Stratégie
Une alliance pour le numérique
Michel Cosnard © Inria / Photo C. Dupont
L’alliance pour les sciences et technologies du numérique, baptisée Allistene, est née le 17 décembre 2009. Elle fédère les grands acteurs nationaux des sciences et technologies du numérique que sont l’Inria, le CNRS, le CEA, la CPU, l’institut Télécom et la CDEFI, avec pour mission de coordonner et programmer la recherche publique dans le domaine. Michel Cosnard, président du comité de coordination de l’alliance pour deux ans, nous éclaire sur son rôle et son fonctionnement.
Entretien avec Michel Cosnard, président-directeur général de l’Inria et président du comité de coordination d’Allistene
Pouvez-vous préciser le rôle de l’alliance dans le nouveau paysage de la recherche ?
Michel Cosnard : Le rôle d’Allistene est très important dans le cadre de la stratégie nationale de recherche et d’innovation qui a fait des sciences et technologies du numérique l’une de ses trois priorités. Il s’agit pour les organismes de transformer, par une réflexion commune, cette visée stratégique en un ensemble cohérent de programmes que les membres de l’alliance mettront en œuvre de façon individuelle ou collective. Nous réfléchissons également à une coordination entre les alliances elles-mêmes afin de pouvoir proposer des programmes plus globaux à la mesure des enjeux économiques et sociaux du pays, dans le cadre du grand emprunt.
Depuis la création d’Allistene, le comité de coordination de l’alliance s’est réuni quatre fois. Où en est-on aujourd’hui de la mise en place de sa gouvernance ?
Michel Cosnard : Nous avons procédé à la désignation du président du comité de coordination et à la nomination des responsables des cinq missions de l’alliance réparties entre les établissements : prospective et stratégie globale (CNRS), enjeux de formation supérieure (CPU), programmation (institut Télécom), coopération européenne et internationale (CDEFI) et valorisation et relations industrielles (CEA). Nous avons également mis en place six groupes programmatiques qui couvrent la thématique de l’alliance, dont cinq disciplinaires et un dédié à la recherche intégrative3. Ces groupes, en cours de constitution, réuniront des membres de l’alliance mais aussi des membres associés. L’Inra, l’Onera, le Cemagref et l’Inrets sont représentés et nous sommes en contact avec six pôles de compétitivité et d’autres acteurs, comme le Genci et le Cerfacs, auxquels nous avons demandé de proposer des experts. La mission des groupes programmatiques consiste à cartographier la recherche et à identifier les défis prioritaires à relever, pour ensuite conseiller les instances nationales et européennes dans la préparation des programmes de recherche affichés.
Sur quel sujet porteront les premiers travaux de ces groupes ?
Michel Cosnard : L’urgence est de contribuer à la mise en place des programmes de l’ANR et des programmes ICT de la commission européenne pour 2011-2013. C’est également maintenant que se décident les actions à mener dans le cadre du grand emprunt. Les organismes de recherche, contribuant au financement des programmes de recherche, sont naturellement associés à la définition de ces programmes grâce au travail réalisé au sein d’Allistene. Au printemps, les groupes vont étudier les propositions, présenter une analyse qui sera consolidée par le comité de coordination avant de faire l’objet d’un avis ou d’une recommandation de l’alliance. À l’automne, le fonctionnement des groupes programmatiques sera suffisamment rôdé pour se lancer dans la rédaction de documents prospectifs par thématique.
Mots-clés : CDEFI Institut Télécom CPU Allistène Sciences et technologies du numérique CNRS CEA
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