et à la résolution de problèmes concrets d'ingénierie. Ce livre est destiné aussi bien aux étudiants de niveau Master qu'aux chercheurs et ingénieurs dans le domaine de l'informatique et des réseaux. <br /> Chaque développement est illustré par une série d'exercices corrigés. Un chapitre est consacré à l'application des résultats au dimensionnement des réseaux d'accès IP et WiFi et des réseaux cellulaires 2G, 3G et 3G+.</p> Un service de minibus automatisés en test à La Rochelle http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/imara-a-la-rochelle Mon, 9 May 2011 16:56:06 GMT ]]> <p>Depuis le 12 mai, l’équipe-projet IMARA teste ses véhicules électriques et automatiques à La Rochelle, dans un environnement urbain où circulent piétons et voitures. Elle propose aux riverains et aux touristes un transport gratuit sur un trajet de 1600m (aller-retour), sur une route mixte, sans aménagement particulier.</p> <p>A une vitesse de 10km/h, les deux véhicules acheminent leurs passagers entre 5 points d’arrêt ou de montée possibles (type ascenseur). Des opérateurs ont été formés et pour chaque déplacement, l’un d’entre eux sera présent à bord, pour assister les voyageurs et surveiller le bon fonctionnement des véhicules. Ce test grandeur nature durera jusqu’au 8 juillet 2011. La Rochelle a été élue Ville la plus électromobile de France, par l'Avere-France, association en faveur du développement de la mobilité électrique. En effet, la ville a non seulement équipé 70% de sa flotte municipale en véhicule électrique (110 véhicules), mais elle a aussi mis en place un système de livraison par véhicule électrique en centre-ville et des bateaux électriques circulent sur la rade. Enfin la ville a été l’une des premières à proposer un service d’auto-partage avec une cinquantaine de véhicules électriques en libre-service (système Yelomobile) et ce depuis 1999.</p> <p>La Rochelle était donc le lieu idéal pour mener cette expérience &quot;grandeur nature&quot; en collaboration avec TNO, l’école d’ingénieurs EIGSI et les autorités locales, et pour organiser la conférence qui a présenté les résultats de recherche du projet européen CityMobil les 12 et 13 mai.</p> <a name="eztoc351178_1" id="eztoc351178_1" class="anchor"></a><h3>Entretien avec Fawzi Nashashibi responsable de l'équipe-projet IMARA</h3> <div class="object-left"> <p class="illustration" style="width:117px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/rocquencourt/actualites-images/fawzi-nashashibi-portrait/351160-1-fre-FR/fawzi-nashashibi-portrait.jpg" width="111" height="165" alt="" title="" /> </span> </p></div> <a name="eztoc351178_1_0_1" id="eztoc351178_1_0_1" class="anchor"></a><h5>C'est la deuxième fois qu'il y a une expérimentation à La Rochelle, qu'est-ce qui a changé ?</h5><p>Cette fois-ci, en dehors du fait que l’expérimentation est assurée par l’Inria seul, les fonctionnalités démontrées sont beaucoup plus avancées. Pour cette deuxième expérimentation, nous présentons des véhicules naviguant en totale autonomie et sans conducteur. Enfin, cette démonstration est une première, au moins au niveau européen, car l’opération est un vrai service offert aux riverains durant 2 à 3 mois et non une démonstration à durée limitée.</p> <a name="eztoc351178_1_0_2" id="eztoc351178_1_0_2" class="anchor"></a><h5>Qu'attendez-vous de cette démonstration et de l'échange avec les riverains ?</h5><p>A travers cette expérimentation, nous voulons montrer qu’il existe un autre mode de transport efficace et durable, et qu’il est possible d’allier les technologies du futur et les besoins modernes des citoyens. Nous voulons également montrer qu’il est possible aujourd’hui d’avoir un système de navettes électriques automatiques à la demande, totalement sécurisé, et respectueux de l'environnement&nbsp;!</p> <a name="eztoc351178_1_0_3" id="eztoc351178_1_0_3" class="anchor"></a><h5>Qu'est-ce qui est nouveau (technologie présentée...) ?</h5><p>La nouveauté est le mode d’automatisation totale de la conduite, basé uniquement sur des données capteurs embarquées et sans infrastructure dédiée. Cette automatisation est fondée également sur le déploiement et l’utilisation des télécommunications sans fil. De même, c’est la première fois que les navettes automatiques partagent réellement la route avec les riverains et les voitures ordinaires (voies mixtes).</p> <a name="eztoc351178_1_0_4" id="eztoc351178_1_0_4" class="anchor"></a><h5>Vous avez fait des démonstrations en Europe du Nord, est-ce que les réactions sont différentes ?</h5><p>Non, c’est la même curiosité et les mêmes attentes qui se manifestent aussi bien au Nord qu’au Sud.</p> <a name="eztoc351178_1_0_5" id="eztoc351178_1_0_5" class="anchor"></a><h5>Cette démonstration marque également la fin du projet Citymobil : quelles sont les avancées technologiques dues au projet ?</h5><p>Ce projet aura été l’occasion de rapprocher ces nouveaux modes de transport de la population et de les introduire au cœur même des villes. Les technologies introduites et testées sont à l'avant-garde technologique en Europe voire dans le monde. Les tests et expériences menés avec Citymobil ont permis de prouver que ces technologies sont matures d’un point de vue technique et qu’elles sont adoptées par les citoyens. En revanche, leur déploiement dépendra aussi de l’évolution des législations et de l’implication politique réelle des communes. La Rochelle en ce sens, est aujourd’hui une ville exemplaire.</p> Mario Tokoro : « Je serais ravi d’accueillir des chercheurs Inria à Tokyo » http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/mario-tokoro-pdg-sony-computer-science-laboratory Fri, 29 Apr 2011 10:25:38 GMT ]]> <p>Le 31 mars, le fondateur et président directeur général de Sony Computer Science Laboratory Inc. a passé une journée au centre de recherche Inria de Rocquencourt. Il nous explique les raisons de sa venue et son intérêt pour la recherche faite au sein de l'institut.</p> <a name="eztoc347955_1" id="eztoc347955_1" class="anchor"></a><h3><strong>Quel était l’objet de la visite que vous avez rendue aux équipes de l’Inria&nbsp;?</strong></h3><p><strong>Mario Tokoro :</strong>&nbsp;Nous avons échangé des informations. J'ai expliqué les activités de Sony Computer Science Laboratory (CSL), que j’ai créé en 1988 au Japon dans le seul but de mener des travaux de recherche fondamentale liée à l’informatique. Notre objectif est de contribuer au développement social et industriel au travers d'une recherche originale tournée vers le 21e&nbsp;siècle et qui est potentiellement en capacité d’aboutir à des découvertes majeures dans le domaine informatique. Au cours de la première décennie, nous nous sommes concentrés sur les systèmes d’exploitation distribués, les réseaux informatiques, les langages de programmation, l’interaction homme-machine, et sur d’autres aspects fondamentaux de la recherche de pointe. Nous avons par exemple commencé à travailler sur les robots et c'est devenu un gros projet de Sony Corporation, aboutissant à la production du robot Aibo. Nous élargissons désormais davantage nos domaines de recherche aux sciences des systèmes ouverts, par exemple, les systèmes complexes, les sciences neuronales, la biologie des systèmes et les systèmes d'énergie ouverts. Nous avons commencé à travailler sur la biologie il y a dix ans, et aujourd’hui Sony s’intéresse au secteur médical. J’espère que Sony s'intéressera à d'autres domaines dans le cadre de ses activités futures. En 1996, j’ai créé une petite cellule de recherche à Paris, car je sais que Paris peut attirer de bons chercheurs venant de Londres, de New York... Et tout le monde ici a un côté artiste&nbsp;! Le laboratoire européen compte quatre chercheurs qui travaillent sur la science et l’art&nbsp;: expérience musicale personnelle, linguistique évolutionnaire… C’est en raison de notre présence à Paris que je souhaitais rencontrer des chercheurs de l’Inria. J’étais intéressé par l’ensemble de leurs excellentes présentations relatives aux systèmes de transport intelligents, à l'imagerie biologique et graphique, aux simulations, aux différents types d’interfaces utilisateurs…</p> <a name="eztoc347955_2" id="eztoc347955_2" class="anchor"></a><h3><strong>Pourquoi avez-vous insisté pour visiter le centre de recherche de Rocquencourt&nbsp;?</strong></h3><p><strong>Mario Tokoro : </strong>Je pense que Rocquencourt est un centre de recherche emblématique de l’Inria. Je l’ai visité il y a 30 ans, en tant que chercheur. J’ai rencontré Gérard Le Lann, qui travaillait sur les systèmes distribués. Il apporte aujourd'hui son aide au projet IMARA et je l’ai vu le 31 mars, 30 ans après&nbsp;! Je connaissais également Gilles Kahn, lorsqu'il travaillait dans les domaines de l’informatique et du contrôle à Rocquencourt, avant&nbsp; qu'il coordonne la recherche scientifique à Sophia Antipolis puis dirige l'Inria. Je voulais rafraîchir mes connaissances concernant les travaux de l’Inria. La raison pour laquelle j’ai plus particulièrement visité le centre de Rocquencourt aujourd’hui réside dans la possibilité d’établir une communication et une collaboration plus étroites entre Sony Computer Science Laboratory à Tokyo et à Paris et l’Inria.</p> <a name="eztoc347955_3" id="eztoc347955_3" class="anchor"></a><h3><strong>De quelles manières pourriez-vous collaborer avec l’Inria&nbsp;?</strong></h3><p><strong>Mario Tokoro : </strong>Je ne sais pas encore, mais j’ai eu un excellent contact avec Isabelle Ryl, responsable du centre de recherche de Rocquencourt. Je crois qu’elle semble d'accord pour examiner la façon dont nous pourrions collaborer, et les domaines sur lesquels cette collaboration pourrait porter. Peut-être procèderons-nous à des échanges de personnel, afin de mieux nous connaître. Je crois que la recherche repose sur les individus, ceux-ci constitueront donc la base de notre collaboration. Je viens à Paris deux fois par an, j’espère donc rencontrer lors de ma prochaine visite d’autres personnes appartenant à l'institut.&nbsp;Je serai également ravi d’accueillir des chercheurs de l’Inria à Tokyo.</p> <a name="eztoc347955_4" id="eztoc347955_4" class="anchor"></a><h3><strong>Quelles sont les différences entre Sony Computer Science Laboratory et l’Inria&nbsp;?</strong></h3><p><strong>Mario Tokoro : </strong>L’Inria possède tout ce qui est souhaitable&nbsp;! De nombreux sujets de recherche, explorés par de nombreux chercheurs travaillant en équipe. Chez Sony Computer Science Laboratory, nous sommes 30 personnes. Chaque chercheur possède son propre programme, mais nous disposons d’un budget de recherche limité.</p> Cours Peccot, au collège de France http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/cours-peccot-au-college-de-france Tue, 14 Dec 2010 11:41:04 GMT ]]> <p>Sylvain Arlot, va donner un des deux cours Peccot en janvier 2011, au collège de France.</p> <p> En janvier 2011 Sylvain Arlot, chercheur (CNRS) membre de l’équipe-projet Willow donnera au collège de France, un cours Peccot intitulé : « Sélection de modèles et sélection d’estimateurs pour l’Apprentissage statistique ».<br /> Le collège de France attribue ce cours chaque année à deux mathématiciens de moins de 30 ans. <br /> <a href="http://www.di.ens.fr/%7Earlot/peccot.htm" target="_blank">Pour en savoir plus</a></p> The Finite Element Analysis of Shells - Fundamentals http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/the-finite-element-analysis-of-shells Wed, 1 Dec 2010 09:58:27 GMT ]]> <p>Parution d'un nouveau livre &quot; The Finite Element Analysis of Shells - Fundamentals &quot;, dont Dominique Chapelle (responsable de l'équipe-projet MACS) est co-auteur.</p> <p>Les coques (``shells'' en anglais) sont des modèles représentant les structures minces, objets qui nous entourent littéralement dans notre quotidien car l'homme construit rarement sous forme massive (coques de navire, carrosseries automobiles, bâtiments, ponts, etc.), comme d'ailleurs la nature elle-même (coquilles d'oeufs, coquillages, etc.). Ces modèles sont riches de contenu physique, mais aussi complexes, et conduisent à des difficultés mathématiques et numériques importantes. Ce livre fait le point sur la question, sous un angle mathématique qui se nourrit constamment de considérations physiques.</p> <p>Cette seconde édition a été entièrement revue, et bien sûr remise à jour pour suivre l'état de l'art d'un sujet qui continue à passionner physiciens, mathématiciens et ingénieurs...</p> Jean Ponce : de la photo à la vidéo http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/jean-ponce-de-la-photo-a-la-video Wed, 24 Nov 2010 15:00:33 GMT ]]> <p>Spécialiste reconnu de la reconnaissance de formes dans des photos, Jean Ponce, professeur à l'ENS, s’est lancé depuis quelques années dans la vidéo. Il vient de recevoir pour cela une bourse européenne ERC destinée à un chercheur confirmé. Son but : analyser et traiter automatiquement les films quels que soient les scènes et les mouvements de caméras, afin de pouvoir les archiver, les modifier ou les restaurer. Un travail qui intéresse particulièrement les concepteurs d’effets vidéo.</p> <p>Jean Ponce ne regrette pas d’être revenu en France en 2005, après vingt ans de recherches aux Etats-Unis : il vient de recevoir une bourse ERC d’un montant de 2,5 millions d’euros pour continuer ses recherches sur la vidéo. Son objectif : analyser automatiquement les contenus vidéo, en manipuler les éléments (par exemple enlever un objet gênant dans un film) ou restaurer les films anciens… Une recherche ambitieuse dans la droite ligne de ses travaux antérieurs sur la reconnaissance de formes dans les images qui l’ont conduit, par exemple, à reconstruire des objets en trois dimensions à partir de plusieurs photos, ou de retrouver automatiquement certains objet (un vélo, une voiture, etc.) sur les clichés. Ses travaux ont notamment été utilisés par un des leaders mondiaux des effets spéciaux, la société <a href="http://www.ilm.com/" target="_blank">Industrial light &amp; magic</a>.</p> <p>« <em>Il est possible d’analyser automatiquement ce qui se passe dans les situations les plus simples, lorsque la caméra ne bouge pas et que le fond est homogène </em>», souligne Jean Ponce, qui dirige l’équipe<a href="/domaines/perception-cognition-interaction/vision-perception-et-interpretation-multimedia/willow" target="_self">&nbsp;WILLOW</a>&nbsp;sur les modèles de reconnaissance visuelle d’objets et de scènes, commune à l’Inria, l’Ecole normale supérieure de Paris et le CNRS. «&nbsp;<em>C’est le cas des matches de foot, que l’on peut étudier grâce aux caméras fixes à grand angle. Mais dès que la caméra bouge, on ne sait pas le faire car l’apparence d’un objet dépend de l’objet lui-même mais aussi de la position et du mouvement de la caméra</em>. » Difficile également d’enlever un objet gênant d’une scène ou de restaurer un film abîmé : il faut le faire manuellement, image par image. « C<em>eux qui traitent ces vidéos le font pixel par pixel, indique le chercheur. Nous pensons qu’il est possible d’automatiser ces activités en adoptant une logique de vision artificielle, en s’intéressant au sens de la scène.&nbsp;</em>» Mais comment analyser le sens d’une scène lorsque l’on n’a pas d’idée a priori de ce qui y est représenté ? A quel niveau de détail s’arrêter ? Qu’est-ce qu’un bon modèle pour l’interpréter ? Pour répondre aux nombreuses questions que soulève cette approche originale, Jean Ponce prévoit d’engager cinq doctorants et deux post-docs pendant les cinq ans à venir, et d’acheter une grappe (« cluster ») d’ordinateurs puissants.</p> <blockquote> <div class="open"> <img src="/extension/site_inria/design/site_inria/images/pictos/picto_quote_open.png" alt="" /> </div> <p>L’analyse automatique des vidéos permettra de les classifier, les restaurer, ou faire des effets spéciaux</p> <div class="close"> <img src="/extension/site_inria/design/site_inria/images/pictos/picto_quote_close.png" alt="" /> </div> </blockquote> <p>Jean Ponce apprécie la bourse ERC après avoir passé aux Etats-Unis, comme tous les responsables d’équipes, une bonne partie de son temps à la « chasse aux contrats » pour payer ses doctorants. Ici, il a accès à de très bons étudiants dont un bon nombre bénéficient déjà d’une bourse de doctorat. Autre différence, «<em>&nbsp;aux Etats-Unis, il y a peu de travail en équipe, la recherche est menée par un professeur entouré de ses étudiants, observe-t-il. Avec le travail en équipe en France, je m’ouvre à des domaines nouveaux, c’est très agréable</em>&nbsp;». Ainsi, son équipe s’est lancée depuis quelques années dans des recherches sur l’apprentissage statistique permettant de construire automatiquement les modèles qu’elle utilise pour la reconnaissance et de traitement d’images et de vidéos.</p> <p>Même si leur but est avant tout fondamental, ces recherches ont de nombreuses applications. Archiver et indexer automatiquement les vidéos, comme on le fait aujourd’hui des textes, permettrait de mieux s’y retrouver dans l’immensité des archives vidéo aujourd’hui disponibles, à l’Institut National de l’Audiovisuel par exemple, avec qui l’équipe de Jean Ponce collabore déjà. De même, la possibilité de supprimer les traces de vieillissement (points et traits blancs par exemple) permettrait de restaurer les films anciens contenus dans ces archives. Enfin, la possibilité d’enlever ou d’ajouter des objets aux films intéresse les professionnels des effets spéciaux, comme <a href="http://www.ilm.com/" target="_blank">Industrial light &amp; magic</a>.</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc62221_0_0_0_0_1" id="eztoc62221_0_0_0_0_1" class="anchor"></a><h6>Lauréats 2010</h6><p>Dans la catégorie &quot;Jeunes chercheurs&quot;, Axel Hutt (Cortex, Nancy), Paola Goatin (Opale, Sophia Antipolis), Pierre Alliez (Geometrica, Sophia Antipolis), Kartikeyan Bhargavan (Moscova, Rocquencourt), Véronique Cortier (Cassis, Nancy), Nikos Paragios (Galen, Saclay) ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe. Dans la catégorie &quot;Chercheurs confirmés&quot;, Jean Ponce (Willow, Rocquencourt) et André Seznec (Alf, Rennes) sont lauréats et ont choisi l'Inria pour poursuivre leurs travaux.</p> </div> </div> Karthik Bhargavan : prouver la sûreté des applications web http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/karthik-bhargavan-prouver-la-surete-des-applications-web Thu, 18 Nov 2010 14:21:39 GMT ]]> <p>Prévenir plutôt que guérir : cet adage médical s’applique aussi à l’informatique. Le jeune chercheur de l’équipe MOSCOVA, Karthik Bhargavan, vient de recevoir une bourse ERC pour poursuivre ses travaux visant à assurer la sûreté de services tels que la gestion de données personnelles et sensibles. Des recherches à la fois théoriques et très appliquées, au sein du laboratoire commun entre l’Inria et Microsoft Research. Rencontre avec le chercheur.</p> <p>C’est avec des carrés, des ronds et des flèches que Karthik Bhargavan explique les travaux qu’il va mener grâce à la bourse européenne ERC d’1,5 million d’euros sur cinq ans qu’il vient de recevoir. Son domaine : la sécurité informatique. « <em>Nous échangeons de nombreuses informations en ligne, il faut être sûr qu’elles ne soient pas volées ou modifiées</em>&nbsp;»,&nbsp;explique le chercheur indien de 34 ans.&nbsp;«<em>C’est particulièrement vrai pour certains sujets sensibles comme les données bancaires ou médicales.</em>&nbsp;»</p> <p>Prenons le cas du dossier médical numérique, en cours d’élaboration en France, et qui existe déjà aux Etats-Unis. Les données de chaque patient sont cryptées et stockées dans un serveur sécurisé, et certaines personnes (le patient, le médecin, l’hôpital…) ont le droit de lire ou d’ajouter des données. Mais les cibles potentielles des attaques sont nombreuses : le navigateur web, le protocole de cryptographie, la gestion des clés de chiffrement, la programmation des pages web (programme javascript)… Comment prouver que l’ensemble du système est vraiment sûr ? Comment être certain qu’un pirate ne cassera pas les protections ? C’est le but du projet CRYSP développé par Karthik Bhargavan et qui a séduit l’ERC. «<em>&nbsp;Plutôt que d’arrêter les attaques, mieux vaut les prévenir. Je propose de construire la première application web, dont la sécurité sera mathématiquement prouvée. L’ensemble du système devra être totalement sécurisé.</em>&nbsp;»</p> <blockquote> <div class="open"> <img src="/extension/site_inria/design/site_inria/images/pictos/picto_quote_open.png" alt="" /> </div> <p>Construire la première application web, dont la sécurité sera mathématiquement prouvée</p> <div class="close"> <img src="/extension/site_inria/design/site_inria/images/pictos/picto_quote_close.png" alt="" /> </div> </blockquote> <p>Pour prouver mathématiquement qu’un programme informatique est sûr, il faut d’abord le « traduire » en un modèle plus facile à analyser. Puis ce modèle est ausculté par un outil d’analyse de programme, qui prend en compte les exigences de sécurité choisies par les chercheurs. Cet outil peut donner trois types de réponses : « <em>oui, la sûreté de ce logiciel est prouvée », « non, des attaques ont réussi »,</em>&nbsp;et enfin, <em>&nbsp;« nous ne savons pas si ce logiciel est sûr </em>». Cette dernière réponse est malheureusement la plus fréquente. Le but des recherches de Karthik Bhargavan est justement de la rendre moins fréquente et de parvenir plus souvent à la réponse affirmative.</p> <p>Karthik Bhargavan va recruter deux chercheurs post-doctoraux, quatre doctorants et sept stagiaires en master au cours des cinq prochaines années pour réaliser son projet. Ce chercheur au parcours international (des études à New Delhi en Inde, un doctorat à Philadelphie aux Etats-Unis, et sept ans de recherche sur la sécurité du web chez Microsoft Research à Cambridge en Grande Bretagne) ne se fait pas de souci sur le recrutement : «<em>&nbsp;j’apprécie beaucoup de travailler avec des étudiants français, à qui je donne des cours à l’Ecole polytechnique&nbsp;</em>»,&nbsp;souligne-t-il.&nbsp;«&nbsp;<em>La qualité des étudiants est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi la France. Et puis je compte attirer des étudiants des Etats-Unis, de Grande Bretagne et d’Inde, où j’ai gardé beaucoup de contacts.&nbsp;</em>»</p> <p>Il a également choisi la France et l’Inria pour cette alliance inédite de compétences en ingénierie et en mathématiques, due notamment à la collaboration étroite entre chercheurs de l’Inria et de Microsoft Research au sein du laboratoire commun de Saclay. «<em>&nbsp;Cette association de recherches très appliquées et fondamentales menées à l’Inria est très intéressante, </em>souligne-t-il<em>. Je travaille à la fois sur les programmes et sur les preuves mathématiques. Et j’ai la satisfaction de m’intéresser à des problèmes réels.</em>»</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <a name="eztoc61171_0_0_0_0_1" id="eztoc61171_0_0_0_0_1" class="anchor"></a><h6>Lauréats 2010</h6><p>Dans la catégorie &quot;Jeunes chercheurs&quot;, Axel Hutt (Cortex, Nancy), Paola Goatin (Opale, Sophia Antipolis), Pierre Alliez (Geometrica, Sophia Antipolis), Kartikeyan Bhargavan (Moscova, Rocquencourt), Véronique Cortier (Cassis, Nancy), Nikos Paragios (Galen, Saclay) ont reçu une bourse qui leur permettra de constituer une équipe. Dans la catégorie &quot;Chercheurs confirmés&quot;, Jean Ponce (Willow, Rocquencourt) et André Seznec (Alf, Rennes) sont lauréats et ont choisi l'Inria pour poursuivre leurs travaux.</p> </div> </div> IMARA aux cotés d'INDUCT au Mondial de l'automobile http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/imara-aux-cotes-d-induct-au-mondial-de-l-automobile Wed, 13 Oct 2010 15:10:58 GMT ]]> <p>A l’occasion du Mondial de l’Automobile 2010 INDUCT présente en exclusivité CYBERGO un véhicule électrique robotisé.</p> <p>CYBERGO exploite en particulier des outils de robotique développés dans le cadre du projet MERIT, labellisé par le pôle de compétitivité MOVEO, et financé par la Région Ile de France et le Département des Yvelines. Le consortium chargé du projet MERIT, dont INDUCT est le porteur réunit NEXYAD et l’Inria. A partir de janvier 2011, CYBERGO sera mis en oeuvre par l’Inria à La Rochelle dans le cadre du projet Européen CITYMOBIL. </p> Lauréats du prix Alcan 2010 de l’Académie des sciences http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/prix-alcan-2010 Tue, 28 Sep 2010 21:16:39 GMT ]]> <p>Jean-Frédéric Gerbeau, directeur de recherches à l’Inria Paris-Rocquencourt et Tony Lelièvre, Ingénieur des Ponts et Chaussées, Centre d’Enseignement et de Recherche en Mathématiques et Calcul Scientifique (CERMICS), École des Ponts Paris Tech ont reçu le prix Alcan 2010 de l'Académie des sciences.</p> <a name="eztoc38568_1" id="eztoc38568_1" class="anchor"></a><h3>3 questions à Jean-Frédéric Gerbeau et Tony Lelièvre, lauréats du prix Alcan 2010 de l’Académie des sciences</h3><a name="eztoc38568_1_1" id="eztoc38568_1_1" class="anchor"></a><h4>Pouvez-vous nous parler de vos parcours et des rapports entre MICMAC et REO ? </h4><p><strong>JFG : </strong>Je suis ingénieur civil des Ponts et Chaussées (1994) et agrégé de math (1995). J’ai fait ma thèse à l’Ecole des Ponts (1998) sur la modélisation mathématique de l’électrolyse de l’aluminium, encadré par Claude Le Bris. Après un post-doc à Lausanne, j’ai été recruté à l’Inria en 1999 dans le projet de Benoît Perthame. Avec Marc Thiriet, nous avons proposé en 2004 l’équipe-projet REO dont je suis actuellement responsable.</p> <p><strong>TL : </strong>Je suis rentré à l’Ecole Polytechnique en 1996, puis à l’Ecole des Ponts en 1999, où j’ai fait ma thèse sous la direction de Claude Le Bris. C’est à ce moment que j’ai commencé à travailler sur la modélisation des cuves d’électrolyse de l’aluminium, notamment au travers d’un stage long d’un an au laboratoire de recherche de Pechiney (devenu Alcan par la suite), encadré par Jean-Frédéric et Claude Le Bris. Après la thèse et un post-doc à Montréal, j’ai obtenu en septembre 2005 un poste de chercheur au CERMICS qui est le laboratoire de mathématiques appliquées de l’Ecole des Ponts. Depuis 2009, je suis responsable de l’équipe de simulation moléculaire et multi-échelle au CERMICS, dont les membres font tous partie de l’équipe-projet MICMAC. &nbsp;</p> <p><strong>JFG et TL :</strong>&nbsp;MICMAC et REO sont deux projets dont les thématiques sont assez distinctes. Ce qui nous rapproche est la démarche scientifique : modélisation de problèmes issus de la physique, de la biologie ou de l’ingénierie, puis analyse et simulation numérique. Ensemble, nous avons travaillé sur des questions de mécanique des fluides numériques, en particulier des problèmes multiphysiques posés sur des domaines mobiles. Récemment, notre collaboration a principalement porté sur la modélisation de la dynamique du bord d’une surface libre. Certains travaux actuels de REO sur l’électrophysiologie cardiaque et les écoulements sanguins tirent parti de ce que nous avons fait ensemble en magnétohydrodynamique.</p> <a name="eztoc38568_1_2" id="eztoc38568_1_2" class="anchor"></a><h4>Quels travaux ont été récompensés par ce prix ?</h4><p><strong>JFG et TL :</strong>&nbsp;Ce prix récompense des travaux sur la modélisation de l’électrolyse de l’aluminium. Nous avons notamment développé des méthodes numériques en magnétohydrodynamique des métaux liquides permettant de simuler les mouvements de fluides conducteurs dans un champ magnétique. Nous avons collaboré pendant de nombreuses années avec les ingénieurs de Pechiney et Alcan pour mettre en oeuvre ces méthodes dans le contexte de la fabrication industrielle de l’aluminium. La durée et la richesse de cette collaboration doivent énormément à Claude Le Bris qui a porté le projet depuis 1994, ainsi qu’à l’impulsion et l’expertise de Pierre-Louis Lions et Michel Bercovier au cours des premières années.</p> <a name="eztoc38568_1_3" id="eztoc38568_1_3" class="anchor"></a><h4>Qu’est ce que ce prix représente pour vous et que va-t-il vous apporter ?</h4><p><strong>JFG et TL : </strong>Comme beaucoup de mathématiciens appliqués, nous pensons que notre discipline s’enrichit au contact des problèmes concrets et qu’elle peut contribuer à les traiter. Nous prenons ce prix comme une reconnaissance de cette démarche et plus généralement un encouragement à s’investir dans des problèmes industriels.</p> Une recherche ciblée utilisateurs : la clé d’un transfert technologique réussi http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/projet-coccinelle Mon, 6 Sep 2010 17:43:00 GMT ]]> <p>Les travaux de recherche du projet Coccinelle viennent d’être intégrés dans le noyau du système d’exploitation Linux, une victoire pour l’équipe de Gilles Muller (équipe-projet REGAL Inria/LIP6) et de sa coéquipière Julia Lawall, du laboratoire DIKU, université de Copenhague. Le résultat d’une recherche particulièrement bien ciblée.</p> <p>Le <a href="http://coccinelle.lip6.fr/" target="_blank">projet Coccinelle</a>&nbsp;propose de rechercher les bugs au moyen de &quot;patchs sémantiques&quot;. Cela consiste à rechercher des séquences de programmes ayant un comportement erroné via un patch sémantique approprié afin de détecter des bugs. Mais un patch sémantique ne se contente pas uniquement de donner l’alerte. Il peut proposer également un correctif au bug et permet ainsi la correction sur le programme source. Ainsi le bénéfice direct pour le développeur est de pouvoir désormais vérifier lui-même que ses développements sont exempts de bugs et si besoin, d’apporter une correction.</p> <p>Pas moins de 600 correctifs, issus de patchs sémantiques, sont intégrés à la version de développement du noyau Linux. Par ailleurs, une vingtaine de ces patchs sémantiques seront disponibles dans la version officielle 2.6.36 qui devrait sortir courant novembre.</p> <div class="highlight_box"> <div class="highlight_content"> <div class="object-left"> <p class="illustration" style="width:76px;"> <span class="visu"> <img src="/var/inria/storage/images/medias/bordeaux/actualites-images/gmuller/13815-1-fre-FR/gmuller_medium.jpg" width="70" height="79" alt="" title="" /> </span> </p></div> <a name="eztoc13801_1" id="eztoc13801_1" class="anchor"></a><h3><strong>&nbsp;Trois questions à Gilles Muller,</strong></h3><p>&nbsp;Directeur de recherche dans le projet REGAL </p> <a name="eztoc13801_1_0_0_1" id="eztoc13801_1_0_0_1" class="anchor"></a><h6><strong>Comment avez-vous réussi à faire accepter le fruit de vos recherches par les développeurs Linux qui ne sont pas des experts de votre domaine de recherche&nbsp;?</strong></h6><p>La raison de ce succès dans notre projet est le choix que nous avons fait depuis le début de mener une recherche ciblée qui aboutisse à un outil tout de suite utilisable par des non spécialistes de notre domaine. Ce fut l’objectif principal de notre cahier des charges, au démarrage du projet. Notre posture a été de nous mettre à leur service, en faisant reposer notre langage sur des concepts déjà connus des développeurs Linux.</p> <a name="eztoc13801_1_0_0_2" id="eztoc13801_1_0_0_2" class="anchor"></a><h6><strong>Combien de temps cela vous a-t-il pris pour aboutir dans votre projet&nbsp;?</strong></h6><p>C’est un projet de longue haleine puisque nous l’avons démarré en 2004/2005. Le 1er prototype est sorti en 2007 et nous avons mis 3 ans pour entrer dans la communauté Linux et convaincre ses développeurs. Début 2010, la communauté Linux s’est décidée à entamer une véritable collaboration avec nous avec l’intégration des 1ers patchs sémantiques. Toutes ces années, c’est le temps nécessaire à la mise en place d’un langage commun, basé sur une véritable écoute des besoins et du mode de fonctionnement des utilisateurs.</p> <a name="eztoc13801_1_0_0_3" id="eztoc13801_1_0_0_3" class="anchor"></a><h6><strong>Que retenez-vous de cette expérience de transfert technologique dans le domaine du libre&nbsp;?</strong></h6><p>Domaine du libre ou pas, je retiens qu’il faut cibler nos travaux de recherche, se mettre à la portée des utilisateurs afin qu’ils comprennent l’avantage de nos travaux et qu’ils soient vite autonomes avec les outils que nous proposons.</p> </div> </div> Isabelle Ryl est nommée directrice du centre Inria de Paris-Rocquencourt http://www.inria.fr/centre/paris-rocquencourt/actualites/nomination-d-isabelle-ryl Mon, 6 Sep 2010 17:28:45 GMT ]]> <p>Le Président directeur-général, Michel Cosnard, a nommé Isabelle Ryl directrice du centre de recherche Inria Paris - Rocquencourt, à compter du 1er septembre 2010. Le Conseil Scientifique a donné son avis favorable.</p> <p> Elle succède à Antoine Petit. Docteur ès sciences, Isabelle Ryl est actuellement professeur des universités à l'université de Lille 1 et chercheur au sein de l'équipe projet POPS. Elle était depuis juin 2008 chargée du développement du centre de recherche Inria Lille - Nord Europe, auprès du directeur Max Dauchet. Elle est par ailleurs membre du conseil d'administration de Specif (Société des personnels enseignants et chercheurs en informatique de France) depuis 2006 et vice-présidente recherche depuis 2009.<br /> &nbsp;Ses recherches portent principalement sur la vérification de propriétés de sécurité pour les systèmes ubiquitaires et les optimisations sûres pour petits systèmes embarqués.</p>