Économie
Tempêtes financières : mieux s’y préparer
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Sur les marchés financiers, l’orage peut se déclencher sans prévenir et dégénérer en tempête. Tout va très vite : déjà plus du tiers des transactions en actions du Royaume-Uni est généré automatiquement par l’informatique et près des trois quarts aux États-Unis ! La vitesse de ces systèmes - mais aussi leur structure même - engendre des phénomènes d’instabilité contagieuse que l’esprit humain a du mal à anticiper, comprendre et contrôler.
Nous voilà prévenus : les tempêtes sont inévitables et il faudra vivre avec. Car comme le souligne l’OCDE : « dans les systèmes complexes structurés en réseau comme ceux des institutions financières, des chocs d’origine endogène peuvent et vont
émerger ».
Économistes, informaticiens et mathématiciens travaillent donc à améliorer notre résistance à ces inévitables turbulences : ainsi en Europe, la directive Solvabilité II est censée apporter plus de solidité aux compagnies d’assurance européennes, et la directive Bale III a même vocation pour les banques. Une meilleure consolidation de leurs fonds propres permettrait en effet aux compagnies d’assurance et aux banques de réduire les risques de faillites en série.
L’objectif commun ? Amener ces experts de l’économie à prendre en compte de manière plus réaliste la notion de risques dans leurs modèles de prévision - la tendance étant à la sous-estimation. En France, les sociétés d’assurance appliqueront la directive à partir du 1er janvier 2014.
Quand l’irrégularité est dans la nature des choses
A première vue, beaucoup de phénomènes semblent chaotiques, en particulier les fluctuations boursières. En les étudiant, l’observateur se retrouve devant des tracés irréguliers - alors qu’une courbe bien lisse serait plus facile à analyser. « Dans certains cas, l’irrégularité brouille le signal étudié et il faut donc la filtrer. Mais attention, ce qui nous apparaît comme une irrégularité se trouve parfois être au coeur du phénomène ! Par exemple, pour améliorer une photo satellite, le logiciel ne doit pas gommer le relief terrestre », prévient Jacques Lévy Véhel, responsable de l’équipe de recherche Regularity chez Inria.
« Dans les transactions boursières, les petites irrégularités sont dues au jeu des acteurs économiques : acheteurs et vendeurs « tirent » sur la valeur, la faisant monter et descendre. On observe aussi des sauts, qui constituent un autre type d’irrégularité, et qui appellent une analyse de nature différente », explique-t-il. Pour ces deux types d’irrégularités, l’équipe Regularity produit des logiciels et des modèles mathématiques adaptés, notamment fractals.
Les applications de ces recherches concernent la finance, l’ingénierie, le trafic Internet, les industries pharmaceutiques, et bien d’autres domaines, sans oublier la médecine. Saviez-vous, par exemple, que l’irrégularité des électrocardiogrammes est un indice de bonne santé cardiaque ?
Mots-clés : Régularity Jacques Lévy Véhel Marché boursier Irrégularité Risques Le saviez-vous Mathématiques appliquées Finance Economie Saclay
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