Programmes internationaux - Amériques

Géraldine Clermont - 3/11/2010

STIC AmSud : cap vers l’Amérique

Pablo Lolito

STIC AmSud est un programme de coopération scientifique conjuguant recherche et développement dans le domaine des sciences et technologies de l’information et de la communication (STIC). Il regroupe la France, l’Argentine, le Brésil, le Chili, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay. Son objectif ? Susciter et renforcer la collaboration et les mises en réseau des chercheurs des pays participants à travers des projets conjoints. Chaque année, un appel à propositions est lancé à partir desquels sont sélectionnés les futurs projets.

C’est à Buenos Aires que se réunissent cette semaine les comités de sélection des projets STIC AmSud 2010. À cette occasion, l’argentin et mathématicien Pablo Lotito, revient sur sa participation au programme.

Comment avez-vous connu le programme STIC AmSud ?

Pablo Lotito : J’ai appris l’existence de ce programme lorsque j’effectuais mon post-doctorat à l’Inria. J’y faisais des recherches en mathématiques appliquées dans l'équipe de Jean-Pierre Quadrat. J’ai ensuite décidé de repartir chez moi en Argentine mais je souhaitais poursuivre les recherches que j’avais entamées à l’Inria. Pour la première fois, il y a trois ans, j’ai répondu à l’appel à projet STIC AmSud. Cet appel est lancé chaque année par la direction internationale de l’Inria (DRI) sous l’égide du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes. Ce programme est l’un des seuls à proposer une coopération entre la France et les pays d’Amérique du Sud dans le domaine des STIC. J’ai alors rassemblé un certains nombre de chercheurs que j’avais rencontrés lors de mon post-doc en France ainsi que des partenaires chiliens et brésiliens. Ce projet, qui portait sur les problèmes de gestion hydroélectrique, s’est terminé l’année dernière et une étudiante en co-tutelle est sur le point de finir sa thèse sur ce sujet.

Comment se passe votre deuxième collaboration STIC AmSud ?

Pablo Lotito : Je travaille avec une équipe basée en Argentine à Tandil et à Rosario, non loin de Buenos Aires. L’équipe est composée d’informaticiens et de mathématiciens qui travaillent en coopération avec une équipe Inria COMMANDS basée à l’Ecole Polytechnique à Saclay. Je travaille également avec Michel De Lara de l'école ENPC et Fabien Campillo de l’équipe-projet MERE, basée au centre de recherche Inria Sophia Antipolis. Les coordinateurs de ce projet sont en autre issus de l’institut de mathématiques IMCA au Pérou, du département en ingénierie mathématiques DIM et du centre de mathématiques CMM de l’Université du Chili, mais aussi de l’université UNICEN en Argentine. Ce projet, d’une durée de deux ans, porte sur la « modélisation mathématique pour la gestion des ressources naturelles ». Nos recherches touchent plus particulièrement à la rotation viable et optimale des cultures et aux problèmes de « zonification ». Il s’agit entre autres d’affecter les zones d'un terrain à différentes activités en tenant compte des contraintes de voisinage. Nous nous interrogeons sur les endroits qui devront être ou non protégés du tourisme. Mais aussi sur les possibilités d’alterner des cultures sur un même terrain, d’une année sur l’autre. Ces problématiques, qui font appel aux mathématiques, sont donc assez interdisciplinaires.

Quels sont les avantages d’un programme scientifique qui mise sur la dimension internationale ?

Pablo Lotito : Même si nos méthodes de travail sont très proches, ce type de programme constitue une vraie valeur ajoutée pour chacun des participants. La mobilité des chercheurs en fait certainement partie. C’est une condition nécessaire pour une coopération scientifique réussie. Il serait en effet très difficile pour nous, qui sommes en Amérique du Sud, d’aller en France, en Europe et de rencontrer les chercheurs avec lesquels nous travaillons sans financement. Nous travaillons par exemple avec un chercheur russe de Moscou qu’il serait impossible d’inviter chez nous sans les ressources mises à disposition par ce programme. D’un point de vue humain, ce programme permet aussi à un bon nombre d’étudiants français et argentins de faire leur thèse en co-tutelle à l’étranger. Il y a beaucoup de très bons étudiants argentins qui souhaitent faire des thèses à l’Inria. D’un autre côté, l’Inria dispose d’un vivier de contacts important qui permet aux chercheurs d’Amérique du Sud de rencontrer des scientifiques venant des quatre coins du monde.

Mots-clés : STIC AmSud Pablo Lotito Post-doctorant Amériques Relations internationales STIC

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