Plan stratégique

3/06/2013

Des capteurs, des robots et des hommes

Nathalie Mitton, responsable scientifique de l’équipe-projet Pops au centre Inria Lille – Nord Europe © Inria / Kaksonen  © Inria / Kaksonen

La toile, ou bien encore Internet au sens large, met à disposition de nombreuses données qui sont issues de ce que l’on appelle classiquement l’Internet des données, des réseaux sociaux ou bien, plus récemment, de l’Internet des objets qui permet d’interroger des « objets » - voire le monde physique à l’aide de capteurs – au travers du réseau.

Il se pose alors la question de l’exploitation de ces données mais aussi de leur acheminement et de leur stockage. Les domaines scientifiques mis en œuvre ici sont la fouille de données, l’apprentissage en flux sur des données non structurées et de très grande taille ainsi que les aspects réseaux et systèmes distribués de cet Internet du Futur. Cette priorité sera mise en œuvre en lien avec le pôle d’excellence EuraTechnologies, le Picom et l’EquipEx FIT.

3 questions à Nathalie Mitton, responsable scientifique de l'équipe-projet Fun

A quoi servent les réseaux de capteurs et pourquoi les rendre  intelligents ?

Nathalie Mitton : les réseaux de capteurs peuvent être déployés par exemple pour la surveillance des feux de forêt, placés sur des animaux sauvages pour en comprendre les comportements, ou en milieu urbain pour monitorer l’éclairage, le trafic routier ou encore surveiller des fuites d’eau et de gaz. Les capteurs ainsi déployés peuvent être détruits ou déplacés, donc il faut disposer d’algorithmes permettant de s’adapter au changement. Les capteurs ont peu de ressources et doivent consommer le moins possible d’énergie, d’où la nécessité de leur conférer une intelligence pour communiquer entre eux par ondes radio.

De quel(s) type(s) d’expérimentation disposez vous pour valider vos modèles ?

Nathalie Mitton : nous avons à Lille un des nœuds de la plateforme FIT qui est un équipement d’excellence financé au niveau national et distribué sur plusieurs centres de recherche et universités (Grenoble, Lille, Lyon, Rennes, Sofia Antipolis, Strasbourg, Rocquencourt et Paris). Concrètement, il s’agit à Lille de deux installations de 256 capteurs chacune (à EuraTechnologies et à Haute-Borne) et 64 robots. Ces réseaux de capteurs et de robots sont accessibles pour envoyer du code et valider des algorithmes d’auto-déplacement ou de voisinage sur du matériel réel. Cette plateforme FIT s’intègre à l’échelle européenne au sein d’une plateforme internationale soutenue dans le cadre d’une action ICT Lab (FiTTING) de la Commission européenne, et est ouverte autant aux académiques (venant de 20 pays) qu’aux industriels (Thalès, Orange, Alcatel Lucent, etc.)

Existe-t-il des actions d’envergure internationale ?

Nathalie Mitton : Notre équipe entretient des partenariats de recherche qui incluent effectivement à la fois des académiques (universités de Méditerranée, d’Ottawa, d’Afrique du Sud, etc.) et des industriels de taille variable (grands groupes comme PME). Parmi les PME figurent en région Nord-Pas-de-Calais Etineo, Noolitic ainsi que Traxens en région PACA (Marseille).

Via notre équipement lillois doté d’un réseau de capteurs et de robots (256 capteurs et 64 robots), nous participons au rayonnement international de la plateforme FIT qui représente un dispositif d’excellence financé au niveau national. Cet équipement FIT contribue à la recherche en permettant de tester des algorithmes dans des conditions réelles plutôt qu’en conditions de simulation.

Haut de page