Communication

Christophe Castro - Serge Abiteboul - 15/03/2012

Bienvenue dans la 3ème révolution du Web

Homme © DR

« Sur Internet, on annonce à peu près tous les jours une nouvelle révolution... La première vraie révolution a été de se représenter la Toile comme une énorme bibliothèque de textes ; la seconde a été le web des réseaux sociaux ; la prochaine est celle du passage au web des connaissances », résume Serge Abiteboul, directeur de recherche Inria, titulaire de la chaire « Informatique et Sciences numériques » au Collège de France.

Une 3ème révolution nécessaire, car comme le souligne Serge Abiteboul : « Il faut aider les moteurs de recherche à mieux répondre à nos attentes dans l’immense fatras de données qu’est le web. Et il faut surtout permettre aux machines d’utiliser les mines extraordinaires d’informations disponibles. Les logiciels sont bien plus à l’aise avec des connaissances structurées qu’avec du texte. »

Imaginons que vous publiiez cette phrase sur votre blog : « Paul sera chez André le 18 ». Vous aideriez beaucoup le moteur de recherche en ajoutant à votre texte (à l’aide de métadonnées cachées aux lecteurs humains) que : « Paul est-employé-chez André », « André-est-une-entreprise », « 18 est-le-jour-du-mois-en-cours ». En revanche le sens serait très différent si vous aviez précisé en métadonnée : «Paul-est-frère-de-André» ! 

Avec le web des connaissances, on ajoute au texte brut des métadonnées (des données qui expliquent les données), des étiquettes qui précisent la nature de l’information. Et puis, on publie aussi directement des bases de connaissances directement utilisables par des logiciels. Les logiciels et notamment les moteurs de recherche peuvent utiliser ces connaissances.

« Un objectif est de réaliser vite et mieux ce que l’on sait déjà faire ; un autre est d’inventer de nouveaux usages », explique Serge Abiteboul. « Une direction très active des recherches actuelles consiste à faire émerger des connaissances collectives enfouies dans le web, notamment en s’appuyant sur les avis des utilisateurs, la fouille de données, ou en évaluant la confiance que l’on peut avoir dans certaines sources. Tout cela doit se faire évidemment le plus automatiquement possible. »


Créer une vision mathématique unifiée d’Internet

Serge Abitboul © Inria / Photo C. Lebedinsky

« Dans le cadre de Webdam, nous essayons de dégager une vision mathématique unifiée de l’univers distribué qu’est la Toile », explique Serge Abiteboul, initiateur de ce projet scientifique.

Le Webdam Project, pour « Web Data Management », est financé par le Conseil européen de la recherche (ERC) depuis décembre 2008. Il regroupe des chercheurs de l’Inria Saclay, de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan, et de Télécom ParisTech ainsi que de nombreux scientifiques étrangers.

Comme le souligne Serge Abiteboul, ce projet a de grandes ambitions puisque « son objectif est de proposer un modèle unifié de la gestion d’information sur la Toile qui permette aux applications de partager des connaissances ». 

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