Retrouvez le programme complet des conférences plénières et des sessions thématiques du Forum Informatique et société organisé par l'INRIA les 10 et 11 décembre 2007 à l'occasion de son quarantième anniversaire.
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Michel Cosnard - pdg INRIA, Valérie Pécresse - ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Daniel Percheron - président du conseil régional Nord-Pas de Calais.
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Conférence introductive animée par Jean-Pierre Verjus
Intervenants : Alain Beltran (CNRS, IRICE), Pascal Griset (Université Paris 4)
L’informatique est une science jeune qui est la traduction actuelle d’une antique préoccupation : calculer et compter. En une soixantaine d’années seulement elle s’est imposée dans tous les domaines de l’activité humaine et, par conséquent, dans celui de la recherche.
La France a créé en 1967 l’institut de recherche en informatique et en automatique (IRIA) pour affirmer sa présence dans ce nouveau domaine. À cette époque, des doutes traversaient la communauté scientifique concernant la possibilité et la manière de faire de l’informatique, et la maîtrise de la programmation, de ses paramètres et du logiciel.
L’IRIA devenu INRIA va s’emparer de ces questions et y apporter des réponses scientifiques de haut niveau à travers un modèle de valeurs, de comportements et d’organisation pionnier par rapport à la pratique de la science en France.
Conférence de Bernard Stiegler (directeur du développement culturel du centre Georges Pompidou)
L’informatique peut être conçue comme l’aboutissement d’un long processus de grammatisation ou encodage de la pensée, de la parole, de la gestuelle, de l’activité humaine qui commence avec l’écriture. Le numérique, avec ses technologies collaboratives, peut être envisagé comme un milieu technique qui associe aussi l’être humain. Il ouvre la voie à la création d’une activité sociale qui produit de la connaissance et de l’intelligence. Ainsi s’inverse le modèle industriel où l’être humain est vu comme un consommateur d’information et récepteur passif en un nouveau modèle où il devient producteur d’informations et émetteur actif -et cela, à un coût quasi nul. Nous entrons dans l’économie de la contribution.
Conférence de Roberto Di Cosmo (Université Paris 7)
Les avancées rapides des technologies de l'information et de la communication ont révolutionné notre société à des degrés inimaginables il y a seulement une dizaine d’années. Nous échangeons plus de données, plus vite, avec plus de personnes; nous collaborons avec des partenaires aux quatre coins de la planète ; nous accumulons des masses énormes d'informations ; nous écrivons ou utilisons des logiciels plus complexes, en puisant dans des grandes masses de données qui évoluent continuellement. Il s'agit d'un véritable changement d'échelle qui pose de nouveaux défis scientifiques, éthiques et organisationnels, auxquels les chercheurs sont conviés à apporter des réponses nouvelles. L’Europe dispose aujourd’hui du leadership technologique, il faut qu’elle se montre capable de l’exploiter !
Conférence de Michel Serres (philosophe, de l’Académie française)
Le célèbre académicien explicite comment la révolution informatique change notre rapport au monde, tout comme avant elle l'écriture, puis l'imprimerie, ont profondément transformé nos modes de vie. Le philosophe invite son auditoire à prendre conscience de la révolution cognitive générée par la révolution de l'information. Pour lui, les nouvelles technologies amènent l'homme à externaliser une partie de ses compétences intellectuelles, et d’abord sa mémoire. Que lui reste-t-il en propre ? Son inventivité, son intelligence. « Vous avez perdu la tête ? Il vous reste à devenir intelligents » conclut le philosophe avec humour et un rien de provocation.
L’informatique est-elle une science ? La question fait sourire mais est loin d’être anodine. « Il s’agit de l’importance de l’informatique en tant que champ de connaissance et de savoir », estime Robin Milner. Et c’est en se demandant pourquoi la théorie du calcul (la science des logiciels) a des retombées si modestes comparées aux sciences de l’ingénieur que ce professeur et académicien aborde le sujet, pointant tour à tour l’immaturité des fondements scientifiques, la pression des marchés et l’accent mis sur la production. |
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Table ronde animée par Mathieu Vidard (journaliste, Radio France)
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La rencontre du numérique et du vivant a cela de passionnant qu’elle en est à ses débuts et que le meilleur est certainement à venir. Si les biologistes œuvrent chaque jour à mieux comprendre le vivant, ils sont depuis quelques décennies déjà aidés dans leur quête par les ordinateurs et les chercheurs en informatique. Le biologiste Jacques Haiech, co-inventeur d’un médicament anti-Alzheimer en phase d’essais cliniques, et les informaticiens Luca Cardelli de Microsoft Research et Jean-Frédéric Gerbeau de l’INRIA abordent des sujets aussi passionnants que la modélisation du cœur, l’étude des « logiciels » des organismes vivants ou encore le passage d’une biologie descriptive à une biologie prédictive. Bienvenue dans l’ère de la biologie in silico ! Table ronde animée par Mathieu Vidard (journaliste, Radio France) |
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La science a-t-elle de nouveaux défis à relever ? Les intervenants répondent à travers les thématiques qu’ils connaissent bien. En nous faisant partager leur vision, ils nous montrent que la science peut encore faire rêver. L’interaction entre neurosciences et informatique devrait contribuer à déchiffrer les phénomènes complexes du cerveau, encore inexplorés. Grâce à la modélisation du milieu atmosphérique, les scientifiques devraient aboutir à une lisibilité plus fine des systèmes qui conditionnent l’environnement et à une meilleure anticipation. Face à l’évolution d’Internet, la science informatique aura pour tâche d’offrir un accès plus efficace à la connaissance et une véritable convergence de contenus de plus en plus sophistiqués. Table ronde animée par Marie-Odile Monchicourt (journaliste, Radio France) |
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Les objets qui nous entourent sont des produits manufacturés issus de travaux d’ingénieurs. Ces biens ont été conçus à l’aide d’ordinateurs alors qu’il y a 30 ans ils naissaient sur une planche à dessin. En l’espace d’une génération, l’ordinateur a supplanté le dessin industriel. L’informatique a non seulement révolutionné les bureaux d’étude, mais elle s’est étendue également jusqu’aux usines. Aujourd’hui les biens manufacturés sont conçus, produits et gérés digitalement. Ainsi est née l’industrie du logiciel, qui apporte non seulement des outils à l’ingénierie mais aussi une réelle prise en compte de la demande de l’utilisateur. Table ronde animée par Dominique Dambert (journaliste, Radio France) |
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Que diriez-vous si les produits déposés dans notre caddie communiquaient avec ce dernier pour nous donner à tout moment le montant total de nos courses et, simultanément, informaient le supermarché de l’état actualisé de ses stocks ? Ceci n’est pas un scénario de science-fiction, mais une préfiguration du commerce dans un avenir proche. Au cœur de cette technologie, sont les étiquettes RFID, des objets communicants qui existent déjà et dont les applications sont amenées à se développer et à se diversifier dans les prochaines années. Derrière ces développements se cachent de vrais défis scientifiques mais aussi des enjeux sociétaux de taille. Animatrice : Virginie Robert (journaliste, Les Echos) |
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La création d’une entreprise est une aventure individuelle. Que des systèmes la favorisent est forcément un avantage. L’INRIA s’est penché sur cette question au début des années 1980, alors que cette ouverture ne correspondait pas du tout à l’idéologie du monde des chercheurs. Mais la recherche est un écosystème et ne peut pas exister seulement pour elle-même. Un changement de mentalité s’impose en France. Les success-stories américains de Google, Sun, Oracle et autres montrent qu’aux Etats-Unis, le mariage entre la recherche et les affaires est beaucoup plus rapide. La direction de l’INRIA a très vite compris que la création d’entreprise était un formidable vecteur pour que les innovations aient un impact et, depuis lors, la création d’entreprise est fortement encouragée au sein de l’institut. Table ronde animée par Laurent Kott (INRIA Transfert)
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Le développement des technologies de l’information met-il en péril les libertés individuelles ? Sommes-nous tous fichés ? Quels risques encourons-nous à surfer sur Internet et à utiliser les moteurs de recherche ? Quelles utilisations peuvent être faites de nos données ? Comment nous prémunir contre cette traçabilité indélicate ? Comme toute science, l’informatique engendre des dérives. La protection des données personnelles est pourtant un droit fondamental dont le citoyen n’a pas encore suffisamment conscience. Réveillons-nous ! Table ronde animée par Jacques Henno (journaliste, auteur de Tous fichés)
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Quelles sont les innovations des pratiques avec Internet que l’on peut observer dans le cadre familial, professionnel, culturel ou éducatif ? Notre société s’est transformée et ces transformations ont été au cœur des grands choix informatiques. Les technologies qui ont rencontré le succès sont celles qui se sont accordées aux pratiques de l’individualisme connecté et à la nouvelle organisation du travail. Un débat qui tourne autour de trois interrogations : Qu’est-ce qui change ? Quelles questions nouvelles ces changements posent-ils aux acteurs qui travaillent dans ce domaine ? Quelles sont les pistes méritant d’être explorées ? Table ronde animée par Daniel Kaplan (Fondation Internet Nouvelle Génération) |
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De nouvelles formes artistiques, toutes fondées sur l'usage des technologies numériques, gagnent les arts contemporains. Le design, la photographie, les spectacles vivants, le cinéma recourent de plus en plus à ces technologies, inventent et se transforment à leur contact. Cette table ronde placée sous le signe de la création nous livre des témoignages éclairants sur les interactions parfois inattendues entre l’art et l’informatique. L’architecte Philippe Morel nous raconte l’histoire étonnante de chaises conçues à partir d’algorithmes élaborés par des informaticiens. Quant au chorégraphe, Norbert Corsino, ses envies artistiques le conduisent régulièrement sur des territoires numériques. Le cinéma n’est pas en reste. Steve Sullivan, directeur R&D chez Lucas Films, nous confie notamment comment la révolution numérique a poussé George Lucas à entreprendre la création d’une nouvelle trilogie Star Wars ! Table ronde animée par Valéry Dubois (journaliste) |
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Michel Cosnard (pdg de l'INRIA)
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