Communication

Christophe Castro - 30/01/2012

Qui a dit qu’on ne peut pas se téléporter ?

Téléportation Téléportation - © Getty

« De quoi parlez-vous ? » demande Phil Libin en surgissant en pleine réunion. Dans la célèbre entreprise qu’il dirige, Evernote, chacun sait que le patron peut intervenir partout et à tout moment, même s’il est à l’autre bout du monde…  Comment ? Phil Libin n’est pas doté d’un don d’ubiquité ou de télépathie mais d’un robot-avatar : un bidule à roulettes, surmonté d’une webcam et d’un écran affichant le visage souriant de Phil. 

Celui-ci pilote à distance son robot de téléprésence, avec la volonté de communiquer de façon plus spontanée que dans une réunion en salle de visioconférence. Il est là, sans être là, et peut même désigner des objets avec son laser.

A l’origine, ces robots d’un nouveau genre permettaient d’accompagner ou remplacer les fragiles humains dans des environnements dangereux : usines robotisées, locaux contaminés ou radioactifs, à l’image des robots EOLE (Engin d'Observation et de localisation dans l'Environnement) du Groupe d’Intervention sur Accidents (CEA, AREVA, EDF).

Mais ces robots-avatars sont désormais aussi devenus des intermédiaires pratiques pour faciliter la communication et l’accompagnement de personnes isolées. Pour exemple, l’Hôpital des Enfants de Boston a expérimenté cette méthode de dialogue à domicile avec de jeunes patients et leurs parents, après traitement chirurgical. Avec des résultats concluants puisqu’ils ont permis d’éviter de nombreux déplacements à l’hôpital et laissent entrevoir d’importantes économies de santé. Pour d’autres enfants, la téléprésence permet à l’inverse de se « déplacer » pour suivre les cours à l’école - ce que leur système immunitaire déficient ne pourrait pas supporter.

La grande famille des robots-avatars permettant de se « téléporter se développe chaque jour un peu plus. Pas étonnant qu’on trouve de plus en plus de robots avatars dans le commerce, des plus évolués (Jazz Connect), aux plus simples (Eddie de Parallax...). Bientôt plus d’excuses pour manquer une réunion…

Avec Grimage, vous entrez dans la scène

Plateforme Vgate : immersion et interaction 3D grandeur nature Immersion et interaction 3D grandeur nature - © Inria / Photo Kaksonen

Être télé-présent, c’est bien… Mais pouvoir agir à distance c’est encore mieux. Les chercheurs d’Inria Grenoble, au travers de la plateforme expérimentale Grimage, y parviennent en faisant entrer des personnages réels dans des univers virtuels en 3D.

Nul besoin de se barder de capteurs sur l’ensemble du corps : on bouge, on se déplace et le système reproduit fidèlement et instantanément notre image et nos mouvements en 3D. Mieux, notre avatar ainsi projeté dans un univers virtuel peut interagir avec les objets ou les personnages qui s’y trouvent, où qu’ils soient dans le monde réel.

On imagine les possibilités qui s’ouvrent au cinéma : avec Grimage, vous vous téléportez au cœur de la scène. A vous de choisir votre point de vue sur l’action, avec la même liberté qu’un cameraman présent sur place.

De multiples applications sont envisagées, de la chirurgie à la formation, au terme de plus de 6 années de maturation. En créant une synergie entre des technologies complémentaires (acquisition en vraie 3D, calcul parallèle, synthèse d’images 3D...) Grimage s’est imposée comme une plateforme de classe internationale, accessible aux chercheurs de la communauté européenne (projet Visionair) et du monde entier.

Mots-clés : Inria Grenoble Rhône-Alpes Télé présence Immersion 3D Univers virtuel Avatar Interaction Plateforme Grimage Projet Visionair Communication Réalité virtuelle

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