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Culture

Christophe Castro - 14/09/2012

Le Centre Pompidou adopte le web sémantique

Femme avec un ordinateur dans un musée © Blend Images - Fotolia.com

« Au Centre Pompidou, l’approche du numérique consiste à accompagner le visiteur avant, pendant et après sa visite du musée. Ceci implique plusieurs projets ayant un versant communautaire et une approche de co-création », explique Gonzague Gauthier, chargé de projet numérique au Centre Pompidou. Principale réalisation, le nouveau site web du Centre Pompidou s’ouvrira très prochainement. Le web sémantique lui donnera des possibilités inédites. 

Projet complexe, le nouveau site est en cours de conception et de développement depuis près de 3 ans. Il a pour ambition de présenter tous les contenus exposés au Centre Pompidou à destination du public. « L’idée est d’agencer ces contenus grâce à une structure sémantique . Le principe est de partir d’un concept - typiquement une exposition ou une œuvre d’art - et de le relier  à toutes les ressources documentaires le concernant », poursuit Gonzague Gauthier. Le site n’a donc pas vocation à produire un contenu éditorial supplémentaire, les ressources étant suffisamment riches et nombreuses (affiches d’exposition, bandes-annonce, descriptifs, catalogues, conférences, documents d’archive, présentations pédagogiques...).

Au final, un graphe de ressources, directement inspiré par les techniques du web sémantique, se constitue autour d’une exposition ou d’une œuvre. « Cette structure nous permet de proposer des « parcours de sens  » à l’internaute et au visiteur. On cherche à faciliter la compréhension sensible de l’œuvre : selon son niveau d’intérêt et sa disponibilité, le visiteur pourra consulter les ressources qui lui conviennent. L’idée n’est pas de remplacer la visite - en étant bien conscients que tous internautes ne viendront pas forcément à une exposition », précise Gonzague Gauthier. Le site a une mission d’accompagnement  avant, pendant et après la visite.

La notion de « parcours de sens » s’applique en effet dans ces trois temps. En amont, il permet la création individuelle d’un chemin de visite. « Pour répondre à ce besoin de découverte, on propose une sorte de sérendipité  : au-dessus de l’œuvre, la navigation affiche les ressources documentaires disponibles. Et en-dessous, on affiche les ressources qui correspondent plutôt à un besoin d’approfondissement et à l’après-visite », souligne Gonzague Gauthier. Ce second niveau exploite les liens sémantiques du graphe de ressources . De proche en proche, les rubriques ou rebonds sémantiques proposés vont amener vers d’autres ressources, liées à d’autres concepts, œuvres et artistes.

Pendant la visite, des outils complémentaires prévus pour 2013 seront consultables sur smartphone ou tablette (iOS ou Androïd). En effet, grâce à un espace personnel créé sur le site, on pourra stocker ses favoris. Ces favoris auront été sélectionnés avant la visite et permettront de se souvenir d’y rechercher telle ou telle œuvre. « Cet espace personnel sera co-construit avec les publics du Centre Pompidou et diverses communautés. Nous ne voulons rien imposer, notre démarche repose sur des ateliers d’expérimentation publique et une analyse statistique des pratiques », précise Gonzague Gauthier. D’où le choix technique de l’open source , permettant à tout développeur d’améliorer les outils proposés.

Également prévue pour 2013, la nouvelle appli permettra de photographier une œuvre lors d’une visite, afin de la retrouver dans son espace personnel, et replacée dans ses contextes sémantiques. « Déjà, nos visiteurs sont invités à twitter sur certaines expos. À terme, nous aimerions qu’à la manière de Wikipedia nos différents publics puissent produire des contenus. Fidèles à notre principe, nous essaierons d’imaginer ces outils avec eux », conclut Gonzague Gauthier.

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